‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 72 sur 168 · P R E SI 1 K R SPECIMEN · texte numérisé non relu

P R E SI 1 K R SPECIMEN

Elle prenait sur l’argent que son mari lui donnait pour sa toilette tout ce qu’elle pouvait, afin de le dépenser en bonnes œuvres. Une gracieuse sainte sur la terre. Elle n’est plus.

DEUXIEME SPECIMEN

DE L’ÉCRITURE

PniiMI EU SP1Î et MEN

DE L’ECRITURE

minuscule du mot paraissent, à la troisième ligne.

Un honnête propriétaire, mais ce j’ai reçu , quel coup de plume extravagant ! Comme il est fier d’être propriétaire! son J le crie jusque sur les toits.

DE L’ÉCRITURE

TROISIÈME SPÉCIMEN

Un écrivain fort excentrique, M. Madrolle. Son parafe et son astérisque sont impayables; et la majuscule de son prénom! Un tambour-major la canne haute, en tête du régiment !

QUATRIÈME SPECIMEN

DE L’ÉCRITURE

Un homme du peuple, cœur excellent, mais nature d’un emportement touchant à la folie, et d’une vivacité sans limites.

Quel bizarre garçon!

CINQUIÈME SPÉCIMEN

Un homme du monde. Quel appendice à son r final! Cet homme peut-il être simple?

Candeur.

ÉCRITURE TYPE

La candeur a pour signe type une grande ouverture de l’écriture, des mots simplement, largement juxtaposés, des lettres bien clairement tracées dans chaque mot. C’est l’écriture dont le spécimen suivant est l’un des modèles les plus frappants.

PREMIER SPÉCIMEN

Femme très-distinguée, surtout pour les qualités du cœur. Une âme limpide rendue par une écriture limpide.

des enfants, en sacrifiant une position brillante dans le monde.

DE L’ÉCRITURE

QUATRIÈME SPÉCIMEN

Terminons par l’écriture d’une excellente femme, la marquise de T. :

Quelques fautes d’orthographe viennent déparer ces lignes. L’intelligence est un peu vulgaire et l’esprit peu lettré, mais l’âme est splendide. C’est encore un beau spécimen de candeur.

Dans ces quatre spécimens il n’y a pas un mouvement qui ne dise une admirable simplicité (pas de fioritures) , une volonté calme (les barres du t sont molles) , l’absence de toute personnalité , l’épa-

I tX

uo

nouissement de la franchise dans ce qu’elle a de doux et d’aimable.

Despotivité.

ÉCRITURE TYPE

PREMIER SPÉCIMEN

Le mouvement volontaire a deux grandes manifestations par l’écriture : 1° la forme anguleuse des lettres; 2° les diverses manières de barrer les t minuscules, et les différents traits horizontaux dont on souligne les mots ou qu’on place pour séparer les phrases.

Il y a des écritures dont le mouvement est toujours arrondi. C’est le principe de l’enseignement calligraphique. Les natures douces et molles gardent ces liaisons et ces finales arrondies. Les natures d’une volonté plus accentuée prennent le mouvement à angle

TigïïTz ecTByTjOOgli

TjOOgleT

DE L’ÉCRIT U li E.

droit, et quelques-unes vont ju.-qu’à l’angle aigu.

Au premier aspect d’une écriture, il faut en me; surer les angles.

L’écriture du premier spécimen est presque d’un calligraphe. Voyez les finales des mots m’ccrire , gratitude, votre. Le mouvement de la plume produit toujours, au lieu d’une ligne brisée, anguleuse, un 3 ligne courbe.

Celle-ci est seule gracieuse, l’autre est anormale.

DEUXIÈME SPÉCIMEN

Si de l’écriture à. lignes finales courbes nous passons à une écriture où toute finale de lettre est un angle droit ou aigu bien nettement ac-

centué nous saisirons la différence qui sépare les natures d’une volonté molle des natures d’une volonté très-énergique.

