ACTE III, TABLEAU V, SCENE III
BIGOLETTE.
Mais je sais, moi , que c'est vrai ; M. Germain a été hier chez cet ami, et il est revenu me dire qu'il espérait avoir la somme aujourd'hui.
LE COMMISSAIRE
En présence de l'accusation portée par un homme comme monsieur Férand, et des allégations vagues que vous y opposez , je regrette, monsieur, d'être obligé de remplir un devoir rigoureux. (A Bourdin.) Monsieur, veuillez me remettre...
MOREL
Quoi ! pour moi vous avez fait cela?
LE CHOURINECR.
C'est égal, vous êtes tout de même un fameux cœur !
GERMAIN
- Oh! monsieur le commissaire, je vous suivrai sans crainte; l'erreur de M. Férand, si c'est une erreur, sera reconnue. Soyez tranquille, mademoiselle Rigolelte.
(Le commissaire fait signe à Germain de le suivre, au
moment où Rigolelte, qui les suit , se laisse aller à
sa douleur.) LE CHOl'RlîîECU, s'approcliant d'elle, dit à mi-voix.
Ne pleurez pas, mamselle. En prison , il aura besoin d'un ami... on lâchera d'y pourvoir.
(II sort.) BOURDIN, rendant l'argent.
Ah ça ! je n'en finirai donc pasl Allons, saisis tout ici, Malicorne.
FÉRAND, à l'huissier.
Attendez ! ^A Morel, qui est resté accablé.) Monsieur Morel , voyons , soyez raisonnable , vous voyez bien que tout le monde partage votre douleur ; je viens offrir un à-compte, mais je ne peux pas tout faire, aidez-moi.
MOREL
Monsieur, je n'ai rien.
FÉRAND
Vous avez celte chaîne, qui a de la valeur.
MOREL
Je vous ai dit que ma mérc...
FÉRAND
£hl mon Dieul esl-ce dans nn pareil moment
que vous devez écouter les scrupules d'une femme qui n'a plus sa tête? Voyons, profilez de son sommeil.
MOREL
Eh bien ! vous l'emportez ; la pensée de laisser ma famille seule et sans soutien me décide. (Rodolphe entre, remet un billet à Bourdin, et examine ce qui se passe.) MOREL , avec désespoir.
Ah ! le courage me manque... Cette chaîne, elle n'est pas à moi , elle n'est pas même à madame Varner.
FÉRAND, avec impatience. Monsieur Morel !
MOREL
Je vous dis que celle chaîne est un dépôt , qu'elle appartient aux parens d'une enfant. RODOLPHE, se précipitant vers M"^ Varner. Oh ! mon Dieu ! que dit-il?
FÉRAND, enlevant la chaîne à M^e Varner. Je la tiens !
MOREl.
Elle appartient aux parens d'une jeune enfant enlevée à M"e Varner.
RODOLPHE, arrachant la chaîne des mains de Férand.
Ma fille !
TOCS.
Sa Qllc !
RODOLPHE
Tout ce qui reste de ma fille, honnête Morel ! enlevée ! perdue!
MOREL
Oh ! pardonnez-nous 1
MADELEINE
Et il vient de nous sauver ! Monseigneur, moi et les enfans voudrions bien vous remercier. (Rodolphe s'approche du lit.) FÉRAND, à part.
Fleur de Marie, fille de la comtesse Sarah... Le prince est son père... et la chaîne m'échappe... Oh ! que j'ai bien fait d'écrire au Maître-d École. Demain Fleur de Marie ne sera plus en leur pou* voir.
^i3!^ièa»e TaMeau« — Pai'c <lc madasiae d' liai* % il le.
Le ihéâire représente une partie du parc de Mni»-' d'Harville. A gauche, mur de clôture, interrompu vers le quatriùme plan par une grille. Troisième et deuxième plan unspavillon avec porte sur la scène. Au fond, pièce d'eau garnie d'une balustrade. A droite, arbres, charmilles. A quelque distance , à droite, csl censée la ferme.