GENS A ÉVITER
On rencontre dans la vie des personnes trop faibles pour résister à des instincts qui les rendent dangereuses pour les autres. Elles remplissent parmi les hommes l’ofilce que
remplissent chez les animaux les tigres et les vautours. La Providence a imposé à tout être nuisible un type particulier : nous croyons utile de signaler quelques-uns de ces types à nos lecteurs.
Nous rangerons dans la catégorie des personnes à éviter les femmes débauchées, avides et artificieuses, les assassins, ou au moins les hommes portés par instinct au meurtre; les voleurs et les menteurs. On sait déjà que nous ne prétendons donner que des généralités. Tout homme qui voudra étudier.sérieusement la chiromancie trouvera facilement de lui-même les exceptions, les modifications et
les palliatifs.
Parmi les femmes faciles, il y a plusieurs catégories : nous choisirons les deux principales, celles qui se livrent par amour, et celles qui se livrent par intéiêt.
Nous avons déjà parlé à l’article luxure, des femmes
de plaisir : au pouce court , aux mains grasses, molles , potelées, sillonnées par Panneau de Vénus. Nous ajouterons ici ces autres signatures ; — une double ligne de vie (ligne de Mars) longue et rouge; - des points rouges sur la racine du doigt auriculaire ; — la ligne de la voie lactée (via la^civa) dans les deux mains; — le mont de Vénus très- élevé, très-bombé et très-rayé; — la ligne de cœur bifurquée au départ; — des lignes nombreuses dans la plaine de Mars. lœs femmes , avec des mains grosses, grasses et ressemblant à des mains d’hommes , et les femmes à peau blanche, avec des veines bleues, et aux formes développées, peuvent être rangées dans cette catégorie; mais seulement si elles ont dans les mains
quelques-uns des signes que nous venons d’indiquer, ou le pouce court et Vanneau de f^'énus.
Les femmes avides et artificieuses sont assez grandes ou de taille moyenne, elles ont la peau noire, les cheveux noirs, collés sur les tempes, sans ondulations, et les yeux brillants et venimeux, le teint pâle, les épaules hautes, les sourcils noirs, presque joints, le front bas et le crâne déprimé, les reins droits, le nez pointu et les narines un peu ouvertes ; des dents très-blanches dans la jeunesse, mais qui se gâtent avec facilité ; des formes masculines, bien que souvent maigres, la mâchoire large, les pommettes saillantes. Leurs mains sont ordinairement longues, sèches, noueuses, et la ligne de cœur est sans rameaux ; la ligne de tête est longue et droite. Leurs mains peu vent aussi prendre les signatures de la luxure, car elles peuvent réunir la passion matérielle à l’avidité.
Les gens portés au meurtre , ou les assassins sont ou très-rouges de peau, ou verts. Les gens à peau rouge seront portés au meurtre par la colère ou la débauche ; les autres par l’instinct du mal. Les premiers auront les yeux brillants, rudes et fixes en parlant; les autres auront les yeux ternes, secs et cruels. Les uns et les autres auront des mains mal faites, aux doigts tordus, au pouce en bille, surtout si la main est ferme. On distinguera dans leurs mains, sinon tous, an moins quelques-uns des signes qui suivent : des lignes peu creuses, mais de couleur obscure sur la phalange matérielle du doigt de Mercure; — une ligne sœur de la vitale, mais seulement dans le bas;— la ligne de tète 'rès-grosse, très-profonde,
avec de petites lignes de couleur foncée ; — la ligne do tête accompagnée d’un cercle ou de deux cercles; — la ligue de tête faisant angle avec la ligne de cœur, et séparée de la vitale ; — des ongles très-courts et recourbés.
La ligne de vie enflée au départ entre le pouce et l’index — des points rouges ou des granulations rouges placés sans ordre sur la ligne de vie; — la ligne de tête, rouge, profonde, tortueuse (homicide par suite de colore); deux figures demi-circulaires dans la plaine de mars; — la ligne de vie très-épaisse dans tout son parcours; — la ligne de cœur recourbée à son point do départ et descendant en formant un demi-cercle dans la ligne de tête où elle se perd avant d’arriver à la ligne de
Yîe. Une croix dans la plaine de mars indique aussi
un homme batailleur et ardent a la rixe.
Quant aux voleurs, ils ont les doigts longs, maigres, secs, noueux et spatulés ou pointus : chicane et mauvaise foi ; la chirognomonie ne va pas plus loin sur ce point.
La chiromancie leur donne : Des grilles sur le mont de Mercure. La ligne de tête tortueuse, brisée et de diverses couleurs : De grosses lignes rouges partant de l’auriculaire, et sillonnant le mont de Mercure : Une grosse ligne comme une incision dans le doigt auiiciilaire. S’’ phalange : Des lignes en rameaux ou en croix sur l’auriculaire, 3^ phalange : Une croix sur le mont de Mercure. Une croix dont l’extrémité des branches se recourbe en dehors, sur la troisième phalange de l’auriculaire indiquera le voleur qui ne reculera pas devant l’assassinat.
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Les voleurs ont ordinairement des yeux très-mobiles, le regard incertain, les paupières à demi closes, le menton pointu, les reins droits, les épaules rondes, les cheveux souvent rudes et crépus, blonds ou rouges, avec des sourcils très-blonds ; le teint couleur de miel et changeant; les voleurs capables de tuer ont la peau rouge.
