UN ENTR ACTE
Au tomber du rideau, un mouvement général eut lieu dans la salle, en même temps qu'un murmure s'élevait de toutes parts. Le parterre se mit à causer; les galeries commencèrent une multiple et bruyante conversation ; les loges se firent des visites. Il n'y avait peut-être dans toute la salle que la pauvre mistress Burnett qui ne pût communiquer à personne les impressions qu'avait produites en elle la musique allemande et le talent de ses interprètes. Mais elle vivait d'espoir et pensait que le galant capitaine Paddy O'Chrane reviendrait bientôt avec des oranges.
La loge la plus bruyante était, sans aucune espèce de contradiction, la grande baignoire qui contenait Lantures-Luces et les dandies. De cette loge partaient à chaque instant des exclamations qui s'efforçaient d'être originales et spirituelles, des épigrammes gros-salèes et d'extravagantes offres de gageures. Lantures-Luces se mêlait peu à la conversation. Il lui manquait deux choses : la signera Briolla, qu'il lâchait d'afficher, et qui lui échappait par chaque tangente, et son lorgnon en paire de ciseaux, son cher lorgnon dont il sentait bien douloureusement la perte.
Rio-Santo, qui s'était rendu dans la loge de lady Campbell, où il avait sa place, revint, en faisant ses visites, vers la comtesse. Il s'appuya sur le dos de son fauteuil et promena son binocle par la salle avec indifférence.
— Mais je ne me trompe pas, dit-il tout à coup avec un air de joyeux étonnement, voici madame la princesse de Longueville !
— Où? demanda la comtesse.
— Là-bas, madame, à côté de miss... à côté de lady Campbell.
Vous permettez que j'aille lui offrir mes hommages : je l'ai connue beaucoup à Paris.
— Qu'elle est belle! dit involontairement Opliélia.
— Elle passait pour être la plus belle femme du faubourg Snint- Germain, qui est le lieu du monde où l'on rencontre le plus de belles femmes, répondit Rio-Santo en saluant pour se retirer.
La comtesse le suivit un instant de l'œil et reporta ses regards sur Susannah. Celle-ci était réellement éblouissante. Elle portait une robe de velours bleu foncé dont la nuance ne se révélait que par les reflets d'azur qui couraient le long des arêtes de chaque pli et vers le sommet des profils. Cette couleur mate et sombre faisait ressortir la chaude carnation de ses épaules et mettait en relief les contours exquis de sa gorge demi-nue, sur laquelle une magnifique agrafe de diamants faisait glisser par intervalles de blanches et rapides lueurs. Ses beaux cheveux noirs, domptés par la main d'une camériste habile, tombaient njaintenant en masses symétriques et comme affaissés sous le poids de leur luxuriante abondance. Çà et là, sous une boucle agitée, ou parmi les tresses qui s'enroulaient à quadruple tour sur son peigne d'or, on voyait scintiller l'éclair d'un diamant, comme on voit par les nuits noires d'automne briller sous quelque massif de verdure Id thorax phosphorescent d'un lampyre.
La belle statue vivait maintenant. Autour de son front de reine il y avait comme une auréole d'intime et vague jouissance. Son regard brûlait sous l'arc renversé de ses grands cils de soie. Sa pose n'avait plus seulement cette grâce immobile que peut chercher et trouver un sculpteur; c'était un véritable réveil : Galatée avait frémi, mais elle avait frémi, avant le baiser de Pygmalion.
Car ce divin sourire, il n'avait fallu que" l'espoir pour le faire éclore.
Susannah attendait.
La porte de la loge s'ouvrit, et Rio-Santo entra. Susannah leva sur lui un regard indifférent. Ce n'était pas lui qu'elle voulait. A ce regard Rio-Santo répondit par un autre, perçant, froid et scrutateur. La belle fille, habituée à ne s'étonner de rien, ne put soutenir ce coup d'oeil puissant et bizarre qui sondait, qui fouillait, qui retournait son âme. Un poids se suspendit à ses cils ; sa paupière tomba sous l'effort d'un trouble invincible. Elle sentit quelque chose comme de la crainte et du
respect devant cet homme qu'elle n'avait jamais vu pourtant et dont elle ne connaissait point le nom.
Au moment où elle-baissail les yeux, un nuage passa sur le front hautain de Rio-Santo. Il sembla chercher parmi ses abondants souvenirs... peut-être quelque ressemblance lointaine.
— Madame la princesse, dit-il, veut-elle bien me permettre de lui offrir mon respectueux hommage?
— Le marquis de Rio-Santo, ma chère enfant, ajouta la duchesse de Gèvres en guise de présentation.
Susannah s'inclina et dit à voix basse :
— On m'a dit bien des choses, monsieur. Je me souviens de quelqupsunes; j'apprendrai les autres...
— Je ne vous comprends pas, madame, l'interrompit en souriant Rio-Santo. J'étais venu pour vous parler de Paris. Quelles nouvelles de France, s'il vous plait?
— Le marquis ne sait rien, mon ange ! glissa la duchesse à l'oreille de Susannah.
— Je croyais qu'il était le maître que je dois servir 1 balbutia la belle fille en rougissant.
Rio-Santo la contempla encore durant une minute.
— Madame, dit-il ensuite à la Française qu'il avait attirée au fond de la loge, trouvez sur-le-champ un prétexte pour faire retraite. Il faut que cette jeune fille soit seule quand je reviendrai dans la loge.
Cela dit, il salua Susannah et sortit.
Madame la duchesse douairière de Gèvres fut peut-être un peu blessée de ce brusque congé, mais il n'y parut point.
— Ma chère enfant, dit-elle, j'aurais voulu rester près de vous pour vous guider et vous soutenir, mais je me sens sérieusement indisposée, et, à mon âge, il faut de la prudence. Je vais vous laisser seule, Susannah ; souvenez-vous bien de mes instructions. Obéissez aveuglément à tout homme. — fùt-il un mendiant de la rue, — qui prononcera à votre oreille les paroles que je vous ai dites. Quant au marquis, ma fille, plus d'indiscrétion, je vous en supplie !... Le marquis n'est pas des nôtres.
— Madame, demanda Susannah, ne verrai-je pas bientôt Riian de Lancester?
J' fhUippotAau.T (tel
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La vieille Française se prit à sourire.
— Patience, ma toute belle, patience! répondit-elle ; vous le verrez bientôt, et vous le verrez longtemps.
Madame la duchesse douairière s'enveloppa dans sa douillette. Susannah resta seule.
Rio-Santo était venu vers lady Ophélia. Il s'assit auprès d'elle et ouvrit la bouche pour parler, mais, — chose à coup sûr fort étrange, car il ne fallait pas peu pour intimider Rio-Santo, — ■ il hésita et sembla chercher ses paroles.
C'est qu'il allait tenter une démarche hardie. C'est que, si grand que fût l'amour de la comtesse, les premières paroles de Rio-Santo devaient révolter en elle, il le savait, tous les instincts de sa lierté d'Anglaise et de lady. Or, ce sont là choses périlleussts à soulever, car souvent, chez nos dames, ces instincts sont plus forts que l'amour. Aussi le marquis, sentant pour ainsi dire le terrain trembler sous ses pas, hésitait et gardait le silence. Les femmes qui aiment devinent. La comtesse vint à son secours.
— Auriez-vous quelque chose à me demander, milord? dit-elle.
— Oui, milady, répondit Rio-Santo dont le malaise fut légèrement diminué par cette avance ; j'ai une grâce à vous demander : un service, futile en apparence, et qui, en d'autres pays, serait la chose du monde la plus simple, mais qui, eu égard à vos mœurs anglaises... Mais je crois, voyez-vous, que j'ai trop tardé à vous dire ce dont il s'agit. Madame la princesse de Longueville, dont j'ai mis souvent à contribution à Paris la charmante hospitalité, se trouve seule avec sa tante, madame la duchesse de Gévres. Madame la duchesse a été forcée de se retirer. Je serais bien heureux, milady, si vous daignirz me venir en aide pour acquitter envers la princesse ma dette de courtoisie. J'aurais l'honneur de vous la présenter...
— Ici, milord? interrompit Ophélia.
— Si vous voulez bien le permettre, milady.
— Non, milord ; cela ne peut se faire ainsi, les convenances...
— Vous me refusez! dit Rio-Santo avec reproche. La comtesse se leva.
— Milord, dit-elle, veuillez me donner voire bras; pour acquitter comme il faut votre dette, il est bon que les premiers pas soient épar-
gnés à l'étrangère. Vous me présenterez à niadaine la princesse de Longueville, et j'aurai l'honneur de lui ollrir ma loge, milord.
Rio-Santo baisa la main d'Ophélia avec une véritable reconnaissance, et la comtesse se trouva payée par le caressant amour qu'il mit dans son regard.
Quelques secondes après, la comtesse et Rio-Santo entraient dans ]a loge de Susannah. Celle-ci, au grand étonnement du marquis, qui venait de la voir timide et embarrassée, fit les honneurs avec une grâce simple, mais parfaite. Elle répondit aux avances de la comtesse comme il convient et de manière à soutenir la vieille réputation de cette noblesse de France qu'elle était censée représenter, et qui passe à raison ou à tort pour la plus courtoise de l'univers.
Si le marquis- de Rio-Santo avait un intérêt personnel et sérieux à ouvrir pour Susannah les portes closes du grand monde britannique, il dut vivement s'applaudir. Le résultat dépassait toute aliente. Deux dames, — une princesse et une comtesse, — présentées l'une à l'autre par un homme, à Londres! C'était un travail herculéen, un miracle accompli !
Et maintenant tout était dit. Le premier pas franchi, plus d'obstacles. Au bras de la comtesse de Derby, Susannah pouvait entrer partout, car elle portait titre de princesse; et primer partout, car elle était belle entre les plus belles.
Mais, sans lady Ophélia, son titre de princesse eût été comme ces clés d'or qui ne s'adaptent à aucune serrure. Il faut être présenta. C'est la règle, c'est l'axiome, c'est le pivot éternel, autour duquel j)urne incessamment l'échafaudage entier de l'étiquette anglaise.
Rio-Santo prit congé lorsqu'il evt ramené les deux dames à la loge delà comtesse.
Susannah s'assit. Tout aussitôt, les quinze ou vingt lorgnons de la grande loge du rez-de-chaussée se braquèrent impétueusement sur elles, et l'on entendit toutes sortes d'exclamations admiraiives, jointes à des offres de parier qu'elle n'avait pas vingt ans, — qu'elle était Itilienne,, — qu'elle avait plus de cheveux que la Briotta, — - que son agrafe valait deux mille livres, etc., etc.
Lantures-Luces aurait bien voulu parier, mais il avait perdu son binocle en paire de mouchettes. Il s'écria :
— Je ne vois pas cette lady, sans cela, je parierais tout ce qu'on voudrait. Brian, vive-Dieu 1 trés^cher, dites-moi votre avis sur les cheveux de cette belle inconnue... Voyons 1
Brian de Lancester était dans l'ombre, au fpnd de la loge.
— Quelqu'un de vous a-t-il aperçu milord mon frère? demanda-til au lieu de répondre à la question de Lantures-Luces.
Les dandies répondirent négativement, et l'un deux ajouta:
— Est-ce que vous voulez lui payer sa rente ce soir, Lancester? — Je suis venu pour cela, messieurs.
Il se leva et se pencha vers le devant de la loge.
— Une admirable femme ! dit-il en apercevant Susannah. Au revoir, messieurs, je vais chercher milord mon frère.
— Pauvre comte I reprit le dandy lorsque Brian fut parti, savezvous, messieurs, qu'à la place du lord de White-Manor ce diable de Brian me rendrait fou !
