SCENE II
Les Mêmes, BOURDIN, MàLICORNE, puis RIGOLETTE.
BOORDIN, entrant.
Monsieur Morel?...
MOREL, étonné.
Deux hommes !
LES ENFANS, se levant et courant près de leur mère. Maman ! nous avons peur.
MADELEINE
Mon ami, prends garde...
MOREL, s'avançant.
Que voulez-vous, messieurs ?
BOCRDIN.
Jérôme Morel ?
MOREL
C'est moi.
BOl'RDIN.
Ouvrier lapidaire ?
MOREL
C'est moi.
> BOURDIN
Bien sur?
MOREL
Encore une fois, c'est moi... Que voulez-vous ? Eipliquez-vous... sortez ou j'appelle la garde.
rrs MV^RibRES DR PARIS.
BOCRDIN.
S'il y a quelqu'un qui puisse avoir besoin delà garde, c'est nous, vu qu'elle nous prêtera mainforte pour vous conduire en prison , si vous résistez.
MOREL
En prison, moi?
BOURDIN
Oui , à Clichy.
(Rigolclte entre et reste stupéfaite et en silence.) MOUEL.
A Clichy !
BOURDIN
A la prison pour dettes, nous sommes gardes du commerce.
MADELEINE
Ah ! inun Dieu! c'est le billet de M. Férand.
BOCRDIN.
Voilà le jugement en règle.
(Abattement général.)
RIGOLETTE
Ah! je m'en doutais... J'ai bien fait d'avertir M. Germain...
BOURDIN
Voyons, payez-vous?
MADELEINE
Morel , va trouver M. Firand, c'est M. Pelitjean qui fait poursuivre.
RIGOLETTE
Eh ! messieurs, vous voyez bien qu'il ne peut pas payer.
BOCRDIN.
En ce cas, marchons !
MOUEL.
J'irai en prison, si vous le voulez.
MADELEINE
Morel ! mon ami.
MOREL, avec angoisse.
Mais je ne pourrai pas travailler en prison... on ne me confiera pas de pierres... on croira que je suis un mauvais sujet...
MADELEINE, lui tendant la main qu'il va prendre.
Ah ! mon pauvre homme ! mon pauvre homme î
RIGOLETTE, ;i part.
Et M. Germain qui ne vient pas! son ami sera parti sans lui laisser d'argent. (Allant à Bourdin.) Si je vousjpromcttais huit francs, dix francs par mois?
BOCRDIN.
Pour payer cinq cents francs et les frais? non , non , de l'argent comptant.
RIGOLETTE
Je vendrai ma commode de noyer.
BOURDIN
Allons donc! Une dernière fois, suivez-nous!
MOREL
Eh bien ! fuites jusqu'au bout votre métier... arrachez mes enfans qui me retiennent , dénouez de mon cou le bras de ma femme, livrez-nous tous à l'abandon, à la misère , mais je ne peux pas m'en aller volontairement.
^OURDIN.
Dame I mon brave homme, c'est vous qui l'aurez voulu. Il faut bien que nous fassions notre état.
RIGOLETTE, poussaiit un Cri (le joie.
M. Germain !
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