‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 56 sur 198 · OSIRIS, L'’OMBRE DU GRUCIFIÉ · texte numérisé non relu

OSIRIS, L'’OMBRE DU GRUCIFIÉ

ou à la fin du monde? Ou serait-ce que là encore la fin coïncide avec le commencement dans le cercle clos de

l'éternité ?

Un vieux conte égyptien, enfantin et naïf comme ceux que les vieilles femmes font aux petits enfants, parle de la fin d’un premier monde et du commencement d’un second.

Jadis les dieux vivaient sur la terre avec les hommes, et le grand Dieu, Ra, demeurant à Héliopolis, gouvernait l'Égypte. Alors la terre n’était pas encore séparée du ciel, et les hommes étaient comme des dieux. Mais ils se pervertirent, renièrent le Dieu Unique et dirent : « Le voilà devenu vieux et infirme. $es os sont comme de l’argent, sa chair comme de l'or et ses cheveux comme du lapis lazuli ; ses membres tremblent et la salive lui coule de la bouche ». Ainsi les hommes se moquaient de Dieu. Et Dieu se courrouça et ordonna à la déesse de l'Amour, Hathor, d’exterminer le genre humain. Hathor l’extermina, mais pas complètement. Dieu, pris de pitié pour les hommes, inonda, durant la nuit, la terre d’une boisson enivrante, et lorsque, le matin, la déesse entra dans cette mer, elle y vit son visage reflété comme dans un miroir, et se réjouit de sa beauté. Elle goûta à la liqueur, s’enivra et cessa d’exterminer le genre humain.

Mais l’antique union du ciel et de la terre fut rompue. Et Dieu dit : « Mon cœur est las. Je ne veux pas vivre avec les hommes, et je ne veux pas les anéantir complète-

ment. » Et Dieu quitta la terre, monta au ciel et sépara la terre du ciel. Et il y eut la terre, et il ÿ eut le ciel, tels qu’ils sont encore aujourd’hui et seront jusqu’à la fin des temps. C’est ainsi que finit le premier monde et commença le second.

Ce vieux conte égyptien fut repris, des milliers d’années après, par Plutarque, Grec du r*'-n° siècle de notre ère, grand-prêtre d’Apollon de Delphes, dans son traité sur Isis et Osiris.

C’est là le seul monument des Passions d’Osiris qui nous soit parvenu. Sans lui nous n’en aurions rien su. Au reste, le traité ne nous apprend que peu de chose : l'original égyptien de la vie d’Osiris a probablement autant de rapport avec le texte grec que les Évangiles avec les Apocryphes. Voici le conte de Plutarque.

Lorsque Dieu, monté au ciel, eut quitté les hommes, ceux-ci, s’entre-dévorant comme des bêtes sauvages, se seraient exterminés si Osiris n'était venu. Il naquit simple mortel et, devenu roi d'Egypte, détournant les hommes de leur vie bestiale, il leur enseigna la culture des céréales, leur donna des lois et instaura le culte des dieux. Puis il parcourut le monde, en proclamant son règne et en soumettant tous les peuples, non par le glaive, mais par l'amour, le chant, la musique et la danse. Lorsqu'il revint en Égypte, son frère cadet, Typhon-Set, avec soixantedouze conspirateurs, décida sa perte. Il prit secrètement la mesure exacte de sa taille, fit construire d’après elle un

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