AUBER
Que de qualités la nature ne rassemble-t-elle pas lorsqu’elle veut créer un musicien de premier ordre? Elle le fait naître poète d’abord, pour comprendre son langago
LES MYSTÈTiES DE LA MAIN.
et ses harmonies; elle lui fait, dès son enfance, trouver un charme clans le bruissement des feuilles, dans le murmure des eaux, dans les soupirs ou les mugissements du vent, tour à tour zéphir ou tempête. Elle lui explique aussi la poésie du silence et lui révèle dans chacun de ces effets divers une note, une voix, un nombre pour le grand concert de Tuniverselle harmonie; et puis, changeant tout à coup de style, elle le fait calculateur pour le tact et le rhythme. Homme positif et poète à la fois, il doit réunir les contraires : la raison et l’enthousiasme, les calculs froids et les inspirations brûlantes. Et, pour attendrir par la grande voix de l’orchestre, pour la faire arriver au coeur, il lui faudra 1 amour, la giande puissance génératrice C|ui fait chanter; 1 amoui', c est la mélodie touchante.
C’est animé par l’amour que le musicien atteindra jusqu’au sublime. C’est avec l’enthousiasme de l’amour pur c[ue la music[ue devient céleste. La musique est la voix de riiumanité lorsqu’elle veut s’adresser à Dieu.
M. Auber a été admirablement doué pour la musique, surtout par la planète de Venus, qui le domine piesc^ue exclusivement et qui trace profondément dans ses mains ses signatures. L’âge a fait naturellement disparaitie la fraîcheur de son teint; mais un artiste la devine encore. Son nez, sa bouche, ses yeux portent les signatures de Vénus, mais de la Vénus voluptueuse, qui inspire les mélodies enivrantes et suaves.
Après l’influence dominatrice de Vénus, arrivent en seconde ligne, mais à un degré encore puissant, celles de
la Lune, do Merciii'o et du Soleil; Saturne domine parfois aussi.
Mercure a du lui donner autrefois de l’agilité, de la souplesse et de la grâce. La Lune lui donne encore l’iiarinonie, les grâces rêveuses, le caprice, que Mercure, réuni à Saturne, règle par la science et la méthode.
11 est plus difficile, lorsque l’âge arrive, de retrouver ailleurs que dans la main, où elles restent écrites, les signatures des planètes très-distinctes sans doute jadis dans le temps de la jeunesse; car, nous l’avons dit, l’influence de Saturne, tellus , absorbe alors les autres, quelque doive être la longueur de l’existence.
Donc, ce qui frappe le plus, au premier coup d’œil, dans la main de M. Auber, c’est la signature de Vénus sous deux formes.
Une ligne do cœur immense, enrichie de rameaux au commencement et à la fin, et le mont de Vénus développé et couvert de grWes. Ainsi, amour ph^'sique, amour du cœur. Par conséquent, verve, énergie, fécondité inépuisable, grâce et tendresse; et ces qualités sont tellement absorbantes, que Jupiter est à peu près nul, et penche sa colline appauvrie vers le Soleil. Toute l’ambition est tournée vers l’art. Ainsi, chez M. Auber, le talent ne part pas d’abord de l’ambition ou de rorgueil, mais de l’amour.
11 a eu à lutter sans doute, car la ligne du Soleil, comme chez presque tous les gens supérieurs, part chez lui de la ligne de vie (du mont do Vénus) et se brise en traversant la plaine de Mars, puis elle reprend plus
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haut ù la ligue de cœur, et là part d’une île qui indique qu’une femme a contribué à ses succès; alors elle monte directement vers le mont du Soleil où, en se divisant en deux grandes branches, elle creuse un large vallon, ce qui indique, outre le talent et la célébrité, la faveur des grands. Un peu avant d’arriver à la ligne de cœur, elle envoie une branche bien nette vers Mercury (c’est l’art récompensé par la fortune), et, arrivée sur le mont du Soleil, elle jette une autre ligne vers Mercure, ce qui signifie alors éloquence dans l’art. L’éloquence dans la musique, c’est la perfection dans l’harmonie.
Dans la main de M. Auber, comme dans celle de tous
les grands artistes, le mont de Mercure se penche vers le Soleil; c’est encore la science dans l’art.
La ligne de vie, très-longue, s’élève vers Jupiter, en se joignant à la ligne de tète, ce qui annonce des désirs de gloire artistique qui doivent être évidemment satisfaits et conduire aux honneurs.
La ligne de cœur, entamée en deux endroits, indique deux amours qui ont déchiré le cœair.
Le mont de Mars est calme; c’est résignation, courage à supporter les coups du sort quand ils frappent ou qu’ils ont frappé.
