‹ Les mystères de Montréal [microforme]Chapitre 15 sur 41 · JN J0B · texte numérisé non relu

JN J0B

Griffatown fut

Cléophas frappa vainement à

bien des portes pour obtenir de l'ouvrage.

Il se trouva jeté sur le pavé et

réduit à lôfer sur les quais, pendant que sa femme s’échignait à.

gagner sa vie et celle de ses huit enfants,

Cléophas obtenait quelque fois

un engagement temporaire pour charger les navires.

Il dépeneait le salairo de es:

journée à boire chez Joe Beef, il passait ces veilléoes dans un estaminet borgne du quartier Ste-.

Anne où l’on dansait le cancan avec des grisettes françaises.

Peu à peu il s’associait avec les

plus mauvais sujets du port.

Un jour après avoir travaillé à

dé‘harger du rhum d’un navire de la Jamaïque, il avait réueei à

faire sauter la bonde d’une barrique. Entre midi et une heure, au lieu d’entrer chez Joe Beef, pour griguoter eon lunch, il s’était muni d’une paille et humait la liqueur à bouche que veux-tu.

Son cerveau fut envahi par les famées de l’ivresse. Il roula sur le quai et s’endormit à l’ombre au pied du mur de revêtement. Il dormit une couple d'heures. Il avait ses manches de chemise relevées jusqu’au deseus du coude. Sur son bras gau-

che il exhibaït un tatouage des.

mieux réussis, représentant deux

nez vo Venez

votre :

—£ rieux, faire et touage vôtre, ; paroles ne pari nez, vo Ear tit des dollars —M

cœurs unis, avec la date de son|disaine de paa et vous entreres

mariage avec Scholastique.

dans une auberge que je vous indi-

En ouvrant les yeux il vit près de | querai.

lui an individu mis avec une cer-

Cléophas se dépêcha de mettre

taine recherche et famant un ci-|sa bougrine et suivit l'étranger

gare à l’arôme des plus délicats.

Le monsieur paraissait l’examiner axec une certaine curiosité.

L’étranger lui dit :

—Ecoutez, l’ami, savez vous que vous avez là un tatouage maguifique ?

Est-ce vous qui avez dessiné ces deux cœurs ?

—Je penserais, répondit Cléo-

qui se dirigea vers le marché de Bonsecours.

L’individu qui venait de donner les $10 À Cléophas n’était autre que le comte de Bouctouche.

Le comte et Cléophas suivireni la ligne des quais jusqu’au débarcadère des vapeurs de Québec. Ils passèrent sur le Carré

phas en se levant et en poussant | Jacques Cartier, enfilèrent la rue

un gros hoquet chargé d’effluves alcooliques. (Ça me prend, moi, pour tatouer un homme.

St Amable et prirent la rue St Vincent.

Le comte entra dans le restau-

— Vous ne me paraissez pas ri- rant de la mère Gigogne et de-

che, l’ami.

guer cent piastres en or en trois jours ?

—Cent piastres en or! Me pre-|-

nez Vous pour une tête sèche ?

Venez donc pas m’achaler avec votre argent ?

—ÆEcoutez, l'ami. Je suis sé rieux, Si vous vous engagez à faire sur un jeune homme un tatouage aussi bien réussi que le vôtre, je vous donne cent louis, paroles de gentilhomme. Vous ne paraissez pas me croire. Tenez, voici un accompte.

En même temps l’inconnu eortit de sa poche un billet de dix dollars et le donna à Cléophas :

—Maïntenant, suivez-moi à une

Aimeriez-vous à ge-|

manda un salon privé.

Quelques minutes après il fat rejoint par Cléophas.

Le comte commanda une consommation.

Cléophas demanda du whisky et avala une gobe d’imprimeur.

Le comte après avoir lampé son chauffeur se redressa et se rejeta en arrière dans sa chaise. Ils’essuya le menton, descendit sa veste et, fixant des regards perçants sur Cléophas, il dit:

—Il y a quelquos minutes je vous ai demerdé si vous étiez cepable de tatouer une image sur cor)s d’un individu. ,Vous avez répoudu que vous aviez du talent pour ce genre de dessin Voici ce

-que j’ai à vous proposer. Voulez-| gentilhomme et je vous jure ma

vous que je fesse votre fortune ?

