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Les mystères de la main

libraire DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES PALAIS-HOYAL, 13 ET 17, GALERIE D’ORLÉANS

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A PROPOS

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

Avant tout, remercions le public de sa bienveillance.

En peu de temps ce volume a atteint sa quatrième édition.

C’est plus que nous n’aurions osé l’cspcrer, surtout en France.

Notre livre s’occupe d’une science mystérieuse, longtemps décriée, ePqui paraît inexplicable au premier coup d ceil.

Nous pensions être compris en Allemagne, en Angleterre plus tard, avec le temps ! Nous en avions meme la conviction. Mais en France, à Paris! nous n’y" avions jamais songé.

Le peuple français est un peuple vif, un peuple de spontanéité, mais ce n’est pas un peuple d’imagination. C’est le plus positif, le plus raisonnable, le plus réaliste de tous les peuples.

Il peut avoir un engouement passager pour des choses frivoles, et dont il connaît la frivolité, mais il n’aflmet

A. PROPOS

qu’avec une peine extrôme ce qui ne lui paraît pas dans la règle.

Il lui faut alors des preuves nombreuses.

Serait-ce montrer trop de présomj)tion que d’attribuer notre succès aux preuves que nous avons données, et que nous donnons encore tous les jours ?

On a ri d’abord quand le livre a paru ; et puis, en voyant ant de rocberclies, tant de travaux, tant de citations, tant d’efforts , on s’est demandé s’il n’y avait pas quelque cliose au fond de tout cela. On a essayé en souriant toujours, et tout en essayant, tout en faisant de folles épreuves, la conviction est venue.

Et naturellement, c’est aux hommes les plus intelligents qu’elle est venue en premier, et parmi eux se sont trouvés nécessairement des chimistes, des médecins en assez grand nombre.

Nous n’avons pas discuté avec eux, la discussion passionnée n’éclaire pas, elle irrite; à des tliéories, à des investigations scientifiques, nous avons opposé des faits. Devant le fait, toute résistance tombe. Et la Chiromancie a été prise au sérieux.

Et il faut bien le reconnaître :

La Chiromancie est vraie comme la nature, puisqu’elle est basée sur les harmonies de la nature.

Il y a longtemps que nos élèves n’en doutent plus.

Et quant à nous, que de choses étranges n’avons-nous pas vues déjà !

Q)ue de fois ne nous a-t-il pas fallu frémir, que de fois ne nous a-t-il pas fallu admirer!

Et lorsqu’il nous a été permis de voir la main de l’homme le plus extraordinaire de notre siècle, cette main qui con-

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

duit l’époque, ne l’avons-nous pas vue si bien équilibrée qu’elle est destinée par la nécessité des lois harmoniques à remettre l’équilibre dans le monde; n’y avons-nous pas découvert les signes d’une sagacité, d’une intelligence surhumaines, que, malgré nos innombrables expériences, nous n’avions vus nulle part ailleurs?

Maintenant, et c’est là le but de cette préface nouvelle, on nous a demandé des explications sur certaines choses restées confuses; nous avons nous-mème, par un exercice constant, par dos applications de chaque jour, trouvé des modifications à faire. Nous regardons comme un devoir de donner CCS explications, d’indiquer ces perfectionnements.

Ainsi, on nous a dit, et cette observation nous a été faite trop souvent pour n’ôtre pas prise en considération : les monts do la main sont rarement à leur place, à la racine du doigt ; cela est vrai, et cependant leur place est bien au-dessous des doigts, mais comme rien n’est insignifiant dans la main, le déplacement des monts a aussi une signification

Les monts, placés à la racine de chaque doigt, résument, on le sait déjà, les aptitûdcs ou les instincts inspirés à chacun des doigts par l’inlluence d’une planète correspondante, et que le nom môme du mont indique. Les monts qui seront par conséquent en correspondance plus véhémente avec une planète exerceront sur les monts voisins une attraction plus forte; quelquefois môme ils les absorberont tout entiers, et par conséquent aussi un mont en se dirigeant, en se penchant pour ainsi dire vers un autre plus énergique, vien-

1. Nous avons dit (page 198) ; Si les monts sont hors de leur place, ils participent des défauts où dos qualités des monts vers lesquels ils se dirigent; et do ceci, nous avons donné des exemples dans nos portraits placés à la fin de ce livre. Toutefois, nous ferons volontier.s ici une explication plus spéciale.

