SCÈNE m
Le CnOURINEUR, FLEUR DE MARIE, TORTILLARD, GERMAIN, Paysans.
FLECR DE MARIE, ù genoux dans le bateau, pendant que le Chourineur rame.
Mais voyez donc ! (Se relevant.) De l'eau, de l'eau !
LE CHOURINEUR, ramant toujours.
Ce n'est rien, n'ayez pas peur I
FLEUR DE MARIE
Elle monte ! elle monte!
LE CHOURINEUR , jetant les rames.
Triple nom ! une trahison !
(Il ôte sa veste.)
FLEUR DE MARIE
Ne m'abandonnez pas !
LE CUOUBINEUR.
Je crois bien !
(La barque heurte la pile du pont et sombre.) FLEUR DE MARIE.
AU secours ! au secours !
(Le Cliourineur, d'une main s'attache h un anneau du pont, de l'autre bi°as il lu soutient évanouie.) GERMAIN , arrivant avec Tortillard sur le pont. Un bateau qui chavire ! Du secours ! à la maison là-bas ! du secours !
TORTILLARD, traversant le pont en courant. Oh ! oh 1 par ici !
LE CHOURINEUR, à Fleur de Marie.
Tenez-vous bien. Je ne vous lâcherai pas.
GERMAIN
Du courage! Cramponnez-vous bien! Des cordes î des cordes !
LE CHOURINEUR
Cherchez un bateau, la petite se trouve mal,., et moi pas bien.
PAYSANS, qui sont accourus.
Il n'y a pas de bateau par ici.
GERMAIN, sautant du pont.
Oh ! je n'ai pas le courage de les regarder ainsi.
PAYSANS, voulant le retenir.
Qu'est-ce que vous faites?
(Germain sauie du pont dans la ririè|V.) LE CHOURINEUR.
Il veut que nous mourrions trois !
PAYSANS
V'Ià un bateau ! v'Ià un bateau !... (Un bateau monté par un paysan sort de derriùrc ceux qui sont amarrés à la berge de droite.) Dépêchcz-vous ! encore un peu de courage! Vite! vite! On vient! on vient ! (Le paysan i)rend Fleur de Marie des bras du Chourineur.) Elle est sauvée ! Bravo ! bravo I vivat I
LE CHOUJIINECR.
Occupez-vous d'abord de la petite...
PAYSANS
Et vous, Chourioeur?
LE CHOURINEUR
N'ayez pas peur... je connais Télément... j'en mange tous les jours...
(Le bateau s'éloigne du pont, et le Chourineur se laisse tomber à l'eau. Le paysan lève son chapeau. On rcconnait Férand.)
FÉRAND
Celle fois, elle ne m'échappera pas !