‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 60 sur 198 · OSIRIS, L’OMBRE DU CRUGIFIÉ · texte numérisé non relu

OSIRIS, L’OMBRE DU CRUGIFIÉ

XX VIII Sous les rayons éblouissants du soleil, sur la blancheur du sable, une ombre noire — Osiris. Rien qu'une

ombre. Le corps, lEgypte ne le voit pas. Et nous qui le Yoyons, ne reconnaissons-nous pas de Qui vient cette ombre ?

La momie d’Osiris, couchée à plat ventre, collée contre la terre, paraît une chose aussi inerte et morte que la terre mème, la poussière du tombeau. Le corps de diorile vert pâle, marbré de taches sombres, est celui d’un reptile ; il rampe, il se traîne comme un ver, mais ce ver est un Dieu; c’est la chrysalide terrestre du papillon céleste. IL est encore engourdi, enchaîné, raide, mort. Et déjà il ressuscite, relève la tête, ouvre les yeux, sourit

— et il y a dans ce sourire la vie éternelle, le soleil qui ne se couche jamais.

Le christianisme en vingt siècles n’a rien vu de pareil. C'est la Croix, le signe de la mort, mais non celui de la Résurrection qui s'élève pour nous au-dessus du chrislianisme, au-dessus de tout l'Univers.

Nous savons bien que le Christ est ressuscité; mais, comment, nous ne le savons pas, nous ne le voyons pas. La transilion progressive de l’ordre naturel à un autre ordre, de la nécessité au miracle, du corps mort au corps ressuscité, l'aurore de la vie commençant à poindre dans

la nuit de la mort, — tout cela est pour nous invisible, inconcevable. Nous ne voulons ou n’osons pas scruter ce mystère. L'Égypte l’osait. Pendant cinq mille ans sa curiosité intrépide n’a cessé de le faire.

LIT

Une série d'images successives, semblables à des ins tantanés cinématographiques, représente celle transition progressive de la mort à la vie : ce n’est d’abord qu'un léger frisson qui court sur le corps du défunt, comme sur le corps d’une chrysalide où remue le papillon prêt à s'envoler ; puis lentemeni, lentement, le mort approche la main de son visage, comme celui qui s’éveille d’un profond sommeil ; il plie les genoux, cherche des pieds un appui ; enfin, avec eflort, tout son corps se soulève plus haut, plus haut — et soudain se dresse, bondil hors du cercueil, comme s’envolant avec une légèreté divine.

Si suggestives sont ces images qu'elles éveillent non seulement l'idée dans l'esprit, mais aussi la sensation dans le corps.

€ IL advint à [van Illitch pendant son agonie ce qui arrive au voyageur dans une voiture de chemin de fer lorsque, croyant aller en avant, il va en arrière et qu'il s'aperçoit soudain de la direction véritable". »

Qui sait, la vie n’est-elle pas la mort EL la mort ne serait-elle pas la vie ??

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