‹ Les mystères de Paris (volume 2)Chapitre 26 sur 96 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RODOLPHE, Mn^e PIPELEÏ, puis PIPELET.

RODOLPHE, indiquant !a gauche.

Ce corps de logis esl-il occupé? :

Rime pjpELET.

Férand.

RODOLPUE, à part.

Oui, par M C'est lui.

]kjR.e piPLLET.

Un digne homme... cl huiiuêtc... ne recevant que des gens du meilleur genre, et les nii'ssieurs du bureau do bienfaisance.

PlPr.LEï, du fond de i'allcfc.

C'est une indignité !... ùno abomination I...

«Die PIPELET.

C'est mon vieux chéri !

PIPELr.T.

Konl non ! je ne les paierai pas !..,

Mine piptLET.

A qui en as-lu... Alfred? Qu'cst-ee qu'on veul donc le faire payer"?

P1PEL1ÎT. .

Mais il y a des gens qu'on envoie tous les jours à l'échafaud qui sont des brebis en perspective de ce inonslrueux scélérat.

Hiiiie PIPELET.

Qui ça? quel scélérat ?. .

PIPELET

Est-ce que ce n'est pas toujours le même?... Est-ce que jal un autre ennemi sur la surface du globe ?...

Hjcie PIPELET.

Tu l'as donc vu ?

PIPELET

J'étais sur le trottoir, rcgindant devant les car-' reaux de la librairie les caricatures du C/ianuart, quand, iiisciisiblemenl d'abord, je me sens farfouiller dans ledos... Je pense à mon mouchoir déposé dans ma poche.., Je me iclournc vivement, et

ACTi-: IL TABJ.l- AU U, SCiLM': VII,

u'esl-ce que je vois? Cabvion, encore Calrion qui, llaçant les deux mains eu forme d'entonnoir deaiil sa bouche, se met à pousser un hourra féoce!... la peur méprend... et dans la crainte l'une avanie, je me sauve; mais voilà que j'entends 'llerriére moi un bruil sourd, un bruit de laniam... et des cris!... Arrêtez!... arrêtez!... Et jicnlôt, un Auvergnat fnri'ux, venant me rétamer le priv dun cent de marrons... Savcz- ■*')|n)as pourquoi? savcz-vous pourqu.i?... M'"e PIPELET.

Aché^e!

PIPEI.ET.

Pendant que je regardais les caricatures, »fc vaurien (te Calirion m'avait attaché une ficciie au boulon du derrière de ma veste... l'autre bout de celte ficelle correspondait à la poêle du marchand de marrons... Dans ma fuite, j'avais eiitraîné le poêlon do r\uverg>iat... comme un chicu qui court avec une casserole à la queue!...

M"'= riPLLET.

Allons, mon Alfred, ne pense pas à cela... oublie tout ça, vieux chéri, oublie tout ça.

PIPELET

Oublier !... Anastasie ? quand je le vois môme en pensée, avec ses grands cheveux el son chapeau pointu, je m'iinmoboUse et je n'ai que la force de fermer les yeux pour tacher de ne pas voir sa fi;{urc abhorrée,

M'"" PIPELET

Dis donc, Alfred, garde la loge, je vais montrer XapiiOTtement à monsieur.

KODOLPHE.

. Je vous suis, madame... (A part.) Tâchons d'en savoir davantage.

«•.>C'^«Goeeo9ecoee6Micoeoooccooooo3090S£«o«ocee.;ieege3

SCÈ>'E VI.

PIPELET, ivuii ÎU-^e D HARVILLE et CABRION.

PIPELET, s'installaïUà son (ilabli.

Je suis bourrelé comme un malfaiteur, je n'ai

de goût à rien.

(Uiic voilure s'arrèle devant la porte cxiérieiirc, un domcsiiqiie eu livrée entre et va sonner à la porte do -M, Férand, l'cnir'ouve et dit à l'iiuérieui :)

LE UCVlESTlgiE.

M"=e d'Harvillc fait demander à M. Férand s'il peut la recevoir. (Après un moment il son.)

PIPELET

Il y a huit jours que j'ai commencé celte malheureuse botte, à laquelle il n'y a qu'un béquet à remettre. (Il passe sa niaiii dans la botte et se chausse le bras. — M^^e d'Harville, précédée de sou domuslique, traverse u scvue et çntn; çhçt Féraml.) A

chaque instant elle me lombe des mains... mon fil se casse... ma poix se fuiid dans mes doigis... c'cjt de la fièvre... il me semble toujours voir ce mauvais génie... celte nuit, J'ai rêvé de lui. (.\ Cî moment parait Cahriou, quis'avancc muet et leriible sur Pipelei, immobile et fasciné; il soultve le chapeau de l'ipclci, le pose à terre et lui fait une pantomime tour-à-tour gracieuse et men.-îçante, puisil lui remet son chapoau, et, d'un coup de poing, le lui enfonce sur les yeux; il s'éloigne ensuite eu Courant.) PIPELET, poussaul de doidoiireuses plaintes. - Cuah! ouah! ouah! Au secours! à la garde!

9vOCC55:90090e:ve«3CwCCOCâ6Cà400£SiOOOOCCC3SOS00909

scÈNii: VII.

RODOLPHE, PIPELET, JIme PIPELET.

Mme jiipELET. accourant.

Qu'est-ce qtie j'entends?... Alfred!... Alfred enseveli sous son chapeau. Encoïc Cabrion ! Mais mon Dieu ! pourquoi no quiltcs-Ui jamais ce malheureux Iromblon.

PirCLET.

Ouah ! ouah ! ouah ! Jétoulle.

jin:c- PIPELET, essayant de le secourir. Prend garde, tiens bien Ion nez, que je ne le retrousse pas trop fort... L;';, ça va-t-il mieux?...

PIPM.ET.

Ah! le poil de lapin est bien mauvais à respirer. </

Bime PIPELET.

I\'ais dis donc, tu ne sais pas ce qui se passe ? On entend p rler très haut chez les Morel. Un homme qui vient d'entrer, un joailler, semble menacer, et M"-e Jiorol a l'air de répondre en pleurant... On«va, on vient...

PIPELET

C'est Cabrion !

îiliie PIPELET.

Tu ferais bien d'aller chercher M. Morel. Il est . chez le père Lefcbvrc de la lue Fontainc-au- Roi,

PIPtILET.

Ça doit être Cabrion I

jiiiie PIPELET.

Ah ! tu t'iibruUs trop, Alfred, puisque pendant ce temps-là, Cabrion le donnait un renfoncement.

PIPELET

C'est vrai.

ROUULPUE, qui s'est arrêté un moment dans l'allée.

Celle voilure... je crois reconnaître ces gens. PIPELET, à qui iU"»* Pipelet a rendu sou tromblon.

Allons I Je m'en vais.,! Aussi bien, j'ai besoin

LES MYSTf:Ri:S DI- PATUS.

d'air... Si j'aperçois Cubrion, j'amculc les passans et je crie au Tcu...

jlDie PIPELET, lu reconduisant.

Va vieux chéri.

(Elle l'accompagne et rentre dans sa loge, quand elle voit Rodolphe causant avec M""^ d'Ilarvillu.}

cceoceoooosceooeocooeeceeovocsoevseoeeeecosseoceoscs

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