‹ Les mysteres de la cour de LondresChapitre 32 sur 34 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Sainte Croix, garda les fonds déposés entre ses mains par le Duc de Villebelle, et se v’engea du Marquis de Bellois qui avait été l'amant de Madame Fitzherbert.

L’infortuné Villebelle, par l’entremise de Page, avait confié k titre de dépôt au Prince une somme qui n’était pas moindre de quarante mille livres. C’était précisément la somme que Son Altess ■ Royale avait à payer à Meagles, savoir: vingt mille livres, montant de l’obligation souscrite à son profit, à titre de transaction, au Manoir de Stamford et pareille somme, montant de la reconnaissance que Lord Desborough avait fait accepter à Meagles en cette occasion. Ainsi enrichi, nôtre ami Meagles était en position de faire figure dans le West End et quand le moment opportun fut venu,,on annonça dans les journaux qu’il faisait valoir ses droits au Marquisat d’Edgemore. L’affaire fut soumise à la Chambre des Lords, elle n’y rencontra pas d’opposition et l’audacieux, le fou, le peu honorable Tim Meagles fut élevé à la pairie. Peu de temps après il épousa Lady Lade et ils jouirent d’une existence assez heureuse pendant tout le reste de leurs jours.

Les services divers que Page avait rendus au Prince de Galles furent récompensés par une pension annuelle de deux cents livres dont le paiement fut subordonné à la condition qu’il habiterait une ville éloignée de la capitale d’au moins cent milles. Cette condition n’était pas bien dure pour Page et il transporta sa résidence à Bath où il parvint à insinuer lui -même et sa femme dans ce qu’il appelait une assez bonne société. •

La Marquise de Belleuden atteignit un fort grand âge eu gardant ses habits de veuve et en continuant sa vie de débauche jusqu’à la fin. Dans sa voluptueuse carrière elle n’avait pas cessé de se faire assister par sa fidèle Marguerite et par deux hommes à son service qui étaient en même temps et ses domestiques et ses complices. Ces individus, Richard et Mason, ont déjà été mentionnés dans le cours de cette histoire, ils étaient tous deux grands, beaux, et très-libéralement récompensés de leur discrétion par leur maîtresse, ils l’aidaient à couvrir ses débauches du voile de l’hypocrisie.

La Comtesse Douairière de Montgomery ne survécut pas longtemps à la mort de son fils aîné, le chagrin la tua, et sur le marbre du monument funéraire qui lui fut élevé dans une des églises du West End, on paraSa Seigneurie de mille vertus qu’elle n’avait jamais possédées.

La Comtesse de Desborough survécut à son mari pendant sept années qu’elle passa dans la retraite la plus absolue, en sa résidence de Londres, dans Berkeley Square. Sa beauté se flétrit rapidement, elle languit et dépérit sous la funeste influence du remords ; et le bruit courut que son agonie avait été rendue horrible par des fantômes évoqués par son imagination. Il fut également rapporté que parmi les affreuses illusions qui la poursuivaient, elle était torturée par la pensée qu’elle avait commis un meurtre et qu’elle était morte avec le nom de Ramsey sur les lèvres. Ceux qui assistèrent aux derniers moments d’Eléanor étaient

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