‹ Les mystères de la mainChapitre 42 sur 203 · Dupuis, Origine des cultes, p. 5G (1S · texte numérisé non relu

Dupuis, Origine des cultes, p. 5G (1S

sont (les êtres qui servent de degrés pour monter jusqu’à la création, en partant de la matière pour arriver jusqif à l’animal.

Ils n’ont pas de raison et prêtent leur concours à ceux qu’ils affectionnent ou qui les dominent sympathiquement, s’incarnent en quelque sorte avec eux, et comme la lumière astrale est la créatrice des formes, ils peuvent apparaître sous celles qui viennent à l’idée de l’être au service duquel ils se sont mis, si, comme chez xM. Home, la lumière astrale est surabondante.

Selon nous, M. Home est une torpille humaine, et la comparaison paraît juste en cela qu’après plusieurs expériences sa puissance s’émousse et se perd, et qu’il a besoin du repos pour se charger de nouveau d’électricité, comme le fait la torpille.

C’est une grande table tournante incarnée.

H y a des hercules en force physique, comme il y a des hercules en force morale. Napoléon réunissait le génie militaire de mille hommes ; Victor Hugo en poésie, Gavarni, Balzac en philosophie, Alexandre Dumas en imagination, ne sont pasmoins puissants peut-être.

M. Home est un hercule en force électrique; il réunit en lui l’énergie fluidique de cent, de mille hommes peutêtre, et, dès lors, il peut à son gré, comme une multitude parfaitement d’accord, élever des courants qui déplaceront des meubles, ouvriront les fenêtres, briseront des tables, ou feront apparaître des mains qui, en résumé, ne sont en quelque sorte que les mains de rechange de M. Home; en un mot, c’est son être multiplié.

BI. Home a donc une grande puissance magnétique; nous n’en doutons pas un seul instant, puisque des phénomènes à peu près analogues se sont produits plusieurs fois déjà. 11 peut, dit-on, comme Gazette,' voir des fantômes mêlés à la société des vivants; il peut, comme le somnambule Alexis, donner une description exacte du reflet de personnes mortes depuis lonteraps; il peut, comme François les bas- bleus, dont parle JSodier, et comme une foule de patres qui vivent de la vie instinctive, lire dans la lumière astrale ce qui se passe à plus de cent lieues. Les prodiges de ce genre sont, nous l’avons dit, produits par la suraboridance de lumière astrale, qui donne le délire, le génie, ou l'extase, selon les goûts et les aptitudes des organisations qui la perçoivent, en suivant les degrés des trois mondes. Nous développerons plus tard ce système.

Ainsi, on peut en recevoir une puissance frénétique désordonnée.

On peut en recevoir une puissance extraordinaire d’intelligence humaine que l’on appelle ici-bas : le génie.

On peut, comme les solitaires de la Thébaïde, à l’aide du jeûne, de la pénitence et de la prière, en obtenir la faculté d’élever son âme au-dèssus de l’humanité, et d’arriver à des visions célestes.

Le point de départ est le même, mais le but et, parconséquent, l’effet, sont dilférents.

C’est Ig, lumière du lampion fumeux, de la bougie, ou l’éblouissante clarté électrique (qu’on pourrait appeler la combustion du soleil) partant d’un principe unique :

le />w, modifié par la nature des corps qu’il consume.

Chacun peut placer à sa guise M. Home dans le monde

auquel il croira qu’il doit appartenir. Quant à nous,

nous ne connaissons ni sa vie, ni ses oeuvres : il ne nous

appartient pas de le juger.

Nous voyons seulement en ceci la confirmation d’un fait grave :

C’est que notre monde est en rapport direct avec les deux mondes extérieurs ; infernal et céleste.

Nous croyons en avoir assez dit sur la kabbale, et nous n’avons jamais eu la prétention de faire un cours de magie. Les personnes qui désireraient en savoir davantage peuvent consulter le livre du Dogme et rituel de la haute magie, publié par M. Constant, et dont nous avons donné do nombreux extraits. Là, pour qui sait lire, toute la kabbale est rassemblée, et ce livre est plus clair et plus complet que tous les traités de ce genre publiés jusqu’à ce jour.

Un nouveau livre que va publier M. Constant sous le titre de la. Clef des grands mystères, mettra les sciences occultes à la portée des intelligences les moins actives.

Quant à nous, il nous fallait, pour faire comprendre notre système sur la chiromancie, expliquer ce qu’on entend par la lumière astrale et les trois inondes. Nous

avons fait de notre mieux. Peut-être même sommes-nous parfois sorti des limites que nous nous étions imposées; mais nous espérons que le lecteur ne nous en saura pas mauvais gré.

Nous terminons ces aperçus par quelques mots qui résument la kabbale tout entière :

La plus grande puissance magique^ c’est la VOLONTÉ! Le premier précepte en kabbale est celui-ci :

Ce que tu voudras toujours, tu le pourras un jour.

CninOGNOMONIE

La chiromancie, nous le verrons tout à l’heure, est entièrement basée sur la kabbale ; elle a été trouvée peu peu, et après des observations assidues et l’expérience de plusieurs siècles. C’est une science établie par un calcul.

La chirognomonie a jailli tout d’un coup sans précédent, ou du moins sans précédent connu.

Car il est hors de doute que toutes les sciences occultes ont été cultivées autrefois, puis perdues; mais elles sont restées inscrites dans la lumière astrale, et elles se révèlent intuitivement aux intelligences supérieures.

