‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 4 sur 198 · Jaume. : Myst · texte numérisé non relu

Jaume. : Myst

2, Maximus,

LAMNS'OILETENDES AVEUGLES 19

« On raconte d’Astyage, roi des Mèdes, qu'un jour il vit en songe sortir du ventre de sa fille ün arbre dont les rameaux couvrirent toute l’Asie.. Mais il me semble, à moi, que d’une tête de mort pousse un arbre desséché qui, enfonçant ses pointes et ses épines dans le crâne d’innombrables savants, leur cache les monuments de foi et de prière où les peuples ont représenté ce qu’ils adorent dans leurs temples et invoquent par leurs sacrifices. Pourquoi donc chercher ? La chose n’est-elle pas là, sous nos yeux ?... Mais les savants, se mettant eux-mêmes un bandeau sur les yeux, cherchent toujours sans jamais trouver !. » ;

Pour toucher le cœur vivant des antiques religions, je dois me déchirer le corps en me frayant un chemin à travers la forêt morte de la science athée.

y ’ L Dans l'Enfer peint par Polygnote, deux femmes, l’une , , 240 jeune et l’autre vieille, portant de l’eau dans des urnes félées, ont ainsi désignées : « Les non-initiées aux mystères ». Dans lë domaine de la religion, la Science athée, c’est Purne félée des Danaïdes.

L'expérience religieuse des siècles et des peuples ne peut dtre comprise que par une expérience sympathique. Mais c’est ülle précisément qui manque aux savants athées de nos jours : ioi la science anéantit son objet même. « Vient-il à l'esprit du

1, Ilosawov.

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chimiste ou du naturaliste qui décompose la cellule de la feuille du palmier que les pieds du Seigneur se sont posés sur cette palme ! ? »

La science athée est impénétrable à la religion comme le verre à l'électricité. Il n’y eut jamais si mauvais conducteur, ni pareille impénétrabilité religieuse.

La religion est l’attitude de l’homme envers Dieu. « Si cette attitude est négatrice, l’œil le plus savant ne voit dans les antiques sanctuaires de Sérapis, de Vénus, d’Apollon, qu’un simple amas de briques. Et ce n’est pas parce que Sérapis, Vénus et Apollon ne sont que néant, mais parce que celui qui les contemple garde envers eux une attitude négatrice. « Je n’y comprends rien! Et même je ne vois rien ! Quel Dieu priaient donc ces imbéciles ? ? »

Le morceau de bois, le Xoanon, que l’on disait tombé du ciel, l’idole de Pallas Athéné à l’Erechtheon, était plus cher aux croyants que la statue parfaite de Phidias. Et le Xoanon de Bacchus à Éleuthère devint dieu de l’Attique et père de la tragédie. Mais, devant ces dieux vivants, nous restons nous-mêmes aussi stupides que des morceaux de bois.

Nous pouvons dire pour nous consoler que cela date de loin. Les dieux aiment à rendre sots les plus sages. Dans sa Métaphysique, Aristote appelle la doctrine de Platon sur Éros, cette perle de la sagesse grecque, « une divagation d'homme ivre », et Spinoza, en réplique à la parole divine

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