UNE ENTENTE
Oaraquette avait repris 6on sangfroid. Après quelques secondes de réflexion il dit à Cléophas :
—Ah ça ! je finis done par comprendre. Le trésor n’est plus en Æa possession, mais je veux te “prouver ma reconnaissance pour
m'avoir sauvéla vie. , Le coffret & ettout.ce qu’il contient sera à toi D" ce soir. Je ne sais pas. où il est; mais je crois connaître celui qui nous a voléc. Il est notre ennemi commun, Le voleur n’est ni plus ni moins que Bénoni, celui qui était avec nous chez Madame de Bouctouche le soir où nous avons été arrêté par Ja police,
—Comment, s’écria :Cléophas, cette vermine de Bénoni, m’aurait encore fait cecoup-là! Jene serai pas longtemps sans lui faire son biscuit.
—Ne vous impatientez pas trop.
Pour pincer cette canaille il faudra agir avec prudence. Bénoni RS avec l'argent qu'il a vol doit pis être en train de brosser «on chien Lil do dans les auberges qu’il avait cou- bille et tume de fréquenter. RTE
Sortons d’ici sans brait et nons L AE TES allons inéditer ensemble un plan divro a pour lui arracher le magot, 1e
Caraquett eï Cléophas sorti Revice, de rent du vieux cimetière. Jenat
Ils marchèrent eusemble en NT silence. Ils semblaient abcorbés bout n dans des réflexio 18 profondes. RTS
Lorsqu'ils furent rendus an hpèce d'a coin de la rue Dorchester, Cars- AS "0e quette prit le bras de son ami et ont bi l’engagea à le suivre. si us
Les hommes se dirigèrent alors Dit borvl vers l’est de la rue Dorchester. Dodo
Ils s’arrêtèrent devant la porte attla du père Sanefagon. FR L
L'intérieur de la maison était
core éclairé, malgré qu’il fut |ce d’Armes. Seulement il Mit
Le coffret M 86 minuit. être discret,
sers à tai D | Cléophas frappa à la porte. | Le vieux fit signe à sa PER où il est; Ce fut la mère Sanstaçon qui | de se retirer dans sa chambre à cola qui, ouvrir. | coucher.
re ennemi Le doux compagnons entrà | Avant de parler d’affaires avec! ost ni plus rent et dirent à la bonne femme) le père Sansfaçon, Cléophas emcelai Qi il avaient des affaires impor- | gps quelques sous à Caraquet- —. lantes À confier à son mari. |te et achete un peu de liquide à
La vieille femme alla réveiller on époux qui roupillait sur un wfa dans un appartement voisin, Le bonhomme se leva en semelle de bas, en pantalons eten manches de chemise,
I) avaities cheveux comme un, ryage de foin, et ses yeux étaient incore voilés par les tumées de livresre.
11 s’avança en titubant dans la alle d'entrée, se frotta les yeux, Willa et étendit les bras en pousant deux ou trois gros soupirs
la grocerie du coin.
Après avoir allumé son bougon et pris une couple de cerises, le vieux charretier prêta une oreille attentive au discours de Caraquette.
Il fut qnestion de Bénoni.
Le bouhomme avoua que ce dernier était venu chez lui le.
même jour, qu’il avait emprunté sa voiture, et qu’il avait payé avec une grosse pièce en or.
Caraquette ne trahit aucune surprise en apprenant ce dernier
-Cléophas, Loni, m’aulà! Jene ag lui faire
2Z PAR trop.
ile il faux, Bénoni volf doit «on chien avait cou-
ait et 2 trecoupés par des hoquets|détail qui était très important.
Le r P d'ivrogne. Il garda son flegme et deman- At)
has sorti
rvice, ces monsieurs ?
Je n’attelle pas ce soir. Ma griw à les petits soucis et elle ne peut pas marcher. Tiens, dit-il, en reconnaissant Cléophas, c’est toi, wpèce d’andouille ! d’ou viens tu ?
—ÆEcoute, dit Cléophas, nous avons bien des choses à vous dire.
| Si vous voulez nous rendre un petit service, le monsieur qui est avec moi va vous gréer en neuf, un attelage double et une voitnre
cette pièce en sa possessions
Le vieux répondit que la pièce avait été échangée chez: l’épicier du coin. C'était un $5 en or du temps des Français.
