SCÈNE YII
FLEUR DE MARIE , M^e PIPELET , puis RODOLPHE.
Xime PIPELET, à Flour de Marie.
Ah bien ! excusez ! si vous n'êtes pas plus vigilante...
FÉRAXD.
Je croyais vous avoir dit tantôt que ma porte tiail fermée pour tout le monde.
Mine PIPELET.
Excepté pour Son Altesse, que vous m'avez dit,
FÉRAXD.
Le prince 1
j,nic PIPELET.
Lui-même! >Iême que le Maitre-d'Ecole, qui depuis ce matin n'a pas quitté le rogomiste, et qui fait le diable en bas, ne voulait pas laisser arrêter la voilure. Voilà l'Altesse. fRodolphc cuire.) Tiens ! mon locataire de ce matin !
FLEUR DE MARIE
Un prince !
RODOLPHE , à Fleur de Marie.
Je vous avais promis de revenir.
FÉRAND, ù part.
Comment ! Il la connaît !
RODOLPnE, à Férand.
Pardon, monsieur, quoiqu'il soit de bonne heure, je crains de vous avoir dérangé. Puis-jc vous dire quelques mots? (Sur un signe de Férand, Fleur de Marie et M'"'^ Pipelet s'éloignent.) Monsieur, deux alTaircs m'amènent prés de vous... Je voudrais constituer une modeste pension à un brave homme qui m'a sauvéla vie... Je lui ai donné rendcz-v(.us ici , cl je vous prierai de régulariser ce pclit contrat.
FÉRAND
A vos ordres, monseigneur.
RODOLPHE
Le second motif qui m'amène est plus délicat : vous avez vu que je connaissais la jeune fille qui, l'on vient de me l'apprendre, est depuis quelques heures à vtrc servioe, ' ^
LlîS MYSTÈRES DE PARIS,
FÉUAND.
Oui, monseigneur.
KODOLPHE.
Diverses circonstances m'ont inspiré pour elle un intérêt qui ne doit pas être stérile ; mais je n'ai su que tout à l'heure en quelles mains celte pauvre orpheline était tombée.
FÉKAND.
Je me félicite de l'avoir recueilUe ici.
RODOLPUE.
Ici, on peut venir la réclamer, et vous seriez forcé peut-être de la laisser emmener.
FÉRAND , avec une anxiété secrète.
J'attends , monseigneur,
nODOLPIIE.
Je veux la soustraire à toutes recherches.
FÉUAND.
Votre Altesse me permet-elle quelques questions?
RODOtrUE.
Parlez, monsieur.
FÉRAND
Votre Altesse se propose de remmener?
Dès ce soir.
FÉRAND
Et où Votre Altesse a-t-elle l'intention de remmener ?
RODOLPHE
Chez moi,
FÉRAND
Pardon, monseigneur, pour ma franchise; en venant me confier vos projets, vous n'avez pas eu l'intention de me rendre complice , même indirect, de quelque caprice princier?.,.
RODOLPHE
Vous n'en pouvez douter.
FÉRAND
Mais, monseigneur, les personnes qui, comme moi, ne pourrortt croire à tout le désintéressement de votre protection , jugeront comme juge le monde dont vous connaissez mieux que moi les rigoureux arrêts... Une chanteuse des rues chez un prince! Celte pauvre enfant ne paicra-t-ellepas bien cher l'intérêt que vous lui portez ?
RODOLPHE
Votre objection est d'un homme sage et prudent, je voudrais m'y rendre,..
FÉRAND
Et vous ne voudriez pas abandonnei votre protégée,
A aucun prix... Si ces misérables n'avaient pas su qu'elle était ici, croyez bien que Je n'aurais vu aucun inconvénient à l'y laisser.
FÉRAND
Mais ne peut-on leur donner le ehangot
UOPOLÎHÉ.
Comment?
FÉRAND
J'ai une maison de campagne à Saint-JJatidé ; je puis , pour quelques jours seulement au moins, y conduire Fleur de Marie, dès demain... dés ce . soir,
RODOLPHE
Je n'aurais pas osé vous en prier,..
FÉRAND
Alors, perniellcz-moi d'agir sans retard. (Il sonne , 31™o Pipelet et Fleur de Marie entrent.)
RODOLPHE , à Fleur de ^larie.
Mon enfant, il faut quitter cette maison dés cesoir.
FLEUR DE MARIE
Moi , monseigneur !
FÉRAND, à M"'« Pipelet,
Dites il votre mari d'aller me chercher un Caere.
Mine PIPELET , SOlt.mt.
Ah bien ! en voilà de drôles de choses!
FLEUR DE MARIE
Monseigneur, oîi faut-il donc que j'aille?
RODOLPHE
A la campagne de monsieur Férand.
FLEUR DE MARIE
Avec vous, monseigneur?
RODOLPHE
Non , seule avec monsieur.
FÉRAND, à Fleur de iHaiie.
Vous vous rappelez , mon enfant , les conseils que je vous donnais tout à l'heure,.. (Bruit violent en deliors, ) Qu'y a-t-il donc là ?
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