‹ Les mystères de la mainChapitre 137 sur 203 · r. 402. Chimie nouvelie · texte numérisé non relu

r. 402. Chimie nouvelie

« Nous pourrions conclure pour l’homme ce que l’on doit conclure dans le reste de la naturepour les animaux, les végétaux et les sels : c’est qu’une distension comparative est toujours un signe de dispersion de mouvement »

Un argument de cette sorte prend, par l’analogie, c’està-dire eu égard à l’harmonie des lois naturelles, qui ne trompe jamais, une importance que l’on ne peut se dissimuler. Et nous adopterons l’idée de M. Lucas, en partie du moins.

Nous croyons comme lui, et c’est, il nous semble, ainsi que procèdent les phrénologues les plus habiles, que la condensation des organes indique une plus grande énergie que leur extension ; nous croyons que les organes en forte saillie (ou trapus si vous voulez) sont ceux qui démontrent le plus certainement la qualité indiquée ou découverte par les longues et laborieuses observations des maîtres. Mais il est évident que les organes en extension ont aussi leur qualité particulière, et ceci est un champ ouvert aux observations des phrénologues. No trouverait-on pas là encore la division, la force active et la force passive, Jakin et Bohas comme partout et toujours? C’est une nouvelle étude à faire, mais cela n’infirme en rien la science. Si l’on vient nous dire que souvent de beaux fronts, selon la phrénologie, ne tiennent pas tout ce qu’ils promettent, nous admettrons sans discussion un fait qui serait peut-être dilficile à prouver d’une manière positive. Nous l’admettrons si l’on se con

*■ Chimk nouvelle, p. 494.

tente de juger tous les hommes au point de vue d’une seule et même intelligence. Nous ferons seulement ol)server que ce ne serait pas suivre alors les lois de la nature, dont le but est la variété.

Si l’on divisait la phrénologie en trois mondes, et si, après avoir consulté la généralité de ses instincts, on jugeait chaque individu en le plaçant dans le monde auquel il appartient, on trouverait peut-être que tel homme dont le crâne annonce une haute intelligence, et qui n’a qu’un esprit ordinaire ou même au-dessous de l’ordinaire, se trouverait être un homme d’une haute conception dans le monde qui lui est propre et pour lequel il a été spécialement créé.

Spécialement ! spécialement ! avec défense d’en sortir. On nous parlait d’un mécanicien, et le fait n’est pas rare, qui a trouvé des inventions magnifiques, et qui, dans la conversation, et même dans l’énoncé de ses idées , reste au-dessous de l-homme ordinaire et se rapproche de l’idiot.

Jugez cet homme d’après les apparences phrenologiques et faites-le causer, et vous rirez de bon cœur de la vanité de la science. Cependant vous serez complètement dans votre tort. Ce sont les apparences qui sont si funestes au progrès, surtout dans un pays comme le nôtre, disposé

à l’incrédulité et à la raillerie.

M. Lucas dit que beaucoup de fronts fuyants sont des types d’imagination, et en cela il a raison,— et la phrénologie aussi. — Les fronts fuyants ont fatalement les qualités perceptibles, celles qui font briller, ties-dcve-

loppées ; ils peuveut avoir, s’il le faut, les organes de l’idéalité et la merveillosité énormes ; il n’en faut pas davantage pour étinceler d’imagination; il leur manque seulement la causalité et la comparaison qui les gêneraient infiniment, et détruiraient leurs aspirations merveilleuses, car alors il y aurait combat entre la raison et la poésie.

Ajoutons que souvent la calvitie, qui étale un grand luxe de crâne, donne parfois 'une apparence intelligente aux gens les plus ordinaires.

Les cheveux plantés très-bas dissimulent aussi l’ampleur des organes.

En résumé, on peut dire aux adversaires de la phrénologie qui l’attaquent sans se donner la peine d’avancer des arguments de la valeur de ceux de M. Lucas : Victor Hugo a-t-il un front énorme? — Oui. — N’a-t-il pas une admirable organisation ? — Oui.

Voici qui prouve en faveur du système. Eh bien ! montrez-nous un homme de génie avec le front déprimé d’un crétin, et nous vous donnerons gain de cause ; mais tant que vous ne nous aurez pas donné cette preuve, et nous vous mettons au défi , vous nous permettrez de croire que ce n’est pas la phrénologie qui est sujette à l’erreur, mais que c’est vous qui ne comprenez pas la phrénologie.

LA CHIROMANCIE PLUS FxVCILE A EXERCER A PREMIÈRE VUE QUE LA PHRÉNOLOGIE.

Qu’y a-t-il d’étonnant que l’électricité allant des mains üu cerveau et du cerveau à la main par la communica-

tion des nerfs, écrive dans son passage continuel d’un côté la fatalité qui vient des astres, et de l’autre les volontés qui viennent du cerveau, et les passions qui réagissent sur le cerveau?

Pourquoi chaque organe de la tête n’aurait-il pas son représentant dans la main, comme l’affirme la chiromancie et comme le prouve la parfaite entente des deux systèmes? Et ceci admis, et ceci est incontestable, la science des mains, chirognomonie ou chiromancie, serait bien plus facile h exercer et partant bien plus utile que la phrénologie. De l’aveu des phrénologues, il faut plusieurs heures pour étudier les organes d’une tête, et par conséquent profiter de la connaissance des qualités ou des défauts des personnnes dont on veut étudier les instincts, il faut donc que l’on se prête complaisamment à cette expérience ; et il est rare qu’on le permette, surtout lui'oque, ce qui arrive toujours dans le commerce guerroyant de la vie, on a intérêt, pour l’attaque ou pour la défense, à dissimuler sa pensée.