Susannah et la comtesse étaient restées seules et en présence. De la part d'Ophélia, il y avait certes bien des motifs de préventions dé-* favorables conire cette femme qui lui était ainsi brusquement imposée, que Rio-Santo avait connue et qu'il tenait tant à servir ; mais bien fou celui qui voudrait subordonner à des causes logiques ou seulement réelles ces sentiments capricieux qui sont en somme la femme. La comtesse fut invinciblement et dès le premier abord attirée vers Susannah ; elles sympathisèrent tacitement avant d'avoir échangé d'autres paroles que les offlcielles banalités d'une présentation. Puis lorsqu'elles se parlèrent, elles pensèrent toutes deux en même temps qu'elles s'aimeraient. Elles causèrent donc sans souci de l'attention que la salle entière portait sur la nouvelle venue et sans s'inquiéter des exclamations diverses partant de la loge infernale^ comme l'appelait le petit Français Lantures-Luces, lorsque Brian de Lancester se pencha sur le devant de cette même loge pour regarder Susannah. La belle fille l'aperçut et s'arrêta au milieu d'une phrase commencée. Tout son être fut instantanément immobilisé. Lacomtesae eut presque sa part du choc, tant il fut violent et subit ; elle remarqua la pâleur de Susannah, et, suivant curieusement son regard, elle vit Brian qui sortait de la loge infernale.
— Elle l'aime l pensa-t-elle.
Car c'est là le premier, l'unique soupçon qui vienne à l'esprit d'une femme. Du reste, on peut affirmer que ce soupçon doubla tout d'un coup sa sympathie, par cela même qu'il mettait Rio-Santo hors de cause.
Susannah, elle, s'attendait à voir entrer Brian de Lancester dans la loge. Ce fut donc avec un pénible étonnement qu'elle l'aperçut visà-vis d'elle, assis auprès de lady Campbell. Elle baissa la tête et devint triste.
— Il va venir, dit une voix à son oreille.
Susannah se retourna. Il n'y avait personne derrière elle, mais le vaste écran qui fermait la loge voisine se prit à osciller, et Susannah crut apercevoir, par l'ouverture que produisait à intervalles égaux le balancement de l'écran, l'insignifiant profil de l'aveugle Tyrrel. Elle se pencha pour mieux voir, l'écran cessa d'osciller.
Cependant le bon capitaine Paddy O'Chrane, au lieu d'acheter les oranges promises à la rouge et trop crédule tavernière des Armes de la Couronne, sortit du théâtre, traversa Bow-Street et s'arrêta au coin de Belore- Lane.
— Un homme adroit! murmurait-il; du diable si c'est difficile à trouvera cette heure aux environs de Covent-Garden 1 Mais un homme sur, c'est autre chose! Il y a ce coquin repoussant, mon vieil ami Bob, qui volerait la langue d'une femme bavarde avant qu'elle eût le temps de dire seigne'jr Dieu ! Mais dites-lui donc de rapporter la langue ! Quant à ce misérable reptile de Snail, l'aimable enfant, il est assurément impossible de trouver un animal plus pervers et plus nuisible. Il ira loin, je me fais sa caution, de par Satan ! Mais c'est bien jt une pour travailler en public, soasla lumière du lustre. Il est dit, ou que Dieu me foudroie! que je ne pourrai pas conduire un soir mistress Burnett au théâtre sans qu'il arrive comme cela...
Le capitaine n'acheva pas. Il avait mis sans doute un terme à ses irrésolutions, car il enfila Before-Lane à grandes enjambées et poussa du pied la porte chancelante de : PThe ipe and Pot et entra. Le cabaret dePegWitch avait une apparence beaucoup plus animée que naguère. Madge, impassible, fumait, buvait et ne disait rien. Mich avait ses deux coudes appuyés sur la table. Sa tête était nue. Une tumeur sanglante apparaissait au-dessus de sa tempe, et, de temps en temps, une goutte
de sang paie et blanchâtre coulail le long de ses cheveux trempés de sueur et tombait sur son épaule.
Dans un coin, Loo, stupéfiée par l'ivresse, dansait en chantant un refrain monotone et sourd. Personne ne prenait garde à elle. La pauvre fille, épuisée par cet effort insensé, râlait et suait à grosses gouttes. Sa creuse poitrine haletait. Deux taches écarlates brillaient aux pommettes de ses joues livides. De temps en temps, elle s'approchait de la table et demandait à boire.
Dans un coin, Bob-Lantern, attablé devant un petit morceau de fromage moisi, achevait un très-frugal repas qu'il arrosait de petite bière.
L'entrée d'un personnage important comme était le capitaine Paddy O'Chrane ne put manquer de faire sensation. Peg se leva à demi par respect ; Assy-la-Rousse cassa un verre ; Snail vagit comme un matou amoureux ; Madge fit une sorte de salut militaire -, Loo demanda à boire et Bod-Lantern fit disparaître avec une rapidité magique certain foulard dans lequel il était en train de se moucher. Il n'y eut que Mich qui ne bougea pas.
— Bonsoir, Peg, laide mégère, dit le capitaine; bonsoir, ma vieille amie. Servez-moi un verre de rhum, Assy ; vous devenez plus sale qu'une serviette de quinze jours, mon cher cœur !
Il fit quelques pas en avant et se trouva bientôt entre Snail et Bob. Ses irrésolutions recommencèrent de plus belle.
— Bonsoir, capitaine, lui dit Snail.
— Mon bon monsieur O'Chrane, prononça respectueusement Bob, je vous salue.
— Ma foi, va pour ce méchant reptile de Snail, le pauvre bijou! murmura Paddy; cet odieux bandit de Bob est un estimable garçon, mais il me fait peur!
— Aurons-nous l'honneur déboire avec vous, capitaine ? demanda Snail.
— Oui, de par Dieu ! bambin digne de la roue, mon fils ; je boirai avec toi ! et avec le gros Mich, masse slupide, estimable drôle ! et avec ta jolie Madge, comme tu l'appelles, quoi(iue... Mais que me f.iii cela? Et même avec Loo, li pauvre fille. Du diable, mon bieii-aimé, si on peut boire en plus abominable compagnie. A vos santés !
— A la vôtre! moiisieur O'Chraiie, dit par derrière Bob-Lantern qui iiuma une gorgée de sa petite bière.
— Bien ! pestilentiel scélérat, bien, Bob, mon camarade ; je n'ai pas besoin de dire ce que je te souhaite. Maintenant, Snail, mon jeune ami, de par l'enfer ! parlons sérieusençient, si c'est possible.
Snail éclata de rire.
— L'entends-tu, ma jolie Madge ! s'écria-t-il ; Loo, l'entends-tu ? Parler sérieusement, un jour de paye, un soir de (un l Allons donc, capitaine !
— Tu ne t'en repentiras pas, Snail.
— Vous ne savez donc pas, capitaine, qu'il y a eu un regular row ^ au spirit-shop de Bow-Street!
— Que m'importe cela, fils mineur de Satan?
— Ah ! que vous importe! Regardez la tempe de Mich, mon beaufrère. Mich et Turnbull se sont disputés et battus comme d'honnêtes vivants, voyez-vous. Mais les policemen sont venus. Mich et Tom se sont donné rendez-vous ici pour ce soir. Il y aura du fun et je ne m'en irais pas quand il s'agirait de la barbe de ma jolie Madge !
— Mais, méchant avorton, s'écria le capitaine indigné, mon enfant chéri...
— Écoutez! interrompit Snail, qui se ravisa tout à coup, Mich est un bon garçon, quoiqu'il frappe trop souvent la pauvre Loo... si je vais avec vous, donnerez-vous à Mich la place de Saunie l'aboyeur?
— Tout ce que tu voudras, bambin maudit.
— Tu entends, Mich ? tâche de ne pas te faire assommer ce soir, beau-frère. Allons, capitaine !
Paddy se hâta de prendre Snail au mot et tous deux gagnèrent la ruelle.
Bob se leva doucement et les suivit.
1 Bagarre, bataille à coups de poing.