« Je ne réclame, dit M. d’Arpentigny dans sa préface, que l’honneur d’avoir le premier entrevu les plages fécondes de cette science nouvelle (et il ajoute aussitôt avec son admirable modestie) ou peut-être »

Anaxagoras, dit-on, voyait aussi des signes indicatifs des tendances de l’esprit dans les formes de la main.

Je demandais un jour à M. d’Arpentigny comment il avait trouvé son système :

« Par une inspiration divine, » me répondit-il.

Et, en effet, en parlant ainsi il était en parfait accord avec sa doctrine d’une part, puisqu’il a les doigts pointus^ et de l’autre avec la magie, qui explique pourquoi les hommes aux doigts pointus sont sujets plus que d’autres aux inspirations divines.

Nous avons dit dans notre préface que le livre de M. d’Arpentigny n’était pas assez clair; nous ajoutons ici que son livre n’est pas clair, parce que l’auteur a les doigts longs.

Les doigts longs annoncent l’amour des détails, la minutie.

A cause de ses doigts longs et comme pour fournir, par son exemple, une preuve à ce qu’il avance, il entre dans une foule de détails charmants, trop charmants, puisqu’ils font perdre de vue l’idée principale.

On oublie, en s’abandonnant à l’attrait de ses narrations, ce qu’il paraît souvent oublier lui-même : que son point de départ est l’étude de la chirognomonie.

Et, cependant, rien n’est plus vrai, rien n’est moins sujet à erreur que son système.

Depuis près de sept ans que nous en avons fait une application journalière et de' tous les instants, nous ne l’avons jamais trouvé en défaut; il demande toutefois à être appuyé par la chiromancie, qui le développe et le commente.

M. d’Arpentigny est un homme de belles manières, ai-

mable, charmant, très-modeste. Peu disposé à se mettre/ en avant, il fait bon marché de sa découverte, et on lui en sait bon gré. .

Pour tout le monde c’est le brillant, le spirituel capitaine, et rien de plus.

Un jour viendra où M. d’Arpentigny sera regardé comme un des hommes les plus utiles, et par conséquent les plus remarquables de son époque.

Voici comment la lumière s’est faite :

Étant très-jeune, M. d’Arpentigny vivait en province et allait assez souvent à des réunions qui avaient lieu chez un riche seigneur de son voisinage.

Ce seigneur avait un grand amour pour les sciences exactes et pour la mécanique en particulier. 11 recevait donc chez lui force géomètres et force mécaniciens.

Sa femme, au contraire (par l’immuable loi des contrastes), aimait passionnément les arts et ne recevait que des

artistes.

11 résultait de cela que le mari avait son jour de réception, et la femme, le sien.

VI. d’Arpeutigny, qui n’était ni mécanicien ni artiste, et qui par conséquent ne portait pas de bannière, allait indistinctement aux soirées de la femme et du mari.

Jl avait la main fort belle, en tirait un peu de vanité, et s’abandonnait avec une^ certaine, complaisance a des comparaisons qui tournaient toujours i\ son avantage.

U remarqua, par suite de son esprit d’analyse, que les doigts des arithméticiens et des manieurs de fer étaient noueux, tandis que ceux des artistes étaient lisses.

Ces deux sociétés semtilaient avoir adopté deux espèces de mains toutes düTérentes, et cela sans exception.

11 fut frappé de ce singulier contraste ; il lui fallait d’autres preuves.

11 se mit en recherche d’artistes, et trouva partout des doigts lisses.

Il parcourut les forges, les usines, il se mit en quête de géomètres, d’arithméticiens ; il trouva partout des doigts noueux. Kt, à partir de ce jour, il divisa les hommes en deux catégories :

Celle des doigts lisses, '

Et celle des doigts noueux.

Il reconnut chez les hommes à doigts lisses l’impressionnabilité, la spontanéité, l’intuition, l’inspiration momentanée qui remplace le calcul, le caprice, la faculté déjuger à première vue, et conséquemment le goût des arts.

Chez les hommes à doigts noueux, au contraire, il trouva la réflexion, l’ordre, l’aptitude aux chilfres, aux sciences exactes, comme la mécanique, l’agriculture, l’architecture, les ponts et chaussées, la navigation, tout ce qui demande enfin l’application de l’intelligence.

Convaincu sur un point, il ne voulut pas en rester là; il alla comparant, étudiant, interrogeant.

Toute forme de mains eut pour lui, dans sa variété, une signification qu’il n’accepta qu’à la longue. Après une quantité d’expériences assez nombreuses pour lui permettre la conviction, c’est-à-dire après trente années

d’études, il établit un système basé sur des faits et dédaigna d’en chercher les causes.

Et à quoi bon? Il n’y a pas de logique plus entraînante, plus irrésistible que le fait. On discute tout, excepté la preuve matérielle. Et cette preuve, M. d’Arpentigny la donnait tous les jours.

Nous chercherons l’explication de sa découverte là où nous trouvons la preuve de la chiromancie : dans la magie.

Et, par conséquence de la magie ; dans les trois mondes.

Voilà pourquoi nous avons préalablement tant parlé des trois mondes.

Et nous nous trouverons parfaitement en rapport avec notre intelligent inventeur.

Nous commencerons par le pouce, qui résume tous les signes de la main.

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