La première écriture est d’un homme d’affaires; c’est une écriture de bureau : ni passion ni volonté, presque pas d’idée mise en mouvement. Cerveau pacifique qui a tracé son sillon avec le pas tranquille et doux du bœuf labourant la plaine.

La seconde est l’écriture d’une femme du plus grand monde, d’une haute position, ardente, énergique, dans toute la puissance de son esprit pénétrant, vive, sensible, impressionnable, d’une volonté de fer.

Dans la première, tout est régulier, calme, doux, en ligne droite. Les lithographes mécaniquement procèdent ainsi.

Dans la seconde, tout est ardeur, mouvement, passion.

C’est le développement d’une grande volonté.

Voilà pour la règle des angles de l’écriture.

Nous en avons qui arrivent à ne produire absolument qu’une série d’angles aigus. Jugez-en par le spécimen suivant.

TROISIÈME SPÉCIMEN

C’est l’écriture d’un homme très-distingué : un artiste, un archéologue.

DE L’ÉCRITURF.

Mais cel homme a une volonté de fer

Nature en outre bien sensible, d’une loyauté, d’une rigidité de principes en fait de devoir et d’honneur, que rendent admirablement ceslignes droites, inflexibles. Ce qui domine c’est la volonté. /?-

2° Le mouvement volontaire se manifeste dans l’écriture par 1 la manière de tracer les lignes horizontales qui barrent les t minuscules, ou qui soulignent jl,r les mots.

Dans les principes de la calligraphie, la barre des l doit être vers le milieu de la hampe, sans un trop long prolongement, dans une direction horizontale, sans aucun grossissement de la plume ni en avant ni au delà de la hampe. Les maîtres d’écriture enseignent ainsi.

Il est complètement inharmonique que la barre s’étendant trop long

uement

aille couvrir toutes les autres lettres et quelquefois

en coupe les hampes ; c’est alors un signe type de vivacité.

QUATRIEME SPECIMEN

Ainsi dans ce quatrième spécimen, la barre du t du mot juste a beaucoup trop de longueur ; la lettre est donc inharmonique, manque de proportion; c’est un indice de vivacité. Et comme ici la barre est ascendante, c’est la nuance de l’ardeur,

de l’entrain, du désir d’arriver, de l’ambition.

Quelquefois, comme dans le second mot est de la première ligne, la vivacité est telle, que la barre du t ne touche pas la hampe de la lettre. Quelquefois aussi comme dans le mot d’autres de la première ligne, la barre du t coupe les lettres qui suivent, ce qui est disgracieux, indique toujours une vivacité qui manque de règle, souvent même de l’obstination.

DE L’ÉCRITURE

CINQUIÈME SPÉCIMEN

Dans l’exemple ci-contre, la barre n’est pas à sa place. Au mot destin, elle touche à peine le sommet de la hampe.

Dans le mot absolument, elle coupe la hampe, non plus horizontalement, mais en descendant de gauche à droite d’une manière complètement inharmonique.

Tout mouvement de la plume qui, en barrant les l, s’écarte de la loi normale calligraphique, indique un mouvement violent de la volonté.

Nous étudierons quelques types particuliers de natures très-volontaires, particulièrement le type de la despotivité. C’est un instinct de domination : vouloir être maître.

Le signe type de la despotivité est la barre au plus haut de la hampe du t minuscule, 11 arrive même très- fréquemment que cette barre ne fait qu’effleurer la hampe et souvent ne la touche d’aucune façon.

Voyez au troisième spécimen ci-dessus le mot importait : la barre est destinée

aux deux t, et elle n’en touche aucun.

Quelquefois le signe type volontaire se termine par un trait aigu, d’autres fois par un trait dur et épais, comme la barre du mot institution.

Lesnaturesles moins tenaces , les moins obstinées ont le trait aigu, léger , mourant en pointe. Les natures les plus tenaces, les plus obstinées, ont le trait dur et épais.

Nous allons étudier une écriture type dans laquelle se trouvera appliquée toute notre théorie.

