I4., LIX
Égée préhellénique — avec leurs mystères et leurs cultes. Tous ils nous accusent. Si nous avions des yeux, nous y pourrions lire notre arrêt : ennemis de Dieu et des hommes, déicides et homicides.
Nous aurions lu cet arrêt si nous n’étions pas aveugles. Mais les livres ont beau être ouverts devant nous, nous n’y voyons rien, nous ne savons pas lire ou lisons sans comprendre, parce que celui qui ne croit pas ne peut comprendre la croyance d'autrui. Où Ge Xôyov met Oeüv dveu Oeov Agheïv duvard. « Qui n’a pas de Dieu ne peut parler des dieux !. »
Quis cœlum possit, nisi cœli munere, nosse, Et reperire Deum nisi qui pars ipse deorum est? ?
Qui, sans le don du ciel, peut connaître le ciel Et trouver Dieu, si lui-même n’est une partie des dieux ?
« S'il n’était d'essence solaire, l’œil ne verrait pas le soleil », a dit Plotin.
Et Goethe dit de même :
Wär nicht das Auge sonnenhaft, Die Sonne kôünnt’es nie erblicken.
Quant à nous, nous ne voyons pas la lumière parce que notre œil ne ressemble pas au soleil, mais à un bouton d’étain.