Vin

cira apporter à celui-ci ses instincts, cjne modifiera l’instinct principal de la planète, ou du mont son représentant, c{ui l’attire.

Si, par exemple, le mont de Jupiter se penche vers le mont de Saturne, c’est une modification triste, sérieuse, parfois fatale ( et le parcours de la saturnienne éclaire à ce sujet) des inclinations inspirées par Jupiter. C’est souvent noble désir de réussir dans les sciences, religion sérieuse, ambition académic{ue , selon les significations des autres signatures de la main. Car, en Chiromancie comme en tout, on peut indicjuer des règles principales, mais elles sont incessamment modifiées, parce c{ue la diversité, dérivant de l’unité, est la loi de la nature.

Un homme ! cent mille hommes divers !

Un arbre! cent mille arbres différents !

Si c’est le mont de Saturne cjui se penche vers Jupiter, c’est l’ambition qui l’emporte sur la science, c’est le désir de briller par les choses sérieuses, de se faire un renom d’aust(irité, de se conquérir la réputation du savant, sans même en avoir le mérite; cela annonce aussi une réputation, une renommée mêlée de malheur, attirées l’une et l’autre par un immense orgueil.

Le mont de Saturne est rarement en saillie, nous dit-on ; c’est encore vrai, parce que Saturne est la fatalité non pas absolue, nous ne l’admettons pas, mais la fatalité probable, modifiable toutefois, et que la fatalité d’une existence est souvent la conséquence d’un instinct puissant; et aussi, parce que, par son inclinaison à droite ou à gaucho, le mont do Saturne indique l’instinct qu’il faut combattre.

11 l’indique bien i)lus en ne se montrant pas, en laissant dominer, voyant, apparent dans la main, pour l’instruc-

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

tion de rhumanitc, ou Vénus, ou Mercure, ou Mars, ou la Lune, ou le Soleil, ou Jupiter excessifs, c’est-à-dire l’amour matériel, la ruse, l’imagination exagérée, l’orgueil immense, l’ambition sans bornes, qui sont évidemment dans la vie autant d’écueils, autant de dangers.

Les lignes sont la partie sensitive, intelligente de la Chiromancie; elles modifient l’action des monts, et la saturnienne suffit et au delà pour remplacer le mont de Saturne. Pour expliquer son importance immense, nous avions dit déjà, page 2 i3, que les Esquimaux, condamnés à vivre dans un dur climat, n’avaient pas de saturnienne, et voilà que nous apprenons qu’un savant, un anthropologiste fameux, M. Serres, établit par suite d’expériences nombreuses et irrécusables, que la saturnienne, qu’il nomme le pli caucasique, ne se trouve que chez les individus de la race blanche ou de ses différentes variétés.

Nous avons été averti de ceci par Édouard Fournier, fauteur du Vieux-Neuf, de Paris démoli, etc., etc.; le grand chercheur, le grand trouveur, le grand érudit, qui, par ses nombreux écrits scientifiques, et la monumentale Histoire de Paris qu’il écrit en ce moment, saura se faire ouvrir un jour ou l’autre les portes de l’Académie.

Nous pourrons dire à M. Serres, que nos expériences nous ont appris que tous les hommes condamnés à une vie jiénible et végétative^ môme dans la race blanche, n’ont pas de saturnienne. Souvent elle manque dans la main des gens du bas peuple et des valets de paysans, dont les souffrances seraient intolérables s’ils étaient nerveux et sensitifs.

Il y a toutefois des monts de Saturne en relief. Nous prendrons pour exenqjJe une main célèbre, celle de Victor Hugo.

A PROPOS

Cette main (une main gauciie, moulée en cire) nous a été * montrée. Le moulage de la main droite nous manquait pour contrôler, modifier ou confirmer ce que dit la main gauche.