La personnalité suivante est un idéal du genre.

DE L’ÉCRITURE

SIXIÈME SPÉCIMEN, (page 140).

Suivez d’abord le mouvement anguleux de l’écriture : son, il a, tenu. Le mot sciences finit par un simple trait aigu. Ces lignes ont une grande rigidité. Elles vont en mouvement ferme et ascendant : la volonté s’accentue. C’est le fond de ce caractère.

La despotivité a son signe type dans les mots : tenu, fortuite, inconvénient. Ils sont barrés trèshaut.

Mais il y a une nuance dans ce caractère. Cet homme est sensible ; son écriture est inclinée. Ce qu’il a de sensibilité a toujours réagi contre la dureté et la violence de la volonté.

Cet homme revient de ses emportements et de ses violences.

La signature est sans grâce. Un enchevêtrement de courbes pâteuses dit le bourgeois, l’homme des intérêts matériels.

SEPTIÈME SPÉCIMEN

Le signe de la despotivité y est très-remarquable,

DE L’ÉCRITURE

HUITIÈME SPÉCIMEN

• Homme d’une grande volonté ; aujourd’hui évêque de Vannes.

Les barres des t, terminées par un trait épais et

dur, indiquent l’homme de la volonté obstinée et persévérante.

Je crois qu’il serait inutile de multiplier les exemples, pour bien faire connaître ce type spécial de la volonté.

Dissimulation.

ÉCRITURE TYPE

Les natures dissimulées cherchent à ne pas être devinées. C’est l’instinct. Ellesdoivent donc tout faire en écrivant, pour que l’œil scrutateur ne les pénètre pas.

La dissimulation est l’opposé direct de la franchise. Prenons une écriture type de franchise (spécimen de cette

page). Ici l’âme n’ayant rien à cacher, les lettres sont

distinctes, les mots complets ; l’écriture a une égale hauteur; les lignes s’espacent.

Voyons l’écriture type de la dissimulation.

^ / ^ Ct AT

Quel contraste! La juxtaposition des deux spécimens d’écritures le fait ressortir.

Dans cette dernière écriture on a à cacher; les lettres se distinguent mal (quelquefois même, dans la suite de l’autographe, elles disparaissent complètement, restent au bout de la plume).

Les lettres évitent la hauteur; elles prennent la forme la moins nette, la moins saisissable ; les mots sont fuyants, peu accentués, quelquefois indiqués seulement par un mouvernent circulaire ou un trait vertical, selon la nature ronde ou droite des lettres. C’est une suite de coups de plume, ce ne sont pas des lettres. Cependant celui qui a écrit ces lignes avait une écriture distincte quand il voulait être lu; ici par instinct, il s’est déguisé.

Nous ne devons pas confondre la dissimulation avec la finesse.

La finesse n'est pas la dissimulation. On peut être très-loyal et avoir de la Aînesse. La dissimulation se nomme, de son vrai nom, hypocrisie , ou du moins passe rapidement à l’hypocrisie. La finesse fait les habiles, mais non les hypocrites. Voici un type de finesse loyale (spécimen de cette page).

Cette écriture est remarquable de finesse : vous , avoir , préparer , faire ; autant de pointes d’acier. Et c’est de 4’homme le plus loyal, l’abbé Flandrin.

' On en saisit facilement la différence.

L’écriture type de la finesse, et celle-ci est du nombre, se remarque par ses mots aigus, pénétrants, formant le coin de fer qui entre dans le bois dur et

îi

DE L’ÉCRITURE. 133

le divise. L’âme n’a pas pour but de cacher quelque honte, quelque chose de coupable. Elle veut arriver habilement. Voilà tout. Aussi les lettres paraissent ; elles sort distinctes et lisibles, quoique petites.

Remarquons toutefois que, dans beaucoup de cas, les natures trop fines tombent dans la dissimulation, et les natures dissimulées orît l’instinct de la finesse.

