‹ Les mystères de la mainChapitre 195 sur 203 · M. GOUNOD · texte numérisé non relu

M. GOUNOD

M. Gounod est sous l’influence de planètes qui l’agitent à un degré presque égal.

Vénus, Jupiter, Mars et Saturne le dominent ensemble ou tour à tour, et contribuent à son talent, auquel Mercure etlaLune viennent aussi apporter leurs impressions, moins énergiques, mais encore puissantes.

Jupiter rend ses cheveux rares et en dégarnit le sommet de la tête, et, d’accord avec Vénus, il lui donne la mélodie tendre et sérieuse, les manières aimables, le désir de plaire, l’ambition et l’aptitude à goûter les plaisirs sensuels. Mars dore sa barbe et sa chevelure, élargit sa poitrine, et couvre d’une légère teinte rougeâtre son

teint disposé d’ailleurs à prendre la blancheur et la fraîcheur, signatures de Jupiter et de Vénus.

C’est Mars qui fait vibrer ses phrases musicales, les agite, les mouvementé. Mais c’est Saturne qui règle l’énergie de Mars.

il y ajoute la science et la gravité, au.xquelles Mercure et la Lune viennent joindre leurs qualités précieuses : le tact, le goût et l’harmonie.

Le Soleil illumine ses inspirations en les douant de la sagesse et de la mesure.

Ainsi gouvernée, la musique de M. Gounod renferme, en ellet, la mélodie donnée par Vénus, la science inspirée par Saturne, qui, forçant Jupiter ii lui répondre par son côté divin (la religion!), donne à ses œuvres, et surtout à ses chœurs, une harmonie claustrale et solennelle, son rhythme ordinaire, auquel succèdent parfois les trépignements de Mars, les douces et tendres mélodies de Vénus, et les rêveries vagues et estompées de la Lune. C’est de nos musiciens celui qui jette le plus de pâture à l’ame et force le plus à réfléchir.

Sa main, par sa forme et par ses lignes, est en parfait accord avec les planètes.

Ses doigts élégants, un peu gras, aux formes agréables comme ceux d’une femme, se penchent tous vers l’annulaire comme courbés par une aftraction du Soleil; ils sont presque carrés û première vue, ce qui indique le goût de l’ordre émanant do Saturne, Le médius, doigt attribué à cette planète, est plus large à son extrémité que les autres; c’est le signe d’un penchant naturel à la me-

lancolie et aux idées tristes, encore augmenté par la croix mystique qui y joint une teinte superstitieuse.

Le doigt de Jupiter, pointu, tout en ajoutant encore à ces dispositions sérieuses, en adoucit l’amertume et la change en poésie par la contemplation de la nature.

Beethoven, qui trouvait ses inspirations dans la campagne, devait à coup sûr avoir la main faite ainsi.

Le doigt du Soleil est spatulé et si long, qu’il s’élève presque à la hauteur du médius, ce qui révèle la puissance directrice de cet astre dans les intuitions artistiques, auxquelles le mont de Mars vient ajouter son entrain et son infatigable ardeur.

Ses autres doigts, sous l’influence de Saturne, ont à la fois le nœud philosophique et le nœud d’ordre ; mais ces nœuds sont tellement dissimulés sous la souple ondulation des lignes, qu’on ne les remarque pas au premier abord, en harmonie en cela avec sa musique, qui ne laisse voir la science dont elle est remplie qu’à ceux qui veulent la chercher sous son enveloppe gracieuse et séductrice.

La puissance de sa logique, indiquée par la deuxième phalange du pouce, contraste avec l’incertitude de sa volonté', qui le livre tout entier aux plantureuses inspirations et aux luxuriants caprices de sa fantaisie, mais sans danger, car le Soleil et Saturne viendront les émon- . der plus tard.

L’intérieur de la paume n’est pas moins en harmonie avec l’ensemble. Le mont de Jupiter porte le sceau de

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