Personne ne respecte, n’admire plus que nous le talent de ce grand poëte. Qu’on nous permette de ne voir ici qu’une main, et d’en tirer des conséquences chiromanciques.

Dans cette main, dont nous ne pouvons maintenant faire la complète description, le mont de Jupiter est immense, et tellement développé qu’il empiète sur le mont de Yénus,' et recule l’attache du pouce, qui se trouve placé chez lui plus bas qu’il ne l’est d’ordinaire. Et puis, il enveloppe tellement le mont de Saturne, ou le mont do Saturne est tellement saillant par lui-mème, que ces deux monts se confondent ensemble et qu’on ne peut les séparer. Le mont de Saturne forme môme une pointe, une cime, et il y a dans cette main étrange cela de particulier, que la plaine de ]\Iars, presque toujours en creux chez les autres hommes, se développe chez lui en saillie, de manière que Jupiter, Saturne et la plaine de Mars se tiennent ensemble en relief. Si nous y cherchions une application pour l’instruction de nos lecteurs, voici ce que nous pourrions déduire de ceci :

Ainsi réunis, l’orgueil (le mont de Jupiter excessif) et la destinée devaient amener une fatalité très-heureuse ou trèsremarquable, couronnée par les succès ambitieux, la richesse. Sa vie eût été des plus fortunées et la plus brillante ; et une position élevée se fût inévitablement et paisiblement présentée, sans le développement étrange, inusité de la plaine de Mars, qui amenait la lutte nécessaii'e, la lutte fatale, la lutte de toute la vie.

Et, en effet, la lutte est chez Victor Hugo lo levier de

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

l’existonce, l’axe de la destinée. C’est par la lutte intelligente qu’il est parvenu tout d’abord à fixer l’attention des hommes, et c’est par les talents supérieurs qu’il a montrés dans les luttes littéraires, qu’il a été porté à la gloire, aux honneurs. C’est en combattant à outrance le classique et l’Académie, qu’il est arrivé au fauteuil académique, et plus tard à la pairie qu’attirait la violence involontaire de ses ambitieux désirs. Jupiter et Saturne en eussent fait un homme envié. Mars en a fait un génie.

Mais Mars a demandé son salaire, et a brisé la saturnienne, qui serpente dans sa plaine.

En suivant ces données, on comprendra que le mont do Mercure, en se penchant vers le Soleil, joigne au désir de l’art la science et la perspicacité. Le mont de Mars, porté vers le mont de Mercure, donnera l’énergie dans ce qui dépend de Mercure, et surtout par conséquent l’éloquence, la verve intelligente; s’il s’abaisse vers la Lune, il apportera une énergie plus grande à l’imagination. Le mont de Vénus plus fort vers le haut donnera plutôt la charité ; gonflé vers le bas, il portera davantage aux plaisirs matériels.

Nous n’en dirons pas plus à ce sujet, certain que nous sommes que nos lecteurs nous auront cette fois parfaitement compris.

Nous avions dit, dans nos premières éditions, sur la foi de la tradition, qu’une île est toujours une chose hontei*se. Une longue expérience nous a appris que la tradition ne doit pas si rigoureusement être prise au mot. Une île dans la ligne de vie, dans la ligne de tète, dans la ligne du cœur, annonce souvent, trop souvent, une maladie héréditaire, ou au moins une aptitude à une maladie d’estomac, de tête, de cœur.

A PROPOS

Une grille sur le mont de Vénus donne évidemment du raffinement, de la recherche en amour, mais cet amour ne mérite le nom d’obscène que lorsqu’à la grille vient s’ajouter l’anneau de Vénus brisé ou double, et encore, une belle ligne de tête peut dominer ces instincts, et môme en tirer une plus grande énergie pour les choses utiles; nous l’avons déjà dit dans nos portraits.

Une ligne de tète, séparée de la ligne de vie, disions-nous, est signe de vanité et de sottise; cela est vrai en effet, fatalement vrai, si la main est inintelligente.

