ARGUMENTS DE M. LUCAS
Le docteur Garus développe , pour expliquer la forme extérieure du crâne en harmonie avec la forme intérieure.
un système qui nous paraît ingénieux, sinon convaincant, et nous nous faisons un devoir d’en donner ici un résumé.
Selon lui, les objets cachés se révèlent toujours à la surface par des similitudes. La nature possède une immense variété de moyens pour écrire en lettres symboliques, faciles à déchiffrer pour le savant, les choses dont l’intérieur serait destiné à rester caché.
Ainsi la division extérieure du crâne humain en trois zones distinctes: partie antérieure, partie du milieu, partie postérieure , indique merveilleusement les trois principales divisions du cerveau placées justement ainsi a l’intérieur. Il en serait de même de l’enveloppe osseuse du crâne, qui offrirait la ressemblance parfaite du développement intérieur du cerveau dont elle épouserait les formes. « Ou comprendrait facilement alors', dit M. Carus, que la signature des trois parties du crâne gardât son impoi'tance supérieure, et que sa superficie, par un travail, un perfectionnement quelconque, pût se hausser ou se creuser en bosses ou en cavités, et l’on pourrait, en partant de là, facilement admettre que la signification psychique des p»rotubérances du front soit en rapport plus direct avec les modifications de l’intelligence comme celles du milieu de la tète avec les sentiments, et celles de la partie postérieure avec les volontés et les désirs. » Tout ceci est fort ingénieux, mais si l’expérience a prouvé et prouve encore tous les jours que telles ou toiles passions, telles ou telles études modifient la forme du crâne, et si les médecins d’un autre côté (et il faut
1. Sÿiiibolik der Menschlichcn (/estait (traduction inédite).
pourtant tenir compte de leur manière de voir) s’accoi^dent à reconnaître que le cerveau, protégé par ses enveloppes, est aussi indépendant du crâne que l’œuf l’est de sa coquille et ne subit, par conséquent, aucune des modifications qui se font remarquer à l’extérieur; que deviendra le système de M. Carus? Il nous semble que ririfiuence fluidique dont nous venons de parler, en expliquant à la fois les protubérances du crâne et l’immobilité du cerveau, mettrait tout le monde d’accord.
Quelques adversaires de la phrénologie, M. Lucas entre autres dans sa Chimie nouvelle , donnent des raisons qui méritent la peine d’être discutées, et qui pourraient, loin de nuire â la phrénologie , lui faire faire un pas en avant.
« Lorsque les phrénologues, dit-il, venant à localiser, ajoutèrent que le plus gros lobe, le plus vaste, était aussi celui qui dominait l’organisme, ils tombèrent dans le complexe, môme dans la contradiction physiologique ; car il est avéré également en physiologie qu’un organe plus long que ne le comporterait une certaine harmonie relative, est frappé de défaillance, au moins de faiblesse comparative. On cite â l'appui de cette opinion si vulgaire les longs cous, les longs bras, les longues jambes, tandis qu’un homme dit trapu est l’expression pour exprimer une force qui a son principe dans la condensation musculaire '. »
Lt il ajoute un peu plus loin :