Tome I, P 261. Taris
mot, ma pensée, dans ces opérations, n’est rien autre que cet esprit de lumière et de feu céleste qui pénètre tout ce qui a vie sur terre, et unit entre eux les pouvoirs les plus variés de la terre. Dans l’organisme humain , il a atteint le plus haut degré de pureté dont il est capable au sein d’une forme terrestre. C’est par son moyen que l’âme agit sur les organes avec une sorte d’omnipotence , et qu’elle réfléchit ses rayons sur ellemême avec une conscience de l’être qui l’ébranle jusque dans ses fondements. C’est par lui qu’elle devient ca- * pable par une libre volonté de se transporter pour ainsi dire hors du corps, et même par delà le monde, et de les soumettre l’un et l’autre à sa volonté. »
On pourrait croire, au premier coup d’œil, que le sublime philosophe admet plusieurs fluides; il n’en est pas ftinsi. Herder veut dire que le fluide électrique est pi'éparé différemment par notre organisatioji, selon les parties plus ou moins parfaites, plus ou moins nobles do notre corps qu’il vient animer. Mais c’est toujours le même fluide.
Et il ne peut y en avoir plusieurs. La nature est trop simple pour varier ainsi ses grands moyens d’action. Pour en être convaincu , il suffît de regarder autour de soi. L’objet qui reçoit la lumière peut être plus ou moins parfait , et de là naîtra nécessairement une variété inépuisable avec un seul point de départ. Ainsi c’est bien le même soleil qui brille en étincelles sur l’or et les diamants, et qui dort sur les terrains humides et noirâtres.
Le même soleil éclaire aussi sur terre tout homme, qu'il
soit spécialiste, abstractif, ou matériel, et parmi nous l’éducation, ce flambeau de l’homme, ne donne-t-elle pas deux résultats différents, également partagée entre deux hommes d’une intelligence différente? Chacun d’eux l’adaptera à ses besoins et l’utilisera à son point de vue, selon le plus ou moins de perfection de ses organes , et conséquemment selon le but utile qui a été désigné à son être dans la loi de l’harmonie de la création.
Et si nous cherchons encore chez les savants et dans la science des preuves de la respiration fluidique.
Aristote a dit que les forces de l’âme se manifestaient à l’aide d’un souffle léger, aura, qui remplissait les voûtes du cerveau.
Humboldt a dit qu’autour des nerfs humains éfait une atmosphère invisible.
Les magnétiseurs admettent un fluide impalpable, les médecins eux -mêmes reconnaissent un esprit vital et nerveux dans l’acte de là génération; le souffle séminal, aura seniînalis, auquel on accordait, il y a peu de temps encore, le pouvoir d’engendrer isolément. A'eut-on une preuve plus positive de l’aspir et du respir par les mains et les pieds, preuve qui nous est arrivée sous la forme d’une enveloppe, non pas amenée par le hasard auquel nous ne croyons pas , mais certainement par la force attractive de notre désir de preuves, de notre besoin de conviction, nous la trouvons dans une Causerie scientifique placée au feuilleton du journal V Univers, et signée Chantreh
M. Chantrel rend compte d’une découverte de M. Col-
d/,0 LES MYSTÈRES DE LA MAIN.
longes. D’après son rapport, M, Collonges dit le sexe des individus soumis à ces expériences, leur âge, leur tempérament; il reconnaît s’ils sont fatigués ou non, malades ou bien portants, il reconnaît si la maladie est grave ou légère, si la mort est proche, si elle est enfin apparente ou réelle, et, pour en arriver là, il suffit de placer dans son oreille l’un des doigts de la main 021 du pied d’un individu , malade ou bien portant. L’on entend alors un bruit continu semblable à un bourdonnement; à ce bruit s'ajoutent par intervalles irréguliers des ci'cpitatîons bien distinctes du bruit de bourdonnement que Al. Collonges appelle pétillements et grésillements.
Si le doigt appartient à un individu mort, aucun de ces bruits n'a lieu.