Une ligne de tête, séparée de la ligne de vie, dans une main d’ailleurs intelligemment douée, indique seulement alors des coups de tète, une grande confiance en soi, et si cette ligne de tète se dirige vers le mont de Jupiter (et que le mont do Jupiter soit favorable), cela signifie que ces coups de tète, quels qu’ils soient, seront favorisés par Jupiter, et par conséquent en réalité plutôt utiles que nuisibles.

Nous n’avons pas assez défini la croix mystique, nous a-t-on dit :

La croix mystique se trouve sous le doigt de Saturne, entre la ligne de cœur et la ligne de tète, dans l’espace qu’on appelle le quadrangle ; elle est placée en travers, en croix de Saint-André, comme on peut le voir à la page 2o0. Elle indique, on le sait, des dispositions au mysticisme, à la superstition même, si le reste de la main y concourt.

(tn nous a demandé ce que c’était que le sceau de Jupiter, de Saturne, etc.

A la page 2M , tous les signes des astres sont représentés : le signe ou le sceau de Jupiter est sur le mont do Jupiter, et le signe ou le sceau de Saturne sur le mont de Saturne, et ainsi des autres.

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

Nous avons dû, pour inioux faire comprondre notre système, diviser le pouce en trois phalanges, tout en indiquant que la troisième phalange consiste réellement dans le mont du Pouce. La médecine, nous le savons, n’admet que deux phalanges, bien qu' ostéologiquement le pouce soit composé de trois os. Extérieurement, visiblement, il est divisé en trois parties, qui, pour nous, représentent les trois mondes.

Arrivons maintenant à la grande discussion, à la guerre qui nous est faite par les ennemis de 1 astrologie.

Les matérialistes, les gens positifs, s irritent grandement de nous entendre dans nos expériences employer les noms des astres.

Ils veulent bien, a la rigueur, admettre que les formes du corps soient en rapport avec les instincts, et que l’on puisse, à l’aide d’une grande sagacité, en étudiant celles-ci, deviner les traits les plus saillants du caractère des hommes. On est pour eux plus ou moins habile en combinaisons basées sur la physiologie.

Mais de l’influence des astres ils ne veulent pas en entendre parler, et des signatures astrales encore bien moins.

Ils aiment mieux, en présence du fait, vous accorder une intelligence surhumaine, s’il le faut, que de faire à ce sujet la moindre concession.

Les astres n’ont pas d’influence sur la terre, ils ne sortent ' pas de là.

A'^oyons si l’on ne pourrait trouver en quelques mots des preuves de cette intluence.

— Le soleil a-t-il de l’influence sur la terre?

-- Oui, à coup sûr.

— La lune a-t-elle de l’influence sur la terre?

— Cette influence a été longtemps contestée, sur les ma-

rées, sur les menstrues, sur les lunatiques, sur les métaux, le verre, etc.

Mais dernièrement, et au moment môme où l’on niait le plus obstinément la chaleur de la lune, un chimiste italien invente justement un instrument très-sensible, il est vrai, mais qui prouve d’une manière incontestable que la lune envoie une chaleur sur la terre.

La lune a donc aussi une influence sur notre globe.

L influence du soleil et de la lune étant admise, pourquoi les autres astres principaux, relativement à notre terre, n’auraient-ils pas aussi leur influence sur elle?

Raisonnons un peu.

La lumière, 1 Académie a été forcée de le reconnaître, contient magnétisme, électricité.

Or donc, partout où sera la lumière se trouveront aussi nécessairement électricité et magnétisme.

Si, par la vue, nous sommes en rapport de lumière avec les astres, nous sommes avec les astres en rapport d’électricité et de magnétisme.

Il n’y a pas a sortir de là. Jusqu’à preuve du contraire, et on nous donnera diflîcilement cotte preuve, nous prétendons que les anciens n’avaient pas tout à fait tort en admettant l’influence puissante des astres sur la terre.

Paracelse va plus loin, et il pourrait être dans le vrai. Paracelse prétend que toutes les étoiles sont en communication directe avec la terre, et qu’elles répondent à une importante découverte.

Selon lui, il y a des étoiles qui ne se font voir, qui ne s’illuminent pour la terre que lorsqu’il se fait sur notre globe une invention éclose par l’influence même, par Vinspiralion de cotte étoile.

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

Du reste, nous n’avons pas le moindre entêtement, et nous ne demandons qu’à nous instruire.

Qu’on nous explique clairement, et par des combinaisons naturelles, les rapports harmoniques entre telle ou telle forme du corps, telle ou telle ligne de la main , et les instincts avec lesquels cette forme, cette ligne, sont en correspondance, ce qui, en résumé, constitue l’alphabet de nos lectures astrales, et nous sommes prêt à adopter ce système.

Un savant, un médecin célèbre, d’un grand mérite, Cabanis, a fait un livre sur ce sujet même; mais que devons-nous penser de Cabanis ?

Il écrit tout un gros volume pour arriver à prouver que les organes de la génération, le climat, les aliments, etc., ont de l’influence sur le cerveau ; qu’une convulsion de l’estomac suffit pour faire tomber un individu sans connaissance ; en un mot, que I’estomac gouverne la cervelle! Et lui, le savant, l’anatomiste, toujours penché sur des viscères, il ne voit pas que la lutte est la loi suprême, que le bien lutte avec le mal, le jour avec la nuit, le calme avec la tempête, et la partie matérielle de l’homme avec sa partie divine !

Et il ne voit pas cela, parce qu’il ne veut pas regarder en haut, celui qui crie à Bernardin de Saint-Pierre, en pleine séance de l’Académie : « Il n’y a pas de Dieu ! »

Et pourtant, à la fin de son livre, tourmenté par le doute, effrayé peut-être de son œuvre même, il avoue la suprématie du système cérébral. « Il n’en est aucun, dit-il, qui doive exercer, d’après les lois de l’économie vivante, une somme d’action plus constante, plus énergique et plus générale. )) Et il donne une foule de preuves de cette supré-

matie. Les hésitations de Cabanis ne sont pas faites pour nous convaincre.

Ou’on nous permette donc de garder, jusqu’à ce que des preuves plus fortes nous arrivent, nos traditions, respectables par leur antiquité môme, puisque leur origine se perd dans la nuit des temps, et qu’on les dit antérieures au déluge; respectables aussi par la sanction des grands hommes de l’antiquité et du moyen âge.

Ou’on nous permette aussi de croire que la médecine et l’astronomie se refuseront à un véritable progrès tant qu’elles- n’admettront pas les influences astrales.

Mais le temps marche et les entraîne, et le progrès se fera tout seul. Un jour ou l’autre, un homme se fera célèbre en ouvrant à la science le champ immense des harmonies et des rapports de toute la nature, des harmonies et des rapports du ciel, de la terre et de ses trois règnes.

Ne nous a-t-on pas parlé, tout récemment, d’un jeune médecin. Octave de Scelles, de Montdésert, qui est parvenu à guérir la goutte par l’emploi des plantes saturniennes ?

Et, à l’heure présente, la médecine n’est-elle pas emportée vers l’emploi de l’électricité, la lumière, la source de la vie, le grand agent magique des anciens, comme emploi curatif?

N’est-ce pas dans un but semblable, et tourmentés du vague pressentiment d’un résultat que devait apporter seulement l’avenir, que les anciens alchimistes cherchaient dans l’électricité, qu’ils appelaient Vâme du monde, cette panacée universelle, ce >.î6c; cp'.X&aocpwv, qui devait leur donner à la fois l’or matériel : la richesse, et l’or de l’existence : la santé?

DE LA QUATRIÈME ÉUITIOIS

N’était-ce pas clans Vâme du monde ciu’ils chercliaient aussi ce c[ue donne peut-être maintenant, mais imparfaitement encore, le magnétisme ; une communication avec un autre monde, communication toujours dangereuse, puisqu’elle est inhérente au vertige?

L’électricité, comme on l’applique de nos jours, n’est-ce pas le XîOo? cpiXocTo'cpwv ?

Elle mènera peut-être à la fabrication de l’or, c|uand l’or aura perdu déjà sa supériorité non pas métallique, mais monétaire, par l’abondance , la profusion ; mais elle mènera à coup sûr, un jour, à la guérison de tous les maux; car l’électricité est la vie de la nature.

