Texte égyptien
quement là qu’est le vrai monothéisme d’Osiris-Amon.
Osiris est seul dans tous les dieux et l’on peut dire d’eux tous ce qui est dit de lui dans le Livre des Morts : « Osiris connaît le jour où il ne sera plus. » Il connaît son sacrifice : « Il a le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre. » Son supplice est volontaire : « Il fut supplicié, mais lui-même l’a voulu!. »
Dieu est dans la souffrance. Elle est divine non seulement dans l’homme, mais dans toute la nature. Selon l’'agraphon, parole non recueillie du Seigneur: « Soulève la pierre, et tu m’y trouveras ; coupe l'arbre, et j'y suis ? »
Déclin, langueur et partout, dans tout,
Ce doux sourire du dépérissement
Que nous appelons, dans un être raisonnable : La pudeur sublime de la souffrance 3.
Dans le sourire d’Osiris, « sourire de ceux qui pleurent », cette pudeur de la souffrance confond la Joie céleste et la tristesse de la terre, car dans la tristesse comme dans la joie « le ciel s’unit à la terre ».
Osiris est dans la victime qu’on immole, dans le grain qui meurt, dans l’épi qu’on moissonne, dans le Nil qui décroît, dans la lune à son déclin, — dans toute souffrance, mais surtout dans la souffrance humaine.
LÉMENT Romain, Agraphon, 50.