Caraquette promit cinq cents.
piatres au bonhomme Sansfaçon s’il gardait la discrétion la plus absolue sur l’entrevue qu’il avait.
eut avec lui.
Le vieux charretier jura solennellement qu’il ne desserrerait pas les dents sur laffaire.
emble en abcorbés fondes.
endus at er, Cars on ami et
rent alors hester.
it la porie
L —Qu’est-ce qu'il y a pour votre | da au père Sansfaçon s’il avait
Le all bmme il n'y'en = pas eur la Pla-
demi douzaine de pièces de vingt cinq centins et sortit avec Cléophas.
Caraquette retourna à son hôtel -et dit à Cléophas de venir le trouver chez lui à sept heures du matin.
Le lendemain Cléophas fut fidèle au rendez-vous.
Il euivit Caraquette qui le con- -duisit à la grocerie du coin où Bénoni avait changé la pièce de $5.
Caraquette qui faisait une excel ‘lente police de détective pour son propre compte, entra seul dans le petit magasin.
Il se fit passer pour un détec tive de Québec et demanda à l’épicier s’il n'avait pas la veille
donné à quelqu'un la monnaie d’une pièce de $5 en or.
L’épicier h5sita un peu et finit par avouer qu'il avait reçu une pièce de cette valeur de la bonne femme Sansfaçon.
Caraquette munie de cette information n’avait qu’à tendre ses filets pour y faire tomber Bénoni.
11 dit à Cléophas de monter la garde près de la maison du père Sansfacon, car Bénoni ne devait pas. tarder d’y arriver.
Soyez sans crainte, dit Cléo- Fhas, je veillerai au grain. Si Béuoni parait dans les environs, je lui jette le grapin sur les épaudes. Je lui doi: ün chien de ma
Caraquette jeta sur la table uve |
chienne. Cette fois je anis résela d’avoir fair. play. Comptes sur moi, monsieur Cnraquette. Vous me reverrez ce soir à votre hôtel et j'aurai des nouvelles à vous donner.
Caraquette serra la main de Cléophas et s’éloigna dans la direction de l’église St Pierre.
Cléophas avait pris son rôle au sérieux. Il arpentait la rue d’un pas cadencé comme un policeman.
Bénoni tardait de venir.
Cléophas tout en marchant tomba dans une douce rêverie,
Il songeait aux charmes d'Ur seule, à la puissance magnétique de ses yeux chatoyants, à ses tendres sourires et à sa désinvolture gracieuse,
Vers neuf heures il vit un homme dansune voiture de louage arrivant à la fine épouvante et s’arrôtant à la porte du père Sansfaçon.
C'était Bénoni.
Cléophas accéléra le pas, mais il était trop tard, son ancien rival venait d’entrer dans la maison du vieux charretier.
MORT DE OLEOPHAS
Cléophas battit la semelle pendant une heure dans la cour du b>nhomme Sansfaçon.
I] allait se décourager lorsqu'il entendit ouvrir la porte de cuisine
C'était Bévoni qui sortait :
voleur €
péniten.
trois pa.
Imeun]
Son a
D froid au
se trouv et prit
Cléop poing 8 mais cel
Det ripost l'estoma
is résola |
1ptes sur te. Vous tre h0tel à vous
main de 18 la dire.
n rôle au rue d’un >liceman.
ir.
marchant | rôverie, ee d'Ur ignétique À ses teninvolture
an homo louage, vaute et
du père
elle pencour du
lorequ'il e cuisine ait :
D froid aux yeux, en un clin d’œil Let prit une attitude agressive
poing eur la figure de Bénoni, mais celui ce le para adroitement Bet riposte par un coup solide dans l'estomac de son ennemi.
Cléophas l’accosta dans la rue et lui dit:
Tu as fait le niochon hier soir. Tu n’es pas FUN nee
rendez-vous ?
—La belle affaire ! los donc.
Caraquette vient toujours avec des plans de nègre. Réflexion fai-
)te, je ne m’exposerai pas à être ) coffré en l’aidant à faire fortune.
—Un homme ne doitavoir qu’une parole, En sortant de chez Payette, qu’astu promis aux amis ?
—Les amis ! les amis! j’en ai eu asseg, Dans ce monde chacun pour son compte, voilà mon principe:
—(C'est facile de parler comme ça, lorequ’on a volé les camaraies.