Voulez-vous en trois ou quatre jours gagner assez d’argent pour vous acheter une terre et, vous établir confortablement dans quelque paroisse du Nord de Mont-

. réal ?

—Avant de vous répondre, monsieur, j'aimerais savoir à qui j'ai affaire. Voulez-vous me dire votre nom, s’il vous plait ?

—Pour des raisons que vous saurez plus tard, vous devez ignorer qui je suis Qu'il suiise de vous dire que j'ai assez d’argent pour vous payer.

\Le comte ouvrit son portefeuille et montra à Cléophas une liasse de billets au montant de six Ju sept cents piastres.

Cléophas en voyant cette fortune ouvrit les yeux et sa vue commenes à s’égarouiller.

— Diable !- mon ami, dit-il, vous me paraissez assez coppé. Je vois que j’ai affaire à un particulier un peu swell,

—Avec ceux qui me servent bien je ne me montre pas cochonnier. Avant d’entrer dans les explications de mon plan, je veux m’assurer de votre discrétion.

Vous aller me jurer votre grande conscience du bon Dieu que vous ne soufflereg pas un mot à qui

grande conscience du bor Dieu.

Le comte reprit: Etes-vous capable de trouver un enfant de six oa sept ans, bien portant, appartenant à quelque famille de pauvres gens. Un enfant qui consentirait à se faire adopter par une des familles les plus riches de Montréal. Je veux le consentement des parents : T’enfant une foie donné, il n’y saura plus de revenez y.

—Je pense que j’ai votre affaire, dit Cléophas. Justement. Ilya le père Sansfaçon, le charquier de la stand de l'Eglise Bonsecours

qui pourra vous passer s0n petit | Pite. Le bonhomme a passé au feu dernièrement. Tout son agrès a péri et méiutenait il roule au quiers pour un de ses amis.

—Cet enfant, il me le faudra pour cet après-midi [L'affaire pretse. Une fois que je serai en possession du petit garçon je vous compterai $100 cash.

—Tenez, monsieur, si vous voulez m’attendre ici cinq minutes, je vais aller cri le père Sansfaçon.

— Bon. Partez et revenez au plus vite.

— Avant de partir, je paie quelquelque chose, dit Cléophas, qui sortit de sa poche le billet de dix

que ce soit de ce que je vais vous |piastres que le comte lui avait

dire.

—Je vous donne ma parole de

donné sur le quai.

Cléophss se colla une. grosse.

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cerise dans le fusil et sortit du restaurant de la mère Gigogne.

Dix minutes après le roulement d’ane voiture se fit entendre sur le pavé rsboteux de la rue St- Vincent. Cléophas et le ère Sansfaçon entrèrent dans l’estaminet.

Le vieux charretier, après s’être rincer la dalle deux ou trois foie avec Cléophae, écouta la proposition du conte.

Le bonhomme voulut savoir le nom de la personne à qui il devait confier son fils,

Le comte refusa et eut raison des objections du charretier en donnant deux billets de $10.

—En fin de compte, dit le père Sansfaçon, vous me parairsez faire de l’argent comme du poil. Je ne crois pas que mon petit garçon aie de la misère chez vons. Je vais vous l'envoyer.

Pendant cette conversation une voix stridente se fit entendre dans la rue. (C'était nn gamin qui criait: Une cent pour le Canard ! la Patrie! le Nouvea::- Monde !

—Tiens, dit le père Sansfaçon.

Ça s’adonne t'y bien. C’est ia voix de mon Pite.

Le vieux sortit de 18 maicon et courut après le gamin qui rentra avec lui chez la mère Gigogne.

VT

Ov ze rorir Prrg vA CHANGRR DE POIL.

Le père Sansfaçon qui commençait à avoir son plumet, gaffa son enfant par le collet et le fit entrer dans le salon pr.vé.

Le gamin résista et dit à l’auteur de ses jours :

—ÉEcoutez-donc vous, y a der imites pour maganer le monde !

