‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 76 sur 198 · Livre des Morts · texte numérisé non relu

Livre des Morts

Le soleil qui ressuscite doit réchauller la nuque, le cervelet du mort. On retrouve, là encore, le matérialisme, mais ce matérialisme apparent recouvre un symbolisme véritable.

Faucon puissant aux larges ailes

Dont le vol traverse les cieux,

Toi qui, à travers le ciel souterrain,

Te hâtes dans la course vigilante

Afin de te lever, le matin, à La place,

Le plus mystérieux des dieux mystérieux :

Les morts s'animent par La vie,

Lu rends le souffle aux narines qui ne respirenl plus,

Tu dilates la gorge serrée.

C’est une prière au soleil levant. En voici une autre au

soleil couchant :

Lorsque tu descends derrière l'horizon,

Vers le Maitre de l'Éternité, le Roi Souterrain,

Tu apportes la lumière à ceux qui sont dans la mort,

Et, te glorifiant du fond de leurs cercueils,

Les défunts tendent vers toi leurs bras,

Ceux qui sont sous la terre se réjouissent !

Penser que la force ressuscilante du soleil est uniquement physique, c’est ne rien comprendre à la résurrection égyptienne. [ci, le subjectif, le spirituel répond à l'objectif, au physique. Ce n’est pas en vain que le nom d'Osiris, soleil de la nuit, signilic: le plus Occulie des

dieux occultes, et le nom de Ra, soleil du jour : le Caché.

Pour que la résurrection puisse se parfaire au dehors, dans la chair de l'homme et du monde, elle doit commencer au dedans, « dans l'esprit et la vérité ». Voilà pourquoi, au Jugement dernier, les morts sont jugés devant la face de la Vérité, la déesse Maat. Sur lun des plateaux de la balance on place le cœur de l’homme, sur l’autre, une petite slatue de Maat ou une plume légère. Et l’homme dit à son cœur : € Mon cœur, cœur de ma mère, ne Le lève pas, ne lémoigne pas contre moi!!»

Si la flèche de la balance ne tremble pas, si le plateau portant le cœur ne s’abaisse pas, l'homme est acquitté, el il prononce lui-même son acquittement devant la face d'Osiris :

« Je n'ai pas commis de mal ni de violence... je n'ai pas volé, ni tué, ni menti... ni forniqué ; je ne me suis pas courroucé jusqu’à la fureur... Je nai fait pleurer personne... Je n'ai pas éloigné le lait de la bouche du nourrisson... Je n'ai obligé personne à travailler au delà de ses forces. » — «de fus le père des orphelins, l'époux des veuves. » — «€ J'ai nourri ceux qui avaient faim, abreuvé ceux qui avaient soif, habillé ceux qui étaient nus. » ——« Je suis pur, je suis pur”. »

« Entre par la porte mystérieuse d'Amenti (autre monde) », répond Osiris. Etlhomme entre — ressuscite *.

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