LE POISON
Le comte de Bouctouche redoutait les menées ds Caraquette.
Il s'agiscait de faire disparaître au plus tôt le seul témoin de son premier crime.
Que lui importait une infamie de plus s'il réussissait à s'emparer des millions de la famille de St-Simon ?
Le comte ne perdit pas de temps, il attela un ch^al Bayard à un b^g-board et se mit eu roate pour Sie-Thérèie où C.éophaa bambochait avec des amis d'occa sion
Lorsque Bouctouche entra dans
l'hôtellerie de Ste-Thérèse, l'Angelus du eo'ir venait de sonner.
Il rencontra son homme devant l'auberge s'amusant à jouer au tête ou bitche avec deux employés du chemin de fer du Nord.
Eq voyant arriver son maître, Cléophas lâiha sa partie et entra dans l'hôtel.
Il fut questionné sur tout ce qui s'était passé à Ste-Thérèse depuis le départ du comte.
Le Betit Pite s'ennuyait au collëga. '
Il ne montrait aucun goût pour l'étude.
Pendant ses classes au lieu d'écouter les instructions du professeur, il jouait à pique ou noc avec ses petits camarades.
Il avait déserté deux ou trois fois la cour de récréation pour al 1er s'acheter du tabac à chiquer dans les groceries du village.
Bref, ses professeurs commençaient à en désespérer.
Le comte en apprenant ces mauvaises nouvelles se Fendit de suite au collège et réassit, à force de supplications, à faire consentir le directeur à le garder pendant au moins un moiB.
Il rentra à l'hôtel et s'enferma dans un salon particulier avec maîcre Cléophaa.
Il la téiiciia sur sa conduite et lui paya une d;z-ùne de traites et iro'u 01 ({'mit; verres d'niitrej.
Cléophas qui s'était rincé la dalle une vingtaine de fois pendant la jonrnée ne tarda pas à se sentir nn peu casquette.
Le comte profita d'un moment où C'éophas était allé dans la cour de l'hôtel, pour verser dans son verre environ soixante gouttes d'acide prussique.
Cléophas rentra et fut invité a prendre une autre traite qu'il accepta.
lie comte commençait à avoir le cerveau troublé par les fumées des alcools. Il se trompa de verre. Il lampa la gobe fatale.
L'effet du poison fut instantané.
Il poussa un soupir comme s'il se fut senti suffoqué. Il tomba lourdement sur le plancher, gigota pendant quelques instants et rendit le dernier Eoupir.
Cléophas resta pétrifié devant le cadavre du comte.
Il se croisa les bras et dit :
— Je cré ben qu'il a pris de la poéEOD.