‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 70 sur 198 · Luc, XXIV · texte numérisé non relu

Luc, XXIV

Les Égyptiens savaient peut-être aussi bien que nous ce qu'est la mort et combien sa loi physique est inéluctable. Presque tous les peuples anciens et modernes se hâtent de brûler ou d’enterrer les cadavres pour ne pas voir leur décomposition, et croire ou ne pas croire en paix à l’immortalité de l'âme. Les Égyptiens les conservent soigneusement et luttent — par des procédés enfantins, barbares, impuissants, soit — mais cependant luttent, face à face, contre la mort et la décomposition. Des « barbares » et des « enfants », mais tout de même des hommes. Ce qu'est la décomposition, ils le savent peut-être tout aussi bien que nous, sinon scientifiquement, du moins par les sens et l'expérience. « Seigneur, il sent déjà! », ils auraient pu le dire aussi. Mais ils ne le dirent pas — ils crurent à la résurrection. Oh, certes, ils en doutèrent, et même beaucoup, nous le savons d’après de nombreux témoignages. Mais l’étonnant, ce n’est pas qu'ils aient douté c’est qu'ils aient cru quand même et que, de l’âge de pierre au Christianisme, ils aient, durant huit mille ans. porté cette foi folle, barbare, enfantine — qu’ils l’'aient portée et déposée aux pieds du Ressuscité.

XLIT

Nous savons combien il est difficile de haïr notre Corps mortel, notre monde, notre terre, pour aimer l’âme immor-

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