LETTRE DU DUC DE BERRY
Nous avons ici un type de vivacité et d’emportement. L’écriture est ascendante, anguleuse ; la fin des mots monte comme la colère monte : vous, cher colonel.
Il y a des traits de roideur (remarquez l’e minuscule dans la dernière ligne, à la date. Il s’allonge, il se crispe jusqu’à la violence).
Dans le millésime 181 h, le chiffre h est formé à l’aide de deux hampes dures (carrées à leurs extrémités) et traversées par une très-longue barre qui dépasse toutes les lois harmoniques de la formation de ce chiffre.
DE L’ÊCRITÜRE.
Les t sont barrés partout avec une vigueur, une rudesse remarquables. Quelquefois les barres sont hautes (et de la première ligne) ; quelquefois elles effleurent les lettres ( estime , avant-dernière ligne).
C’est, en graphologie, un très-bon type à étudier, comme nature très-vive et très-emportée.
Au point de vue de l’intelligence, il y a quelques bons signes : la liaison d’idées (les de) ; la grâce vive du P majuscule dans (Paris) ; la simplicité du d minuscule.
Il y a dans cette nature quelques finesses (le mot Paris a la forme lancéolée), mais la vivacité 1 emporte, et le signe de l’habileté diplomatique manque presque complètement.
La signature n’est plus bourbonienne. Elle a l’allure vive et emportée, et se termine par un gros parafe de tendance très - bourgeoise , anguleux et épais.
Nous n’avons que la signature du comte de Chambord, fils du duc de Berry et petit-fils de Charles X. Et sur une simple signature on se hasarderait trop. Cependant celle-ci a quelques signes d’une certaine valeur.
Le H majuscule est inharmonique : les deux hampes, d’une excessive hauteur par rapport à la
'mi iliMmi
DE L’ÉCRITDRE.
petitesse du corps de l’écriture, sont serrées étroitement et semblent dire le dernier rejeton étiolé te languissant d’une tige vieillie. Cette majuscule cependant a une certaine grâce.
Tous les Bourbons du nom de Henri ont signé Henry avec un y à la fin. Le comte de Chambord met un i minuscule; et un parafe démesurément long, que plusieurs ont pris pour la hampe descendante d’un y minuscule, termine cette signature. Ce parafe tombe bas, très -bas; il se relève avec une certaine énergie et va faire un point arrondi et dur au-dessus de la dernière lettre, comme pour dire : « Je lutte toujours ».