SCÈNE III
Les MÊMES, GERMAIN, puis M^e PIPELET, et LE CHOURINEUR.
BOURDIN et MALICORNE.
Qu'est-ce que c'est ?
GERHAIX.
Laissez cet homme.
BOURBiN , se retournant et voulant se nieUrc en défense.
Voulez-vous vous opposer à la loi ?
GFKMAIN.
Non, je veux vous payer. (Cri géntral.)
BOCRDIN.
J'aime mieux ça, mais c'est drôle.
MOREL, venant à lui.
Monsieur Germain... mais vous ne me connaissez pas.
germai:».
Faut-il donc être parens ou amis pour se secourir?
MOREL, a Madeleine.
Quand je le disais que ceux qui ont quelque chose sont bons quand ils le savent.
LE cnoDRiNECR, entrant.
On m'a dit en bas qu'il y avait du bruit chez vous... Si vous avez besoin d'un coup de main, me voilà...
UIGOLETTE, montrant Germain. On n'a plus besoin de rien. Il a payé. LE CHOURINEUR, prenant la main de Germain. Tonnerre ! c'est bien, ça !
RIGOLETTE, à Eourdin et à Malicorne.
Messieurs, nous ne voulons pas vous retenir, nous , et quand vous aurez rendu son reste à ce brave garçon, vous serez libres...
BOURDIN, pendant que IMalicorne dcrit sur l'établi. Voilà, mademoiselle.
(Il lui remet une pièce d'argent.) RIGOLETTE.
Comment! on vous doit cinq cents francs, çt, sur mille francs, vous rendez cent sous.
BOURDIN
Cinq cents francs de capital , oui, puis quatre cent quatre-vingt-quinze francs de frais.
LE CnOUUINEUR.
01»! les bédouins!... Oh: les pousse-misère!... (Entrée du commissaire.) Tiens I monsieur le commissaire!..!
MOREL, au commissaire, et avec crainte.
Monsieur... que demandez-vous?
LE COMMISSAIRE
Je cherche M. Germain.
RIGOLETTE
Le voilà, monsieur le commissaire, le voilà, c'est lui qui vient de payer mille francs pour M. Morel.
BOURDIN
C'est vrai, monsieur le commissaire.
(Féiand paraît à la porte.) LE COMMISSAIRE.
Vous êtes commis chez M. Férand ?
GERMAIN
Oui, monsieur.
LE COMMISSAIRE
Monsieur, sur une dénonciation portée conlre vous, je suis forcé de vous arrêter.
TOUS, excepté Férand.
Lui!
GE.RMAI|(.
Moi, monsieur !,.. Il y a erreur.
LE COiJMISSAIUE.
Vous êtes accusé d'avoir soustrait frauduleusement trois billets de mille francs dans la caisse qui vous est conliée.
GERMAIN
Qui a dit cela î
FÉRAND.'
Moi, monsieur, qui ne sait pas transiger avec l'iinprobité.
PERMAIN.
C'est une infâme calomnie !'
FÉRAND
Monsieur, il y a quelques jours vous me demandiez de vous avancer cinquante francs, vous ne possédiez donc pas celte somme que vous venez de payer, et qui provient nécessairement de ce vol.
GERMAIN
En effet, cette somme ne m'appartient pas.
LE C0M.M1SSAIRE.
En ce cas, failes-cn connaître l'origine.
GERMAIN
Un ami vient de me la prêter ce malin.
LE COMMISSAIRE
Nommez cet ami , monsieur, son témoignage peut être d'un grand poids.
GERMAIN
C'est M. Henri d'Iîerbin , qui demeure place de l'Hôtel-dc-Ville, 10.
LE COMMISSAIRE
Eh bien ! monsieur, allons chez lui.
GERMAIN
Malheureusement il vient de partir à rinstant*
FÉiîAND.'
Je n'ai rien à dire ; c'est à monsieur le commissaire ^ jugcv de la valeur d'une telle jusliGcationt