Gucamis : XI
égyptiennes. Sous les nuages diluviens, sombres, lourds et bas, tout s’assombrit, s’alourdit comme la pierre.
On ne trouve dans la sculpture égypluenne, ni méme dans celle du monde entier, rien qui soit comparable aux lions expirants de Ninive. L'anantiisme apparaît dans ces corps d'animaux plus visiblement encore que dans Îles corps humains.
Voici une chasse royale : des chevaux au galop entrainent un char: le roi se retournant décoche vers un lion énorme les flèches de son arc ; debout sur les pattes de derrière, la bête blessée à mort s'accroche des pattes de devant à la roue comme pour arrêter le char, plantant dans la jante ses griffes écartées, semblables à des doigts gig rugissement, elle enfonce ses dents dans l'épaisseur de la
antesques ; elle va mourir mais, dans un suprême
roue tournoyante '.
Et voici encore un lion blessé : un tronçon de lance sort de sa crinière ; accroupi sur ses pattes de derrière, la gueule baissée, le dos courbé par un dernier spasme, il vomit le sang qui coule de sa gueule béante comme d’un baquet renversé, et il semble que son âme s’en aille avec ce sang. La lutte est finie ? Non, il lutte encore contre la mort, mais ce n’est plus l’agonie d’une bête, c’est celle
d'un dieu ?.