Ce sont des nuances dont il faut bien tenir compte.

En général, la finesse a l’allure vive, elle tend à un but ; les lignes ont le mouvement rectiligne.

La dissimulation est plus tortueuse.

Droiture.

Honnêteté absolue, horreur de tout acte injuste, immoral.

ÉCRITURE TYPE

PREMIER SPÉCIMEN

/f «"PiW Ÿ**

fn* ♦'«‘•Y «**-

Rigidité absolue des lignes. Cette écriture qui indique une notion rigoureuse du devoir ne s’en écarte pas un moment. I.a plume a le même mouvement, la même tendance, la même fermeté.

L’écriture est fortement inclinée. — Vieillard dans ses dernières années.

DEUXIÈME SPÉCIMEN

ftOdcJïo-jiu fou*- fwuuy

.ndiq-ii

’AJltXJou-

afât

CfUeru

juéujUV Up-MU,.

jlCOUtrJltiïO jllC.

Toujours rigidité des lignes. Fermeté des traits. — Lettres des mots également distribuées (grand sentiment de justice). Grande netteté de l’écriture (âme qui se montre à nu comme dans un miroir).

TROISIÈME SPÉCIMEN

DE L’ÉCRITURE

Même caractère, mais dans une nature plus sensible, et qui a quelques finesses. Ces finesses tiennent à la conduite. Mais la droiture est absolue.

QUATRIÈME SPECIMEN

Nature excessivement douce. Existence petite et besoigneuse, mais loyauté, honneur, vertu exceptionnelle.

CINQUIÈME SPÉCIMEN

Nature d’élite. — Esprit des plus distingués. Ardeur, imagination, mais remarquable droiture d’âme.

Nuance : un grand amour du vrai.

Douceur.

ÉClUTUnE TYPE.

PREMIER SPÉCIMEN'

Esprit porté à l’idéal. — Beaucoup de douceur et de bienveillance.

Des natures douces n’ont aucun des mouvements énergiques et emportés que nous avons signalés dans les écritures de volonté extrême.

La douceur est une vertu complexe qui naît de la bonté, de la sensibilité et de la juste pondération des mouvements de l’âme.

C’est donc par l’absence des signes types violents qu’on découvre, avec sûreté, dans une écriture,

Dinitofid tev- (âoogle 1

DE L’ÉCRITURE

ce beau caractère de l’âme qui n’exclut pas une certaine vivacité.

Voyez le type de la page précédente, type splendide. Trèsbelle nature. — Grande limpidité d’âme. — Grande simplicité.

— Grande douceur. — Esprit gracieux et cultivé.

L’une des belles âmes à esquisser dans des études comme les nôtres.

DEUXIÈME SPÉCIMEN

Il y a lâ une certaine imagination , mais harmoniquement tempérée. La volonté est puissante, mais elle n’a pas d’obstination et d’entêtement (les t barrés finissent en trait aigu).

TROISIÈME SPÉCIMEN

Pour peu qu’on suive, d’après notre méthode, le mouvement de la plume, on en verra l’aimable quiétude. Ce n’est pas

la placidité stupide et molle de qui ne comprend pas, de qui n’a pas de volonté et de cœur ; c’est la placidité de l’àme qui redoute de froisser.

1/ / 2-* rrri <

* y ^ ck^ty* '

En suivant ces lignes simples et harmoniques on verra qu’elles révèlent ce bon sentiment qui fait les natures destinées à être aimées de tous.

Exaltationf pouvant conduire à la folie ou au suicide.

ÉCRITURE TYPE

PREMIER SPÉCIMEN

Intelligence supérieure.

Grande pénétration.

Grande expérience dans la trituration des affaires.

Cette nature si distinguée avait en soi le germe d’une exaltation qui prit des proportions énormes en raison d’une personnalité successive.

Dltjlllfcêd bÿ'CiOogle

ICO

L’écriture est très-ascendante. C’est la nature vive, ardente, ambitieuse.

Page 1