Mais le mont de la Lune rayé, tout en annonçant une grande effervescence d’imagination, indique aussi une facilité à se tourmenter sans cesse, à s’effrayer de chimères, état irritable très-favorable, du reste, à l’inspiration.
elle traverse la main tout entière et va se pencher du côté de l’imagination; c’est la marque d’une grande intelligence tournée vers l’art et le caprice h
Mais sa puissance, indiquée par sa netteté et sa longueur, peut balancer les élans du cœur et parfois les sacrifier à l’intérêt personnel ; toutefois, l’amour sensuel (ramour des femmes) l’emportera sur les influences de la ligne de tête.
La saturnienne part du mont de la Lune et va s’unir à la ligne du Soleil.
La Lune, c’est l’eau, c’est le caprice, c’est le lac paisible, la nuit murmurante, la nuit argentée, le silence, c’est l’harmonie, et, quand elle se dirige vers lé Soleil comme pour lui demander des reflets, c’est l’imagination qui se défie d’elle-même et vient dorer ses rêves aux lumières de la raison.
Dans la main de M. Auber, la saturnienne, partant de la Lune et montant au Soleil, c’est l’harmonie d’abord, et ensuite riiarmonie et le caprice illuminés : l’art et la vérité. La satuimienne, c’est la destinée. Sa destinée était donc bien écrite; elle ne pouvait être heureuse que par l’art et l’harmonie divinisés par l’amour, dont la signature se trouve partout dans ses mains.
Les doigts de M. Auber sont mixtes; c’est encore imagination et raison réunies.
Mais le doigt du Soleil est carré; c’est bon sens dans l 'art.
1. C’est aussi désir de richesses pour satisfaire aux exigences du caprice.
LES JUYSTEUES DE LA iMAIN.
Ainsi, enthousiasme et retenue, et sagesse clans l’enthousiasme ! 11 saura donc s’arrêter, modérer sa fougue et la maîtriser ; c’est le cachet du génie.
Tous ses doigts se penchent vers l’annulaire, toutes ses facultés sont tendues vers l’art. C’est encore une fois la preuve que c’est par l’art seulement qu’il comprend, qu’il aime la vie.
Dans sa main droite, la saturnienne part bien distinctement de la Lune ; c’est encore le bonheur par l’harmonie.
Dans cette main, la ligne de vie part de la ligne de tête ; la vie devait être nécessairement, fatalement intelligente.
Des obstacles sans nombre auraient surgi s’il avait voulu essayer de suivre une autre carrière. Sa destinée voulait qu’il fût artiste. Quelquefois la Providence rend les commencements difficiles et comme impossibles à un homme supérieur, parce qu’il y a des fruits qui ne peuvent mûrir que secoués par la tempête : il y a des hommes qui ne peuvent se compléter que par la lutte. Mais lorsqu’elle écrit tout d’abord une vocation spéciale, il faut la suivre ou cesser d’être. Elle ne vous a pas créé pour votre bonheur, mais pour un but; marchez, et ne vous arrêtez pas, ou elle vous écrasera sans pitié. Que lui importent nos considérations misérables! allez, allez, c’est une fatalité que le génie.
Sur le mont du Soleil de cette main, on voit les trois lignes (bien rares) qui donnent le mérite, la célébrité, la richesse (ou l’occasion d’amasser des richesses).
Ici encore Mercure se penche vers le Soleil.
Une ligne, partie de la Lune, va à la ligne de cœur : c’est bonheur venu par suite des caprices ou de l’amour d’une femme.
M. Auber a, développés dans les doigts, le nœud philosophique^ et le nœudd’ordre^ qui, réunis, font le musicien, calculateur, savant. Ces qualités de calcul, jointes à l’irritabilité de la Lune et à la véhémence des qualités apportées par les influences de Vénus, donnent ce qui complète le grand compositeur : des inspirations de mélodie et d’harmonie fiévreuses et puissantes, réglées, modérées par l’ordre et la sagesse.
M. Auber a le pouce moyen ou court, ce qui, tout en le laissant d’abord dans un état de fluctuation et de doute favoral)le à la spontanéité des concei)tions, ne lui permet pas d’abandonner facilement une idée une fois (ju’clle est conçue; car, malgré son peu de longueur relative, son pouce épouse la forme un peu large qui indique la résistance, la résolution ferme une fois qu’un parti est bien arrêté.
En outre, sa main, dont la paume est aussi longue que les doigts, réunit par cela même l’anal^^se et la synthèse, ce qui complète l’harmonie générale de sa personnalité; car on a dû remarquer que toutes les lignes de sa main signifient inspiration et raison; l’amour seul pourrait, par sa puissante influence, déranger ce merveilleux