Pour la chirognomonie, il faut une seconde, un clin d’reil pour savoir à. qui l’on a affaire. U faut, il est vrai, pour la chiromancie ^ N o\Y la main ouverte, mais quelques moments suffisent.

J'it ce n’est pas tout encore : en chiromancie, 1 erreui , (juant aux places, n’est pas possible.

Les monts, les lignes sont traces de maniéré a ne pouvoir s’y méprendre. La moindre déviation, la moindre rupture se remarquent au premier coup d’ceil. On peut conq^iarer, étudier facilement, ii son aise, liie comme dans un livre.

11 n’en est pas ainsi de la phrénologie.

Outre les difTicultés dont nous avons parlé déjà, il faut pour être un véritable phrénologue, et je le tiens des adeptes eux-mêmes, un sens exquis de toucher, qu’ils appellent la tactUité et que M. Béraud possède à un haut degré ; mais tout le monde n’est pas M. Béraud, et il arrive souvent à des gens moins habiles de prendre un organe pour un autre, ou d’avoir à choisir entre un lobe ou la sinuosité qui le borde, et de commettre des erreurs qui pourraient compromettre la science phrénologique, si elle n’était pas maintenant prouvée d’une manière irrécusable.

Toutes ces sciences se tiennent, se confirment l’une par l’autre, et se prêtent appui, mais de toutes, la chirognomonie est évidemment la plus nécessaire dans le commerce de la vie.

Disons-le cependant, si la phrénologie est difiîcile à exercer dans ses détails, il en est tout autrement lorsque l’on

consulte les masses: ainsi le front haut, large et saillant annonce toujours de l’intelligence ; le dessus de la tête bombé, c’est bienveillance et religion,, et si elle s’élève en pointe au milieu, c’est fermeté ou volonté ; le derrière de la tête développé annonce un homme affectueux, aimant son pays, ses enfants, ses amis, et quelquefois ses maîtresses ; et si le derrière de la tôle est plat, sans importance, c’est un signe certain d’égoïsme. Une tête large sur les cotés, au-dessus des oreilles, doit inspirer de la méfiance, car c’est là que siègent le vol, le mensonge et l’assassinat; ou, lorsque le développement est moindre,

le désir d’acquérir, la dissimulation, la colère. Cette forme de crâne appartient surtout aux gens qui ont le savoir-faire.

On peut presque juger une personne en regardant la forme intérieure de son chapeau: les chapeaux dont l’intérieur est en long appartiennent aux gens de savoir et d’affection, les chapeaux en large appartiennent aux gens de savoir-faire,

11 est bien entendu que l’on peut avoir aussi la tête longue et large à la fois, ronde, par conséquent, en circonférence : ce qui donne la science et le savoir-faire réunis.

Toutefois, la tète large sur les cotés au-dessus des tempes annonce l’idéalité et la merveillosité.

Quant au front, sur lequel il est très-facile de lire, s’il est bombé en haut, c’est causalité et comparaison (l’esprit philosophique); s’il est bombé au milieu, c’est le sens liistoimpie, la mémoire des faits ; s’il est bombé en bas, au-dessus des sourcils, c’est localité, amour des voyages, placé à la racine des sourcils; puis viennent, en suivant l’arc des sourcils : la pesanteur, le coloris, l’ordre, et près des tempes la mesure et les tons, l’organe musical.

Entre les deux sourcils, à la racine du nez, c’est l’organe de l’individualité ou de la curiosité; au-dessous est la configuration ou l’amour de la forme.

Des yeux saillants donnent infailliblement la mémoire des mots.

INous n’avons pas la prétention, et ce ne fut jamais

LES MYSÏÈllES DE LA MAIN.

notre but, de faire un cours de phrénologie; nous n’irons donc pas plus loin.

Nous terminerons cet article par des réflexions pleines de justesse encore empruntées au docteur Carus, un des savants les plus remarquables de la studieuse Allemagne.

« Les organes les plus importants ^ viennent se serrer l’im près de l’autre sur le devant de la tête, et les e.xpressions vulgaires, un front vide, un front plein, avaient déjà désigné l’importance de ces organes avant qu’il fût question de la physiognomonie du cerveau. Gall, dans les vingt-sept organes qu’il établit, en comptait quinze sur le devant de la tête, tandis qu’il n’en trouvait que neuf au milieu et deux derrière.

« Quant aux protubérances que l’on trouve sur le bord des cavités des yeux et près des tempes, leur place auprès de ces deux grands organes de notre vie intellectuelle, la vue et l’ouïe, prouve suffisamment leur importance psychique. La configuration, l’étendue, le coloris, l’ordre, le calcul, sont des conséquences de la vue.

« L’organe des sons est sur la limite du front et de la plaine des tempes, au-dessus de V ordre, et se trouve naturellement dans le voisinage de l’oreille.

« La bosse de la circonspection est aussi dans son voisinage, car l’oreille est l’organe de la crainte; les animaux qui entendent le mieux sont les plus timides, comme ceux qui voient le mieux sont les plus courageux.

« Une large part sur le crâne a été affectée à cet or-

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