N’est -ce pas un désordre électrique qui amène les orages ?

N’est-ce pas un désordre électrique qui trouble la santé?

N’avons-nous pas vu des miracles faits par l’électricité?

N’avons-nous pas vu des paralytiques complètement guéris en quinze jours?

N’avons-nous pas vu des gens arriver avec des béquilles, et, huit jours après, marcher sans bâton?

Que de prodiges de ce genre, que de guérisons innombrables n’a pas faites M. Beckensteiner, de Lyon, dont le beau livre des Études sur l’électricité nous est tombé par hasard entre les mains !

Que de guérisons ne fait pas encore, à Paris, le docteur Poggioli, son élève !

Où n’arrivera-t-elle pas, avec le temps, cette science qui fait de pareilles choses à son début?

Que ne fera-t-on pas en appliquant, un jour, l’électricité modifiée selon les conformations de chacun, et, par conséquent, selon les besoins, les nécessités, l’harmonie de chaque

A PROPOS

personnalité, distribuée intelligemment, en consultant les signatures des astres, en employant, par des courants, comme M. Beckensteiner l’indique et l’essaie, l’or, l’étain, le cuivre, le fer, l’argent, pour les maladies du Soleil, de Jupiter, de Vénus, de Mars, de la Lune?

Nous le savons ; ces choses dites maintenant feront sourire ; mais nous nous haussons au-dessus du temps présent pour regarder l’avenir.

Si nous en croyons les chimistes, il n’y a pas une plante qui ne renferme, réunis en elle, le fluide positif et négatif.

Et comme tout est harmonie dans la nature, le docteur Reichenbach prétend, dans ses Lettres odiques-magnétiques, que dans le corps de l’homme sont renfermés deux fluides, visibles pour les sensitifs.

Selon lui, le côté gauche de l’homme est électrisé positivement; le droit, négativement.

Les sensitifs (c’est ainsi qu’il appelle des personnes extranerveuses qui en arrivent à voir dans l’obscurité, après un séjour plus ou moins long), les sensitifs voient sortir une lumière des mains et des pieds de l’homme ; cette lumière est rouge jaune à gauche (positive), et elle est bleue à droite (négative).

Pour les sensitifs, les plantes sont soumises aux mêmes lois, depuis la racine jusqu’aux feuilles.

M. Reichenbach prouve en outre, une fois de plus et par une foule d’expériences, un fait irrécusable et prouvé depuis longtemps ; la répulsion des semblables et l’attraction des contraires.

Il prétend que chez l’homme le fluide positif domine, et que le fluide négatif domine chez la femme.

De son côté, voici ce qu’affirme M. Bcckensteincr, et ceci est basé sur des expériences nombreuses ^ :

« Dans la saison des amours, une boule de sureau électrisée positivement a été attirée à la distance de o à 6 centimètres par les parties génitales d’une chatte, en donnant une étincelle; tandis qu’une boule saturée de la môme électricité était repoussée par le chat, et qu’une boule électrisée négativement était attirée par lui, comme la boule électrisée positivement avait été attirée par la femelle. »

Si l’on admet, et il est difficile de ne pas l’admettre, que l’homme et les animaux inférieurs subissent les mômes lois naturelles, ne pourrait-on pas, dès lors, se rendre compte de certaines attractions, certaines sympathies, inexplicables dans la société humaine? Une femme chez laquelle le principe négatif domine énergiquement n’attirera-t-elle pas, sympathiquement, magiquement môme, en écartant toute idée matérielle, un homme chez lequel se trouve surabondance du principe positif? et vice versâ.

N’expliquerait-on pas ainsi la passion incompréhensible et fatale de certaines femmes vertueuses pour des hommes de mauvaise conduite?

Nous avions parlé do ces attractions, de ces envoûtements, en les expliquan^iar les influences astrales, dans un voyage en Suisse, qui fut publié en feuilletons, l’année passée, dans le Journal des Voyages^ et qui va bientôt paraître en volume^.

Et dans la relation do ce môme voyage, dans le numéro dji 24 juillet 1 8.49, nous parlions dans le môme sens, et nous

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