Qu'est-ce que vous me voulez ?

—Assieds-toi là, mon fils, dit le père Sansfaçon. Regarde bier.

monsieur. Il a à te parler.

—$'il veut acheter ma doazaine de Canard qu’il avinde ses coppes.

Le comte, pour se’attirer le bounes grâces de l’enfant, lui donna une pièce de vingt cents pour sa douzaine de journaux.

—Merci, monsieur, dit le petit Pite. Vous êtes la pratique la plus “ game ” que j’aie rencontrée aujourd’hui.

Cléophas, qui connaiseait toutes les ruses diplomatiques pour obtenir un cuup, dit au comte en souriant :

—L’enfant prendra peut-être quelque chose, Veux-tu prendre un verre de ginger ale, P’ti Pite ?

-—Oui, pour vous saluer, seule.

ment je veux avoir un couteau dede :s.

—Bigre ! dit le comte, v’là an

ME Oh Ca à Ion vi ES RAS SR MEL M.

jeune homme qui est assez avancé pour son âge.

—Je l'ai fait élever pour en

faire un “ sport, ”” reprit le père

Sansfaçon, Tenez, monsieur si vous le connaissiez comme moi ?

Cet enfant là, dans deux ans, a appris à lire dans le Devoir. Il écrit la grosse et la petite écriture. Ila fait ea première communion l’année dernière. Il dit ses prières tous les soirs et matin, Aujourd’hui il est dans le monde et il travaille à son compte. (a vous gagne ses trente cents par jour en vendant des Patrie, des Nouveau- Monde et des Courrier de Montréal. Te samedi la vente da Canard lui rapporte au moins quatre chelins. Il a beaucoup de talent pour le commerce, 1l spécule sur les pigeons et les lapins.

Il fait de bons profits, mais il dé.

pense une grande partie de son argent sur les chiens. C’est un véritable “eport.” Dans quelques temps vous verrez que ce sera un des meilleurs ‘ cocas— siers ”” de Montréal.

Bien, dit le comte. Votre enfant est justement celui qu’il me faut. Voyons, mor petit, ai— merais-tu à venir demeurer avec moi? Je te donnerai de beaux habits, tu t’amuseras quand tu voudras et tu auras toujours de l’argent dans tes poches pour t’acheter des pigeons et des lapins.

Il faudra que tu viennes vivre avec moi À la campagne.

Le petit Pite ne prit pas le temps de réfléchir, il consentit immédiatement à suivre le comte.

Celui-ci lui donna une banknote de $2. L’entant était aux oiseaux ; il se croyait sous l’empire d’un rêve.

Cléophas grillait de fausser compaguie au riche étranger, Il lui tardait de faire la noce avec l'argent qu’il avait geçu sur le quai.

Le comte se recueillit quelques instants et dit à Cléophas :

— Vous, comment vous appelez-vous ?

—Cléophas Plouf, monsieur, pour vous servir.

—Æ£t bien, Cléophas Plonf, vous savez ce que j'attends de vous. Vous viendrez me rencontrer demain à deux heures de l'après-midi dans cette auberge.

Je vous donnerai alors un autre accompte sur l'affaire, Ensuite nous partirons dans le cours de l'après-midi pour le village où vous devrez faire ce que je vous dirai.

—C'est bien, monsieur, je suis votre homme. Vous pouvez compter sur moi.

—Qaant à vous, reprit le comte en se tournant du côté du père Sansfaçon, je vous donne $5 en accompte de votre marché, Demain trouvez-vous ici à deux heures avec l’enfant, je vous compterai la balance de vos $100 et tout ‘sera dit,

En Mère

touche Jacque Il m louage diriger Cher voiture Il re le bare:

nant À semenbé Vers comte é La co pliquer pour M fils était proie à te. Elle amie q!

conso)at Ureul pleurait fat Urat te et l’e:

Le co À sa fem —Ta Les Jarr dans ta

Le comte appela une dernière | dre un peu de repos. Console-toi

consommation, jeta une pièce de vingt cents sur la table et sortit

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