‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 78 sur 168 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

Nous sommes choqué que, dans l’écriture de Voltaire, n’apparaisse aucune majuscule. Ce n’est ni la modestie ni la distraction qui lui font commettre cet oubli. C’est donc un calcul; mais la réforme est mauvaise. Les majuscules sont dans le génie de notre nation. Voltaire, il est vrai, aurait pu répondre que l’antiquité ne les connut pas.

Le premier aspect de cette écriture a quelque chose de magistral. Ce n’est plus limpide et calme comme dans les écritures que nous venons de voir. Les d minuscules ont un mouvement d’imagination qui domine, et ils se retournent par une courbe

DE L’ÉCRITURE

abaissée qui va souvent rejoindre la lettre elle-même et qui est le signe d’une grande personnalité.

Mais quelle admirable clarté! quelle splendeur de la pensée qui s’étale, de l’esprit qui se joue, de la malice qui a tous ses épanouissements !

Remarquez çà et là le despote. (Le t barré haut et dur du mot raisonnements.)

Déjà, toutefois, ce je ne sais quoi de noble, de doux, de pur qui illumine les autres écritures des hommes de génie se montre moins dans Voltaire. L’écriture exagère l’allure magistrale, c’est un peu théâtral. Et les rois de théâtre sont toujours des acteurs. Voltaire pose beaucoup.

Nous ne le classons pas moins parmi nos belles intelligences. Seulement, avec notre méthode d’analyse rigoureuse des signes types, nous constatons ce qui le sépare des écrivains dont l’écriture est pour nous un idéal.

Intelligence de dernier ordre.

Nous n’avons pas de meilleur moyen de rendre saillante aux yeux de tous la clarté de notre méthode que de nous servir des contrastes. Après les écritures des grands génies, celles des esprits de dernier ordre.

PREMIER SPÉCIMEN

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Sans tenir compte de l’orthographe, il est impossible de trouver rien de plus terre à terre que cette pauvre écriture. Le M seul dit la vulgarité, l’idée étroite.

DEUXIEME SPECIMEN

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