L'HOMME AU CHAPEAU DE CASTOR GRIS
Ste-Cunégonde et demanda un repas et une chambre pour la nuit.
Après avoir mis son cheval dans l'écurie, il monta dans eon appartement le coffret qu'il avait volé à Cléophas.
Bénoni ferma à clé la porte de sa chambre et ouvrit le coffret.
Il y avait assez d'argent pour faire la fortune de dix hommes.
Avant de toucher l'or, Bénoni eut un moment d'hésitation à la pensée du crime qu'il avait commis.
Il venait d'écouter pour la première fois le reproche secret que la conscience adresse au coupable. C'est le remors qui venge la justice humaine impuissante car jamais le criminel ne parvient à s'y soustraire.
Le fantôme sanglant de Cleophas se dressait devant lui.
Bénoni chercha dans l'ivresse une distraction à la douleur poignante que lui causaient ses re mords.
Il descendit dans la buvette de l'auberge et avala deux ou trois verres de boisson forte.
Il reprit un courage factice et remonta à sa chambre.
Il mit une cinquantaine de dollars dans son gousset, et roi ennuie coffret.
Il pensa au père Sansfaçon qui allait être alarmé par l'ai ce prolongée de son ami
H fit atteler son cheval et se mit en route ponr la résidence du vieux cocher. Il était alors cinq heures et il faisait déj\ nuit.
Il put suivre la rue St-Joa sans craindre d'être moleBté par la police.
La vieille ropse, ravigottée par une bonne portion d'avoine, avait pris une allure assez raieonnable.
Béf oui en traversant le carré Chaboillez se sentit irieonner sous les atteintes du froid.
Il était riche; pourquoi se refuserait-il le luxe d'un uister.
Il entra chez Beauvais et acheta, pour $10, un pardessus d'hiver qui lui allait comme un gant.
Il continua ensuite sa route et suivit la rae Notre Dame jusqu'à la Place D'Armes où il fut obligé de faire un écart afin d'éviter un cheval qui avait pris le mors aux dents.
Il y avait un resremblement au coin de la rue St Salpice. Bénoni entendit quelqu'un disant qu'une jeune fille \ écrasée.
Il arêta son cheval, doseondit de voiture et \ éntara s le
groupe lorrré autour de la \ tirne do l'accn!» ;
Il voulut vôiï les traita do la jeune fille II niier rt vit [Ji
par deux charr-
ohait av
ques gouttes de sang eur une blessure à Jatête.
La jeune fille avait eu plus de peur que de mal. Au moment de l'accident elle portait dans ses bras une douzaine de gros capot qu'elle portait à un magasin de confection en gros.
Le timon de la voiture avait frapper les marchandises qu'elle portait et en tombant elle s'était égratigné la tête sur la glace du pavé.
Ursule reconnut Bénoni qui lui prit le bras et la fit monter dans sa voiture.
La jeune fille raconta à son ami les circonstances de l'accident.
Bénoni avait bien des choses à dire à son ancienne amante qu'il n'avait pas vue depuis le soir de son arrestation.
Tout en conversant, Bénoni conduisit Ursule au magasin où elle devait déposer ses capots.
Lorsque Ursule iut remontée dans la voiture elle dit à son ami qu'elle gagnait sa vie à travailler pour les tailleurs. Le toit paternel lui était devenu odieux depuis que le père Sansfaçon se livrait à la boisson et maltraitait sa mère dans ses ribottes.
C'était la veille du jour de l'an et Ursule se proposait d'aller passer la veillée avec ses parents.
Bénoni lui dit qu'il se rendait immédiatement chez le père Sans-
façon qui attendait son agrèb pour commencer à rouler.
Les deux amants, quelques minutes après, étaient dans le domicile du vieux charretier. Ce dernier avait roupillé pendant tout l'après-midi et devenu sobre comme un juge de la cour de circuit.
La mère et la fille s'embrassèrent dans une étreinte d'affection touchante.
Le père Sansfançon était enchanté de voir l'entant qu'il croyait perdu.
Bénoni se mit à table avec la famille et fut un véritable bouten train pendant tout le repas.
Le vieux charretier immédiatement après eon souper, prit son agrès et se rendit sur la stand, où la nuit promettait d'être exceptionnellement bonne.
Les deux amoureux se contèrent toutes leurs aventures depuis leur longue séparation.
Ursule était toujours la même :
son cœur n'avait pas changé.
En mainte et mainte occasion elle avait été l'objet des attentions de quelques jeunes gens qui ne cherchaient qu'à effeuiller sa couronne de vertu. Elle avait repouseé leur hommage et elle gardait pour Bénoni les prémises de l'amour le plus pur.
Ursule s'était détachée de la comtesse de Bouctouche dont les
allures lui semblaient suspectes depuis pa sortie de prison.
La veuve habitait une maÎFon richement meublée sur larueSte- Elisabcth et ses moyens d'ex;stecce semblaient problématique.
Ursule n'avait passé que trois ou quatre jours à la nouvelle ré idence de la comtesse et elle n'avait pu pénétrer le secret de sa mystérieuse fortune.
Bénoni pressa dans sa main les doigts d'Ursule et lui renouvela les serments du Jardin Viger.
Il dit à son amant que la fortune avait fini par lui sourire et qu'il venait d'hériter d'une de ses tantes dans le Grand Maka.
Bénoni, vers onze heures du soir, prit congé d'Ursule qui pas sa le reste de la nuit chez sa mère.
Le lendemain étant le premier janvier, il fallait mettre le ménage en ordre, et se préparer à recevoir les parents de la campagne.
Ou l'on retrouve le pftit