TOUSSENEL
Un écrivain original et spirituel. « C’est, dit Y Autographe , un défenseur enthousiaste de la femme et de l’oiseau. »
Mï
DE L’ÉCRITURE
Un écrivain qui, en signant son nom, met une petite lettre au lieu d’une majuscule, contrairement à toute raison, et qui, parlant d’une chose féminine, emploie un f d’une grandeur exubérante, disons le mot, ridicule, cet homme est évidemment emporté par un sentiment exagéré qui le domine.
Le même mouvement de plume s’est produit pour le mot bonheur. Les têtes des d minuscules vont se perdant 'en courbes exagérées dans le blanc des lignes. Ce signe d’une imagination qui se domine peu s’associe parfaitement à l’idée de l’enthousiasme.
Ce même signe se trouve dans le parafe démesurément long de la signature
Esprit
Nous avons plusieurs formes de ce qu’on appelle l’esprit. Quand il est d’une valeur exceptionnelle, on l’appelle génie. Nos grands écrivains occupent donc ce premier rang dans le monde des gens d’esprit.
Viennent ensuite des esprits graves, très-cultivés, qui ont une belle place dans la littérature.
Nous avons donné des spécimens nombreux des uns et des autres.
Arrivent enfin les spécialistes de l’esprit. Ceux-là n’ont pas écrit des chefs-d’œuvre ; ils ne sont pas même au niveau des hommes qui tiennent la plume
dans la critique ; mais leur genre est très-connu et très-recherché. Ils font de l’art pour l’art.
Ils vivent de ce que l’esprit a de plus léger, de plus subtil ; ils en savent les jeux, les éclairs, les chatoiements. Ils parlent une langue que les profanes, qui n’ont que de la raison et quelquefois même du génie, ne comprennent pas sans quelque effort; mais ils manient bien cette langue à part, cette langue quintessenciée et subtile. Nous allons citer quelques exemples.