‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 62 sur 198 · Iénovore : Ll · texte numérisé non relu

Iénovore : Ll

Voilà pourquoi le Seigneur dit: « J'ai appelé mon Fils

hors de l'Égypte ».

Que ce soit bien ou mal, sage ou absurde, ce n’est pas Fa métaphysique de l’immortalité, mais la physique de la résurrection que cherche PÉgypte; c’est de la chair elle-même qu'elle veut apprendre la résurrection de la chair. Elle comprend, aussi bien que nous peut-être, que cette physique est d’un autre ordre, où tout est indicible et inconcevable pour nous, et que cela ne se conçoil que dans l’extase des folles orgies ou le silence des mystères.

L'Égypte cherche et trouve dans la chair trois mysières de la résurrection.

Le premier dans la matière cosmique. , :

Le soleil qui se couche, la lune qui décline, le Nil qui décroit, c’est la mort de Dieu; et sa résurrection, C’est le soleil levant, la lune dans son plein, la crue des eaux du Nil. Voilà pourquoi le corps d'Osiris est vert comme la lumière de la lune ; les quatorze parties de son corps déchiré sont les quatorze jours de la lune déclinante. Les soixante-douze conspiraleurs, ses assassins, correspondent aux jours de la sécheresse hivernale, à l’époque où es eaux du Nil tombent à leur niveau le plus bas, et où

Osiris descend au tombeau.

r. Marru , EL, 15.

Le second mystère se trouve dans la matière organique, végétale.

Selon Plutarque, « les Égyptiens disent qu'Osiris, enterré dans la graine semée, disparaît dans la terre et qu'il revient à la vie, renaît lorsque la-graine germe ». Et, selon Le Livre des Morts, « Osiris est le Maître de la vie qui est dans le grain de blé ».

Osiris est l’âme du pain, Bata. C’est pourquoi semer du blé veut dire: « enterrer Osiris ». À la fête de la moisson, le roi, fauchant la première gerbe, tue Osiris et, du dieu tué — du blé, les hommes vivent et se nourrissent. « Je suis Osiris, je suis Nepra (le dieu du froment) que l’on moissonne », dit de lui-même un mort dans une inscription funéraire.

Dans l’île de Philé, dans une des chapelles du temple d'Isis, sont figurés des épis poussant du corps d'Osiris mort ; un prêtre les arrose avec l’eau d’un arrosoir, et à côté on lit cette inscription : « Voici l’image de Celui que l’on ne doit pas connaître, du mystérieux Osiris, qui sort des eaux revenues (de l’inondation du Nil) ». Et sur une autre image, un tombeau ombragé par un arbre porte linscriplion : « Osiris germant du grain ».

Le mystère du grain qui germe est celui du Corps qui ressuscite, tel est le sens de ces images. « Ce que tu sèmes ne prendra point vie s’il ne meurt... Le corps animal est semé, Le corps spirituel ressuscite !. »

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