Jeax, V
hi LE MYSTÈRE DES TROIS
de désespérer, car le désespoir même affirmerait mon néant au point de vue de la valeur du Moi. Dieu doit exister pour que j'existe. Je ne suis qu'autant que je suis Dieu‘, »
Mais le malheur est précisément que, pour les hommes athées et impersonnels d'aujourd'hui, tout cela est inconcevable, parce qu’on ne peut inférer de la personnalité à Dieu, ni de Dieu à la personnalité : ce sont là deux données qui ne vont pas l’une sans l’autre.
Comment en effet parler de la Trinité s’il n'y a pas d’Unité ? Si l'Un, la Personnalité divine dans le Père, n’existe pas, les Deux, le sexe divin dans le Fils, et les Trois, la société divine, l’Église, le royaume de Dieu dans l'Esprit, n'existent pas non plus.
La ruine de la Personnalité, c’est la ruine de toute la religion.
Hohstes Glück der Erderkinder Sei nur die Persünlichkeit !
Que la Personnalité soit donc Le suprême bien des enfants de la terre !
dit Goethe, comme s’il pressentait que la Personnalité cessera bientôt d’être un bien.
Et encore :
Alles künne man verlieren, Wenn man bleibe was man ist!
Qu'importe que l’on perde tout, Pourvu que l’on reste soi-même |!