‹ Les mystères de la mainChapitre 186 sur 203 · DIAZ · texte numérisé non relu

DIAZ

Les planètes principales de Diaz sont Mars d’abord et puis Vénus, Jupiter, Saturne, Mercure et la Lune, mais il un degré secondaire.

La peau noire, la chevelure et la barbe noires, appartiennent aux signatures de Saturne, et c’est â son influence malheureuse qu’il a dû ses cruelles blessures à la jambe ; mais les qualités d’étude patiente de correction, de fini, qui sont inspirées par cette triste planète, sont annihilées par l’influence irrésistible de Mars qui le domine et lui donne l’impétuosité, la verve, qui s’accordent mal avec le fini précieux dans les œuvres. C’est Mars qui donne aussi à ce grand artiste ce haut sentiment de couleur qui le distingue à un si éminent degré. C’est de Mars qu’il a reçu ce caractère vif, emporté, pé-

tulant, qu’il reflète dans ses œuvres. De là, des tableaux qui vivent, qui remuent comme la nature, qui scintillent comme le Soleil.

Il tient de Mars la poitrine large, le col puissant, les formes solides, la voix forte, les yeux ardents, sous d’épais sourcils, la bouche ferme, les mouvements pétulants et brusques et son goût pour la controverse artistique, qui en arrive parfois jusqu’à la dispute. Mars règne en souverain chez lui, et s’il n’a pu effacer les signatures de Saturne, y combat victorieusement les influences de Vénus, mais sans détruire celles qui sont indiquées par le mont du pouce.

Diaz a les doigts mixtes. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons déjà dit bien souvent sur la forme de cette main, mais toujours est-il qu’elle favorise un artiste en lui permettant de voir la nature à travers le prisme de l’imagination et de donner à ses rêves de coloriste un aspect de vérité.

Diaz est le coloriste 7?é, aussi ses doigts sont- ils lisses pour recevoir plus vivement les impressions ; le nœud de l’ordre lui manque absolument, et de là vient le caprice qui jette un fouillis, un ragoût charmant dans ses rayonnantes compositions. On pourrait dire en quelque sorte qu’il aspire le Soleil par les yeux et le respire par les doigts sur ses toiles heureuses.

Ses doigts courts plus que la paume le portent à voir la masse avant les détails, ce qui l’aide à lire plus facilement dans la nature les grands plans de lumière et d’ombre expliqués, soit par un tronc d’arbre qui scintille,

soit par une branche qui s’illumine, soit par un rameau (jui verdoie. Il voit tout d’abord un ciel, des terrains, des eaux, des bocages ; des tons froids, des tons chauds, qui se font contraste, et sa brosse ardente court en liberté sans s’embarrasser des places. 11 est vrai d’aspect, il est vrai de couleur, de cette couleur qu’il a dans ses prunelles et dans son ame. 11 délire en peignant, il est poëte, et de ses extases jaillit un œuvre qui séduit.

Tout l’aide en cela. Son pouce courte en lui donnant l’incertitude qui ne lui permet pas tout de suite de prendre un parti, augmente ses richesses en l’abandonnant sans réserve aux illuminations subites, éveillées dans tout son être par le feu follet de ses caprices. Aussi il soupire, il s’enthousiasme, il se décourage, et puis il s’électrise avec une nouvelle ardeur.

Sa main dure lui donne une activité incessante, sans cesse entretenue par l’impressionnabilité du pouce court qui lui jette sans relâche une inspiration nouvelle.

Sa ligne de cœur, chargée d’une multitude de rameaux, lui envoie aussi ses* impressions que vient encore enrichir la verve enivrante de la luxure produite par le mont de Vénus couvert de lignes croisées.

La ligne duSoleü chez lui part directement de la ligne de cœur comme pour indiquer que c’est dans le sentiment le plus noble de l’humanité que le peintre doit aller chercher la qualité la plus belle. C’est de Vénus qu’il reçoit la suavité de couleur que Mars enrichit de sa verve et do

I. Pi'Ciiiière et deuxième plialange du pouce : logique et volonté.

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sa puissance, et avec cela la Lune, l’imagination, développée mais calme, se prête à toutes les poésies, et libre de toute inlluence étrangère, les orne de ses splendeurs.

I.e mont de Mars développé donne la force de résistance, et domine par sa résignation puissante les désespoirs momentanés, conséquences du pouce court.

Le nœud philosophique donne à Diaz assez de causalité pour faire lever devant lui des objections aussi vives que l’éclair, et le guider dans son rapide travail ; et la croix mystique, tout en lui donnant une religion secrète, ajoute un certain vague au charme de ses œuvres.

Le mont de Jupiter* développé, ayant d’ailleurs pour auxiliaire la ligne de' vie qui se dirige vers l’ambition**, lui donne, avec la conscience de sa valeur, de nouvelles forces pour avancer toujours vers le même but. En véritable artiste, l’ambition lui servira de volonté et se jette du côté dih Soleil ^

Tous ses doigts, l’index, le médius, l’auriculaire, c’està-dire ambition, fatalité, science, se penchent vers l’annulaire, comme pour indiquer que l’art est le but principal de sa vie. Son pouce renversé dénote u::e prodigalité assez grande.

Une ligne droite, nette, sur le mont de Mercure indique l’entente du commerce, la perspicacité dans les affaires d’argent.

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