— Est-ce moi que tu appelles voleur espèce du lofeur, restant de pénitencier ?
—Je n’endurerai pas ça de toi, vermine de station de police.
Cléophas alors se débarassa de s bougrine, recula de deux &x trois pas et se mit en garde comme un pugiliste.
Son advereaire qui n'avait pas
se trouva en manches de chemise
Cléophas dirigea un coup de
ë AT
és
Cléophas poussa un soupir 04 verneux, rompit d’un pas eter très.
avoir recueilli ses forcos, s'élanh de nouveau sur son adversaire.
Bénoni reçut la nouvello. tte
que avec fermeté. Ilne broncha!" pas d’une ligue.
Le coup l’avait atteïñt sous l'urcade sourcillière de l'œil droié.:
La colère l’emporta. Sas ybux lancèrent des regards fac7es : st:
tout son corps eut un aan nerveux. *«
Il fit un saut terrible et Lite) ,
à bras raccourcis sur Bénoni qu'il empoigua à la chevelure,
Bénoni se courba et donus ‘an coup de tête dans la poitrine: de:
son ennemi.
Le coup avait été tellement iviolent et inattendu que Clédÿbas ploya sur ses jarrets et tomba: à la renverse.
Bénoni roula par dessus le corps de Cléophas qui n’avait pas enccre lâché sa poigne, en lui criant:
—Ah ! c'est comme ça! Ta ne veux pas de fair play.
—J’anrai ta vie, misérable, répondit Bénoni.
Ce dernier 1ä‘ha les cheveux de son adversaire et, d’uz mouvement rapide comme la pensée, il sortit de sa poche un couteau qu'il plongea dans la gorge de son adversaire, Le sang jaillit avec abondance. Cléophas faiblit et poussa quelques râles horribles
et tomb inanimé sur la neige au milieu d’une mare de sang.
“'Bénoni se releva, essuya «on cbateau dans la ricige et corternpla sà' victime avec des regards féroces. ‘ Cléophas ne bougeait plus.
“Bénoni s’Agonovilla près dr corrd-ét'mit la main sur la région ‘du cœur.
“Cé œur avait cessé de battre,
“Béhoni resta immobile per dant
quelqiéb instants et réaliea tout se que 8a position avait de terrible. :
“Il ‘venait de commettre nn meurtre et lajnstice allait étenàte su* lui ron bras vengeur.
Ur nuage sombre passa devent ses ÿeux. Il entrevoyait déjà la potence.
Avaht de sortir de la covr, il fouilla les poches de sa victime.
Iltrouva dans son portefeuille une dizaine de piastres en billets de banque et une lettre cachetée à adresse d’Ursule.
La mère Sansfaçgon qui était sourde comme un pot n'avait pas entendu le bruit de la bagarre.
Il s’agievait de faire disparaître au plutôt la p’euve de son crime.
Il releva le cadavre de Cléophas et le jeta au fond d’une vieille cariolé. Il couvrit le corps avec un peu de paille et jeta de la neige par-dessus.
Mais i: restait toujours la mare
de sarg dans Ia ruelle. I fallait la faire disparaître.
Il prit une pelle dans l'écurie, enleva toute la neige maculée et la jeta sur le tas de fumier en ayant soir. de la couvrir d’une nouvelle couche de neige.
Le père Sansfagon ne se ser.
vait plus de la vieille cariole et plusieurs jours pouvait s’écouler sans que la police fat mise en éveille par la nouvelle de l’assassirat.
Bénoni pour se remettre de l’émotion nerveuse que lui avait causée son crime, sentit le besoin de se remonter le système avec quelque chose de chaud.
Il 6e rendit dans 1a taverne la plus proche et prit une gobe de forgeron.
En ouvrant le portefetille de Cléophas pour payer sa coneommation, il vit de nouveau la lettre À Padresse d’Ursule.
Il déchira l’enveloppe et se mit à lire la missive qui était rédigée comme suit :
“ Mon Ursule bien-aimée,
Ta m'as fait manger de l’avoine pendant longtemps. Si tu savais dans ma pauvre mausarde combien de temps j'ai pleuré ton absence, Ah pur pitié ne me fais plus souffrir! Je me sens triste comme le petit mousse noir sur le mât d’une corvette, Que je sera's heureux des baisers d’une foram e, que je serais heureux si je