CONCLUSION
En prononçant ces dernières paroles Caraquette s'avança la
tête sur la table et fixa sur Bénoni deux yeux chargés de haine et de satisfaction.
Bénoni se tordait comme un supplicié sur la roue. Toute résistance était impossible, il voyait toujours le revolver chargé dans la main de son ennemi.
Il essaya de désarmer Caraquette en faisant appel à ses sentiments d'humanité.
— Vous n'êtes pas chrétien, dit Bénoni, en tombant à genoux, les mains jointes, devant l'implacable Caraque te, votre cœur est donc aussi dur qu'un caillou. Vous êtes sans entrailles, vous n'avez donc jamais aimé ? Quoi ! vous serez assez cruel, assez barbare pour m'arracher aux embrassements de l'idole de mes rêves ?
Oh ! par pitié, monsieur Caraquette, laissez- moi au moins deux ou trois heures d'un bonheur pur, ensuite faites de moi ce que vous voudrez. Ursule, ma bien aimée est là sans connaissance, vous allez la taire mourir par le coup qui me frappera. Oh ! par pitié pour mon amour laissez-moi ici jusqu'à demain matin.
— L'amour ! l'amour ! fit Caraquette, en se carressant le menton de la main gauche, tu crois donc à l'amour, scélérat. Allonsdoac, tu as trop de philosophie pour cela. Allons, allons, trêve de doléances, fiche moi la paix avec ton pathos. Ho ! de-
bout, monsieur le meurtrier. Ma vengeance à soif de ton sang. Il y a assez longtemps que j'attends.
Bénoni en entendant ces dernières paroles bondit comme un tigre et s'élança les poings formés sur l'homme au chapeau de castor gri8.
Caraquette s'attendait à cette attaque et d'un coup de la crosse de son revolver appliqué sur la tempe de Bénoni, il retendit sur le plancher.
Le bonhomme Sansfaçon et son épouse éveillés pa le fracas sortirent de leur lit en queue de chemise.
Qu'est-ce que ça veut dire, tout ce train là dans ma maison ?
demanda le vieux charretier à Caraquette qui se tenait debout et immobile dans la salle le revolver braqué sur Bénoni.
— Cela veut dire ceci, dit l'homme au chapeau de castor gris en tirant de la po.he de son ulster une trompette à vache qu'il emboucha et fit retentir fortement pendant cinq ou six secondes.
La porte de la cuisine s'ouvrit et un piquet d'hommes de police entra dans la salle avec le détective Lafon, le coroner Jones et son secrétaire qui portait tout i' agrès d'une enquête.
— Emparez- vous de cethorumo.
C'est un assassin. Le oarpi de sa victime est là bas dans la cour,
enseveli sous le tas de fum er.
Arrêtez ce charretier et sa femme comme complices du crime.
Qaelquee es après le ca-
davre de Cléophas, découvert par les policiers fat trunsj ians
la salle k dîner et déposé sur le plan h
L'* e du coroner commen-
ça immédiatement.
Caraquette dans sa déposition relata les circonstances du crime de Bénoni
Le verdict du jury accu 3a ce dernier du Tneurtre et le père Sansfaçon fut dénoncé comme complice.
Les deux rréveuus furent arrêtés par la police et conduits au poste central.
Le cadavre de Cléophas rut livré aux étu liants en médecine da collège Victoria.
Le petit Pite quelques jours plus tard tombait entre les mains de la police sous la prévention d'avoir volé 25 cents que l'avocat Jules Piton lui avait confi acheter une bouteille d Traduit devant le Juge Dagi fut condamné à trois années d'école de réforme.
La pauvre Ursule dont le 1 heur avait été brisé par le crime de sou ninri, s'est engagée comme cuisinière au restaurant de la mère Qigogno.
Caraquette reçut une de
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lis
la Baie des Chaleurs lui mandant que M. Malpèque était le véritable1 héritier collatéral des Bouctouche.
M. Malpèque vivait à Montréal bous le nom de Alphonse Briquet et courtisait la veuve Bouctouche.
Celle-ci accueillit favorablement ses hommages et lai accorda sa main. Le mariage eut lieu à l'église S t Jacques au milieu d'un grand concours des aristocrates du quartier*
Caraquette rendit le trésor à son véritable propriétaire et alla se fixer sur une des belles terres de la Eouge, à cent mi 11 ce plus haut que 8t- Jérôme.
Bénorâ subit son procès à la Cour du Banc de la Reine et fut condamné à mourir sui la potence. Il se prépara à la mort comme un bon chrétien et monta les degrés de la potence comme un blood.
Le Marquis de Malpèque et sa femme achetèrent une magnifique propriété sur la rue S t- Denis, et élevèrent une nombreuse famille.
Mardi dernier il allait voter comme un brick pour l'honorable Jean Louis Beaudry.
Comme vous voyez tout est bien qui finit bien.
La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance