‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 96 sur 198 · Hymne à Isis · texte numérisé non relu

Hymne à Isis

DSINRIS ET LEUMYSTÈRE DES DEUX A1

Lorsque je te vis, je sanglotai, Et ma voix s’éleva jusqu’au ciel, Mais tu ne m'as pas entendue.

Je suis ta sœur qui t’aimai sur la terre [ ’ Nul plus que moi ne t'a aimé. Viens !

C’est ainsi qu'isis se lamente sur le corps d’Osiris mort.

Et le Cantique des Cantiques fait écho à l'Égypte :

J'ai cherché pendant la nuit, sur ma couche, Celui qu’aime mon âme ; Je l’ai cherché et je ne l'ai point trouvé...

Tu m'as ravi le cœur, Sulamite, Par un seul regard de tes yeux ; O ma fiancée, ma sœur,

Tu m'as ravi mon cœur...

Imprime-moi, mon frère, comme un cachet sur ton Mets-moi comme une bague sur ton doiot, [cœur. Car l’amour est fort comme la mort !

Voici deux mille ans que l’Église chante ce cantique d'amour triomphant et nous ne l’entendons pas, nous ne le comprenons pas, pauvres impies, malheureux castrats, misérables débauchés que nous sommes ! En vérité, il faut avoir dans les veines le sang d’un mort pour ne pas comprendre qu'il n’est pas et qu'il ne sera jamais sur la terre d’amour plus grand que celui-là. « Nul sur terre ne l’aima plus que moi ! » — « L'amour est fort

comme la mort. » Voilà bien l'amour à travers la mort — la résurrection.

Le premier Osiris, déchiré, est l'ombre du Crucifié; le second, ressuscitant, est l'ombre du Ressuscité; et le HAT À troisième, celui que nous n’osons même pas nommer ni regarder en face, de Qui est-il l'ombre ?

L’Apocalypse est liée à la Genèse plus intimement que l'Évangile par les rameaux de l’Arbre de la Vie « dont les feuilles guérissent les peuples! ». Elles guérissent toutes les plaies, et aussi la plaie béante du sexe.

L'Evangile connaît les « eunuques qui se sont faits eunuques pour le Royaume des Cieux », et l’Apocalypse connaît la « Femme enceinte revêtue de soleil ». Dans l'Évangile, le Fiancé est sans l’Épouse, et dans l’Apocalypse est le mystère nuptial de l'Agneau : « Et l'Esprit et l’Épouse disent : viens! »

« Viens chez ta Bien-aimée, viens chez ta Sœur. Imprime-moi comme un cachet sur ton cœur. » Ges paroles de l'Épouse, tout le Testament du Père, de l'Égypte à Israël, les a entendues. Mais tant que le Testament du Fils, de l'Évangile à l’Apocalypse, ne les aura pas entendues à son tour, le chemin commencé du mystère de l’Un vers le mystère des Trois à travers le mystère des Deux ne sera point achevé.

Page 1