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Torsroi : La mort d'Ivan Llilch

7 Dosroinvsxx : Les frères Karamazov.

3, Torsroi : loc. cit.

158 EGYPTE D'après Héraclite « l’homme, dans la mort, allume

lui-même sa lumière ». Voilà pourquoi au fond du trou

«brilla quelque chose » — la lumière de la Résurrection.

Héraclite, vingt-cinq siècles avant Tolstoï, semble lui faire écho; et Tolstoï, cent siècles après l'Égypte antédynastique, semble lui faire écho aussi. Ne sont-ils pas plus péremptoires que toutes les preuves logiques, ces vivants symboles, ces voix vivantes qui se répondent et se répètent au-dessus de tels abîmes de siècles et de nations ?

Les trois mystères de la chair qui ressuscite — animal, végétal, cosmique — s'unissent en un seul. C’est

à lui aussi que se ramènent toutes les prières, les rites, les offices, — toute la religion de l'Égypte.

Chaque jour, dans tous les temples, le roi, Horus incarné, fils d'Osiris, ou le prêtre, son vicaire, célèbre un seul et même office : la résurrection des hommes et des dieux, car tous les dieux et lous les hommes sont des « Osiris morts ».

Non seulement Dieu aide à la résurrection de l’homme, mais l’homme aide à celle de Dieu. L'homme et Dieu sont complémentaires. Un perpétuel échange de force ressuscitante se produit entre eux, tel un courant ininterrompu d’étincelles entre deux pôles électriques.

Hommes et dieux respirent le même air : les dieux l’expirent, les hommes l’aspirent.

Le roi ressuscite les dieux et les hommes : de là son pouvoir illimité. La vénération des dieux par les hommes étant en Égypte identique à la vénération des pères morts par les fils, le roi devient le fils de tous les dieux-pères, le Fils par excellence, l'incarnation du Fils de Dieu, en tant que principe immanent du monde, et ce principe devient le fondement de la théocratie.

Toute l'Égypte est construite comme une pyramide, et le point culminant de cette pyramide est le Roi-Dieu.

Qu'est-il donc en dernier ressort le roi d'Egypte l’'Homme-Dieu ou le Dieu-Homme? Ni l’un ni Pautre :

l’un et l’autre. L'Egypte na pas su distinguer ces C'est une confusion encore inconsciente

deux principes.

et comme telle, innocente.

Le Roi-Dieu est le point suprême, le sommet de la pyramide ; celle-ci s’élance toute vers ce point, car le E ss UE : :

dernier des esclaves participe avec le roi à la résurrection. Chaque mort, même le plus pauvre, reçoit son

lopin de terre dans les Iles Bicnheureuses, les champs alu. la « seconde Egypte », parfaitement semblable à

la première.

XXVIIT Les prôtres NV \SAT 6 î , tre de Meme racontent la légende d’un mendiant qui, après sa mort, fut à la Cène d’Osiris vêtu de lin blanc et assis à la droite du dieu, parce que le dieu lhot, « Celui qui mesure », avait attesté qu'il n'avait pas reçu dans ce monde sa juste part.

Voilà "quoi res ‘ 1 , à pourquoi les pauvres gens préparent des petites poupées-momies en bois, y inscrivent leurs noms, les mettent dans des cercueils et les enfouissent dans le sable à ’e rée des ne Q Fr 1 3 1 | entrée des grandes pyramides, afin que les humbles participent avec les grands à la résurrection. Hérodote décrit la fête des lampes de Saïs. En souvenir des morts, le dix-sept du mois d’Atyr, pendant la nuit Des No Ans TEA se la résurrection d Osiris, on allumait dans toute UNE ; À l'Egypte, de Saïs à Éléphantine, d'innombrables lampes à l'i (2 Le a n n . . “ 4 ntérieur et autour des maisons, en ajoutant à l'huile du sel, afin que la flamme brûlât plus vive et plus égale. Les étoiles innombrables du ciel répondaient aux innombrables feux ë k 1 i ables feux de la terre, et il y avait dans chaque flamme

Le ù Des l'âme d a, Mort, Ainsi, en cette sainte nuit, tous les vivants s unissaient aux morts.

L'homme ne peut ressusciter seul : il ne ressuscite

u? ave oute ‘humanité ave ou 1 vers al | ES q € CT I ; c to t l’uni rs, Car, d’après

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OSTRI SEL IONMBIR ETS DU RESSUSCGITÉ 161

jourd’hui, en attendant avec espoir la révélation des enfants de Dieu ». Avec l’homme, toutes les créatures animaux, plantes, terre, ciel, astres

qui gémisse nl — se frayent à travers la mort un chemin vers la résur-

reclion.

Toutes les bêtes des champs et les oiseaux du ciel

S'étaient assemblés dans la maison du Seigneur, et le Seigneur se réjouissait fort de ce qe ‘ils étaient tous bons et étaient revenus dans sa maison'. » «€ La gloire du Seigneur paraîtra el toute chair verra sh salut de Dieu”?. » Toute chair, non seulement humaine, mais aussi cosmique, végétale, animale.

Voilà pourquoi les Égyptiens « vivent avec les animaux * ». Ils vivent avec eux, meurent el ressuscitent.

La conception égyptienne de l'homme ressuscilant en mème temps que la chair de tout l'univers, conce eption qui nous semble si absurde, si impossible, si peu scienlilique, si peu moderne, nous la trouvons exprimée par l’un des AE les plus scientifiques de nos jours, Henri Bergson Tous les vivants se tiennent et tous cèdent à la su formidable poussée. L'animal prend son point d'appui sur la plante, l’homme chevauche sur

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