En se servant d’acier ou de liège pour conducteurs , ces bruits se perçoivent plus distinctement encore.
Le bourdonnement est un phénomène général et on l’entend à quelque partie du corps vivant que ce soit ; les pétillements existent surtout à l’extrémité des doigts et des pieds.
Nous n’en dirons pas plus. Nous ne suivrons pas M. Collonges dans ses applications et les conséquences de sa découverte , nous constaterons seulement que notre système se trouve vérifié par ce que nous venons de citer, et dont chacun peut faire l’épreuve. Les pétillements et les grésillements que l’on entend distinctement aux mains et aux pieds ne peuvent s’expliquer que par l’électricité, on , si l’on veut, la lumière.
NOTEE SYSTÈME'
Après ce préambule, qu’on nous permette de résumer un peu et de nous répéter, par conséquent, pour nous faire mieux comprendre.
La lumière nous l’avons vu, est la grande chaîne sympathique qui lie entre eux tous les mondes, et l’homme par conséquent.
Selon les kabbalistes, il y a trois mondes. Nous en trouvons le symbole dans les mains; nous l’avons trouvé dans la chirognomonie, nous le retrouverons tout à l’heure dans la phrénologie et dans la physiognomonie.
11 y a trois personnes en nous : le le corps si-
déral, le corps matériel.
Le corps matériel est le seul qui soit pour nous certain, palpable.
Les autres corps sont nécessairement, du moment qu’on les admet en parfaite analogie avec le corps matériel.
Le corps matériel respire; donc les autres respirent aussi.
Chacun d’eux a sa respiration particulière.
Le mens aspire et respire par les cils, les cheveux, les mains et les pieds.
'■ Tl est, bien entendu (et ceci est dit pour les etrangers) que nous veut toujours dire je, et que notre système ici, c’est 7non système.
Le corps astral aspire et respire par le nombril et les parties génitales.
Nous savons comment respire le corps matériel.
De ces respirations diverses, nous donnerons encore des probabilités, sinon des preuves, à notre article sur la phrénologie, afin de ne pas fatiguer maintenant le lecteur.
La communication directe des nerfs avec le cerveau se fait, on le sait, par l’intermédiaire des nerfs cérébraux.
C’est par les nerfs que les mains (esclaves de la pensée) communiquent directement avec le cerveau.
L’aspir céleste, émission, vibration ou fluide, arrive donc aux mains (puisque nous nous occupons de chiromancie), y porte rinduence extérieure et en rejette les ' impressions comme un miroir qui reçoit et réfléchit presque en même temps la lumière du soleil ; c’est un aspir et un expir, un échange, une conversation spontanée, car si les idées dorment confuses en nous, elles ont besoin, pour s’élancer du chaos, d’un motif, d’une cause apportés par le son, la vue ou le toucher, les sens enfin, comme le feu a besoin du choc de l’acier pour jaillir du caillou.
Si le fluide ou la vibration (nous adoptons le mot fluide), si donc le fluide n’éprouve aucun obstacle, il vole directement au cerveau, et l’impression est spontanée.
C’est ce qui arrive lorsque les doigts pointus à l’extrémité appellent l’électricité comme les pointes aimantées des paratonnerres.
Si les doigts pointus sônt lisses et offrent ainsi un conduit facile et sans obstacle, Timpression est immédiate.
De là viennent les inspirations hautes, les illuminations, les inventions parties du ciel sans s’allier, vu leur spontanéité, à un mélange terrestre.
Les voyants, les inventeurs métaphysiques, les rêveurs, les poètes, ont les doigts pointus.
Mais comme rien n’est parfait sur la terre, comme le bien crée le mal qui n’existerait pas sans le bien, comme la lumière crée l’ombre qui n’existe pas sans la lumière, la lumière divine a besoin, vu l’imperfection de nos organes, d’être contre-balancée par la raison humaine ; il faut que les inspirations soient contrôlées par la logique ; il faut que l’humanité pose l’empreinte de son cachet sur les impulsions venues d’e?i haut, parce que l’homme ne peut être un Dieu ni un ange, et que ce qui doit habiter la terre doit porter la livrée de la terre.
