‹ Les mystères de Paris (volume 2)Chapitre 18 sur 96 · I.E'C:IOUr.IM;UR · texte numérisé non relu

I.E'C:IOUr.IM;UR

Tireur de sable et débardeur au quai Saint- Paul, gelé l'hiver, rôli l'été, quinze heures par jour dans l'eau... ^oil.-i mon caraclérc. iîO!)OLruii.

Ta famille ?

Lc ciiorniNEra.

Orphelin du pavé de l'i^ns.

l'.onoî.î'iîr;.

ftîais qui l'a élevé?

LE CnOrKlXKlR.

Celui qui élève les chiens perdus... Je me rappelle que, quand j'étais gamin, j'allais coucher la nuit dans les fours à plâtre, et q:!and la faim me ea.ssail les jambes et que je pouvais pas aller jusque-là... je couchais sous les grandes pierres du Louvre, cl l'hiver, j'avais des draps blancs quand il tombait de la neige.

liorîoi.pui:.

Tu as eu faim, et lu n'as pas volé?

LIÎ CliOCRISKC».

Jamais, et j'ai pourtant resté une fois prés de deux jours sans manger.

ROnOLPIlIÎ.

Quand tu as été jrrand, qu'as-tu fait?

LK CUOUJIIXECR.

Je me suis fait troupier...

ROnOLPUE.

Tu as servi ?

LE cnouni>"EUR.

Trois ans... Je comptais qu'on me mènerait a Alger, mais j'ai eu du malheur... Élevé dans la rue comme une bélc brute... j'avais les ragçs d'une bèlc brute. Vn jour, mon sergent me rudoyé... je réponds... Il me bouscule... il me frappe... Tonnerre! .. la rage me prend... je tape à t(rt et à travers... je blesse le sergent et deux soldats... Trois mois après, on me condamne à avaler douze balles de plomb.

nonoLPUiî,

Condamné à mort !

LE CUOU.f.INEfR.

Je l'espérais... car une fois qu'on a versé du sang... voyez-vous , oh a beau se laver les mains... elles sont toujours rouges .. Mais on a commué m;i peine, soi-disant, pircc qu'une f^iis , dans un incendie, j'avais sauvé une vieille femme, et q'i'uno autre fois j'avais repéché dans la rivière ur,c jeune fille qui se noyait ; vous voyez (iue je suis un amphibie de feu cl d'eau.

nOUOLPHE.

Et quelle peine as-tu subie?

LE cnoCKINECR, «l'un air sonilire.

J'avais !c droit d'être fusillé comme soldat... on m"a condaninc à ciw] ans de boulet. Quand j'ai su cela... j'ai voulu ni'élranglcr dans ma pri.^on... muis on m'a décroché à temps...

RODOLPHE

Et en sortant... lu avais la mémo amsion pour le vol qu'en y entrant?

LE cnouRrxruR.

I.a même... Et en atteiulanl que je crève au coin dune borne comm* j'y suis lic, je nie suis mis débardeur. Je gagne ma \^c... sans faire de lorl à personne... .

ROnoLPHL-.

Bien, mon garçon... l:i as encore du coeur et de l'honneur.

LE CiIOï:ai>EliH.

Du cœm*... de l'honneur... nîoi. . Cc^l diOle, nion.;ieur Rodolphe, c'est la prcsiicrc fois qu'on me dit ça. . et ça me f^it du bien .. Ça Rïe.t2^»-^ chauiTc là. (Il se -frappe lecteur n rcpùte d'un air pijiisif.) IJu cœur, de l'honneur.., ;

.■ pODOsLPJiE.

Cela t'ciotinc-?^

LÉ CîIOURlNrUit.

Oui, et non... Je sens bien (juc je ne suis jamais méduint qu'avec ceux qui sont jjlus forts (juc moi... tandis que pour les faibles, au contraire, je suis bon, mais bon que j'nn ?^rs béte... 'A Tenez, il y a ici une p.nuvre ' appelée

rieur de Marie, von.-; ne c-oii ^ , i, mais c'est doux, sage, honnête, ça a sçiz« ans, une figure d'ange... eh bien, c'est le sonlTro-duulcur d'un gueux appelé le .VÎailve-d'Ecolc et de '^^sa femme appelée la Chouette, qui l'ont ramîui.sée, toute pciite dans une rue où, clic était abandonnée.

P.OOOLPIIE.

Pauvre enfant! Et qui la défend contre ces monstre.> ?

LE CHOCRI?iEUR.

Moi, quand je suis là... Mais je n'y .suis pas

toujours... et alors, pour un oui, peur un non,

ils l'assonunent.

nonoLPiiE.

Ta protégée m'intéresse. Où est-elle?

LE CDOCRISEUH, nibnUa.nt lèbOiaret.

Peut-être là. -*■-

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