‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 57 sur 198 · OSIRIS, L’OMBRE DU GRUCGIFIÉ · texte numérisé non relu

OSIRIS, L’OMBRE DU GRUCGIFIÉ

coffre magnifiquement orné et invita son frère à un festin. Pendant le repas les serviteurs apportent le coffre. Tous les convives s’émerveillent, et Typhon, comme par plaisanterie, promet d’en faire présent à celui à la taille duquel il conviendrait. Les soixante-douze complices s’y couchent tour à tour, mais il n’est à la mesure d'aucun d’eux. Enfin Osiris s’y couche, lui aussi. Alors tous se jettent sur le coffre, le ferment, fixant le couvercle avec des clous, le soudent avec du plomb fondu, le portent au NID jettent et, par la bouche du Tanaïs, il vogue vers la mer.

Isis, épouse d’Osiris, fut longtemps à chercher le corps de son époux, errant par toute la terre. Enfin elle le trouve et, avec des cris et des pleurs, se laisse tomber sur lui, presse de son visage le visage du mort, l’embrasse et l’arrose de ses larmes. Puis, repartant pour rechercher son fils Horus, perdu lui aussi, elle cache le coffre avec le corps de son époux dans les papyrus du Nil. Mais Typhon, chassant la nuit à la pleine lune, l'aperçoit dans les rayons de l’astre et le reconnaît. Il en retire le corps, le déchire en quatorze parties et les disperse à tous les vents. Isis l’'apprend et recommence ses recherches. Elle recueille un à un tous les débris du corps déchiré, les rassemble et ressuscite le mort.

« Ces symboles nous conduisent à la connaissance de Dieu », conclut Plutarque, mais lui-même est incapable de les déchiffrer. Les Pythagoriciens et les Orphiques sont plus près que lui des mystères de l'Égypte : cesont eux qui détiennent la clé du principal de ces symboles : le coffre de Set, cercueil d’Osiris:

XXIIT

« Le corps est le cercueil de l’âme enterrée en ce monde, cüux— oi. » C’est ainsi que Platon nous rapporte la doctrine des Orphiques'. — « La chute dans la génération est une jouissance pour les âmes. Tépros # eîc véveoi trs. » C’est en ces termes que nous trouvons chez Héraclite d’Éphèse l'écho de la même doctrine ?.

Par la jouissance de la chair qui engendre, les âmes qui naissent sont entraînées dans la chair. Comme les fleurs de l’arbre édénique de la vie, les âmes emportées par la suave tempête de la conception tombent sur la terre. Leur chute est une jouissance, mais aussi un crime, le péché originel : elles tombent, naissent et meurent.

C’est ainsi qu'Osiris tomba dans le coffre de Set, dans le « corps-cercueil », cüua — cua : il naquit et mourut. Mais tandis que les âmes tombent et naissent sans le vouloir, Osiris le fait volontairement : « Il sait le jour où il ne sera pas”. »

La naissance est une chute, r+@o1c, la résurrection, un relèvement, &v4osrastie, d’après celle même doctrine des Orphiques. Osiris tombe pour se relever et relever ceux

qui sont tombés ; il meurt pour renaître lui-même et ressusciter les autres.

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