Aussi les doigts lisses et pointus ont-ils des extases qui ne sont pas en rapport avec leur corps terrestre ; ils sont, lorsque la logique leur manque, tout excès; ils ne vivent pas avec les hommes, ils sont poètes, portés au lyrisme, et s’ils ont les qualités des poètes, ils en ont les défauts ; ils sont exagérés, quelquefois menteurs , parce qu’ils croient avoir vu ce qu’ils racontent; leurs mouvements mêmes, par suite de l’harmonie entre le physique et le moral, sont en rapport avec l’exagération de leur esprit ; ils posent et se manièrent.
Mais aussi ce sont les doigts pointus et lisses qui donnent les prêtres à extase, les vrais croyants, les gens
convaincus, les prédicateurs sublimes, car là ils sont dans leur rôle, ils sont l’intermédiaire entre la terre et le ciel. Ce sont eux qui nous ont donné les poètes inspirés: Milton, Shakspeare, Schiller, Gœthe, S\vedenborg, Chateaubriand, Victor Hugo, George Sand.
Le doigt carré, par sa forme large, arrête un moment le fluide et laisse à la partie sublime de l’humanité, la raison, le temps de peser les inspirations et de les comprendre. Aussi les doigts carrés et lisses représentent-ils le monde abstractif dans l’art et la poésie. Molière, Ilegnard, La Fontaine, Voltaire, le Poussin, Louis XIV, Turenne, Vauban, avaient les doigts carrés.
Les doigts spatulés, par leur largeur offrent un obstacle plus grand encore.
Aon-seulement ici le raisonnement apporte ses lumières, mais dans le débat l’humanité a l’avantage, la matière l’emporte sur la pensée.
Cependant, si les doigts soit pointus, soit carrés, soit en spatule, sont sans nœuds, le lluide reprendson cours sans obstacle, comme un fleuve qui traverse une plaine, et alors rimpres3ionnabilité est toujours vive, seulement à des degrés dilVérents.
(( Les doigts sans nœuds, dit M. d’Arpentigny, portent en eux le germe des arts. Si positif que soit le but vers lequel leur intérêt les pousse, ils procéderont toujours par l’inspiration plutôt que par le raisonnement, par la fantaisie et le sentiment plutôt que par la connaissance. »
Ajoutons, cependant, qu’ouü’e la dilïérence des instincts (|ui résultent de leurs formes pointues, carrées ou en
spatule, la longueur plus ou moins grande des doigts viendra encore introduire une modification.
Les mains courtes, chez lesquelles le fluide a moins d’espace à parcourir, ne verront que les masses ; les doigts longs, à travers lesquels le fluide circule plus longtemps, s’occuperont principalement des détails.
Et remarquez que, dans notre système, nous ne sommes nullement en désaccord avec la médecine, puisque Muller, dans sa physiologie, après avoir parlé de la rapidité d’action du fluide impondérable, ajoute :
« On regarde comme très-probable que la rapidité de l’action nerveuse varie suivant les régions du système nerveux, ou même selon les individus, comme le prouve le résultat des expériences communiquées ù, l’assemblée générale des naturalistes, à Heidelberg, par Treviranus, et Nicolaï, directeur de l’Observatoire de Mannheim b »
Cela seul suffirait pour donner raison ii la plus ou moins grande rapidité de l’infiltration du principe impondérable favorisée ou retardée par les doigts pointus ou spatulés.
Ainsi, les hommes à doigts pointus et lisses seront poètes, artistes, aptes à l’inspiration, à la divination môme; ils seront amants des beaux-arts, ils auront le goût de la forme et de l’élégance.
Dans la vie, toujours entraînés du côté du roman, ils seront poètes, artistes d’imagination mais ils ne prendront jamais pour guide la vérité ou nature. Ils seront