Les menteurs ont souvent le mont delà lune très-développé, les doigts pointus, le pouce court, la ligne de tête bifurquée près de, la percussion de la main — les doigts mal joints et l’intérieur des doigts creux — la ligne de tête courte et discontinue, — la ligne de tête séparée de la ligne de vie et l’intervalle laissé entre les deux lignes rempli par des grilles.
MANIÈRE d’appliquer LA C II I R O GN O M O N I E ET LA CHIROMANCIE.
On peut, dans l’étude de la chiromancie, suivre la marclie que l’on préfère. Toutefois, nous croyons devoir donner ici notre manière de procéder, adoptée à la suite de nombreuses expériences.
Nous commençons d’abord par le système d’Arpentigny et nous interrogeons de suite le grand mobile de la vie, la volonté, représentée par la première phalange du pouce; nous passons à la logique, qui est représentée par la seconde. Gela fait, nous examinons l’extrémité des doigts : carrés, pointus, spatulés ou mixtes. Nous étudions avec soin leur forme,' soit lisse , soit modifiée par les nœuds philosophiques ou d’ordre matériel. Nous*
regardons à leur base si les goûts matériels dominent; puis nous voyons si les doigts sont plus longs que la paume, si la paume l’emporte en longueur sur les doigts, ou si les doigts et la paume sont d’égale longueur. Nous tâtons la main pour savoir si elle est molle ou
dure, paresseuse ou active.
Alors nous consultons la cliiromancie dans la paume
de la main.
Nous examinons d’abord les monts, et nous regai dons celui qui l’emporte sur les autres par son développement relatif.
Au premier coup d’œil nous avons appris que la passion dominante est, soit l’amour, soit 1 imagination, soit l’ambition, l’art, la science ou le commerce.
Pour savoir si ce goût principal est energiquement protégé, nous interrogeons les trois lignes principales,
le cœur, la tête et la santé.
Puis, pour connaître les probabilités de succès de sOxi action pour le bonheur ou du moins pour la leussite de l’homme dans la vie, nous suivons la ligne de chance dans son parcours et nous notons les places où elle s airête et se brise, soit dans la plaine de Mars, soit a la ligne de tête, soit à la ligne de cœur ; si la ligne de chance creuse â travers tous ces obstacles un sillon triomphant et va s’arrêter à la première jointure du doigt de Saturne, nous pouvons répondre du bonheur ou de la réussite. Mais si elle s’avance un peu plus, si elle pénètre dans la première phalange, c’est un grand malheui. L’excès en tout est un mal.
Si la ligne de chance est brisée, arrêtée, tortueuse, nous regardons les monts l’im après l’autre, Jupiter d’abord. A-t-il des croix, des étoiles, des lignes? tout est bon si ces lignes ne sont pas en travers ; Jupiter nous protégera. Une ligne de soleil prenant du bas de la main peut aussi remplacer ou corriger la saturnienne ; Mercure, s’il se penche vers le soleil, donnera la science, l’éloquence, et ces qualités compenseront la chance mauvaise; mais si le mont de Mars est plein, sans rides, et si, ce qui arrive presque toujours alors, le mont de la lune est aussi plein et uni, nous respirons à notre aise, nous voyons la résignation, et le calme d’esprit triompher do toutes les misères de la vie.
Salut à la résignation sainte, la première de toutes les vertus dans la lutte ; avec elle Diogène brise son écuelle ; avec elle Socrate se prépare, en souriant, à la mort; avec elle le pauvre est roi; sans elle, le riche est esclave et tremblant.
Avec la résignation et le calme, toute passion développée dans la main et bien employée peut remplacer la saturnienne et se creuser un nouveau bonheur.
Nous étudions la forme des doigts selon les données astrologiques. Jupiter pointu nous donnera la contemplation importante pour un artiste; Saturne, large et enflé à la phalange onglée, nous indiquera la tristesse, le dégoût delà vie, la tentation horrible du suicide, legoùt des opérations magiques, des croyances superstitieuses, l’idée de trouver des trésors cachés ; l’annulaire spatulé, un peu gonllé à la phalange philosophique, indiquera un
riG8 LES MYSTÈRES DE LA MAIN.
vif goût pour les arts; Mercure, avec un nœud à la première phalange, indiquera le savant, le chercheur.
Pour terminer notre travail, nous examinons les points, les croix, les étoiles, les carrés, les ronds, les rameaux, les lignes courbes ou brisées et leur couleur, les îles, les chaînes, les grilles, les triangles, toujours en aj^ant soin de les modifier selon la place où elles se trouvent, sur Mars, Jupiter, le soleil, etc.
Puis nous faisons un résumé du tout ; les instincts les mieux secondés l’emportent sur les autres et les dévorent; le bien l’emporte sur le mal; le mal l’emporte sur le bien ; nous calculons la force d’action et la résistance, nous comparons ; et d’après les instincts généraux plus ou moins nobles, nous classons nos mondes : le premier monde du soleil, par exemple, sera la gloire basée sur l’aspiration vers le beau ; le second, la célébrité basée sur l’ambition; le troisième, la fortune, et ainsi des autres monts.
Le travail terminé, nous faisons notre calcul et nous disons religieusement ce que nous dicte notre conscience.
Ce travail lent et un peu difiicultueux, dans les premiers temps, se fait ensuite avec une grande rapidité , c’est le même effet que dans l’étude de la lecture. 11 faut balbutier l’alphabet, épeler les mots, et puis l’on sait lire.