ÉPILOGUE
loin de se douter, combien avaient une base réelle les affreuses idées qui l'assiégeaient et qu’elles attribuaient au délire d’un esprit troublé !
Le suicide de Lord Holderness et la sombre histoire qui y fut rattachée furent un terrible coup pour la pauvre Pauline, et aussi pour la malheureuse Octavie à laquelle il fut impossible de cacher ces funestes événements. Mais grâce aux soins généreux de Florimel et d’Arthur, les triste^ nouvelles leur furent transmises aussi délicatement que possible, à Pauline d’abord et ensuite à son infortunée sœur. Nous ne nous arrêterons pas à décrire leur douleur, qu’il nous suffise de dire que ce ne fut qu’à force de temps et d’attentions infatigables que Florimel et Arthur parvinrent à leur faire accepter avec un peu de résignation le malheur qui les frappait et qui sans eux les auraient accablées.
Octavie donna le jour à une fille, fruit de ses amours avec le Prince de Galles et peu à peu sa santé se rétablit, sa raison revint complètement, et son esprit reprit toute sa force, bien que les fraîches illusions de sa jeunesse se fussent enfuies pour toujours. A la longue elle prêta une oreille favorable aux honorables propositions qui lui furent faites par Arthur Eaton, qui, bien qu’au fait de sa triste histoire fut assez généreux pour renouveller les offres qu’il lui avait faites dans un autre temps et qu’elle avait repoussées. En conséquence, dix-huit mois environ après la mort de son père, Lord Holderness, Octavie devint la femme de l’Honorable Arthur Eaton et le même jour Pauline accorda sa main à Lord Florimel.
352 LBS MYSTÈRES DE I,A COÜR DE LONDRES
Vers la môme époque Rose Foster accompagna George Woodfall à l’autel; et la Marquise deBellenden qui ne manquait jamais une occasion de soutenir Sô 1 réputation de bonté aussi bien que son renom de vertu* constitua en dot à la jeune fille, la veille du mariage, une somme de cinq mille livres. Lejeune artiste qui, quelque temps auparavant, était parvenu à secouer le joug de Shrubsole, le marchand de tableaux, avait déjà conquis de la réputation avant son mariage et en peu d’années il prit rang parmi les plus grands peintres de son temps.
Nous avons amené à sa conclusion la première partie des Mystères de la Cour de Londres. Mais bien que le rideau soit tombé sur l’existence d’un fort grand nombre de personnages qui ont figuré dans le cours de notre récit, il en survit encore quelques uns dont les aventures se trouveront encore mêlées aux incidents d’un autre roman que nous avons dessein d’écrire. Le catalogue des amours de George, Prince de Galles, n’est pas encore épuisé et il nous reste à faire connaître les outrages, les persécutions, et les humiliantes épreuves auxquels il a soumis sa femme, la Princesse Caroline de Brunswick. Les matériaux que nous tenons