‹ Les mystères de Paris (volume 2)Chapitre 90 sur 96 · RODOLPHE, SARAH · texte numérisé non relu

RODOLPHE, SARAH

(Sarah sort du cabinet et arrête le prince.)

SARAD.

Eh bien ! oui, oui, j'ai voulu vous abuser, j'ai voulu trouver une jeune fdle que je vous aurais présentée à la place de notre enfant...

IIODOLPUE.

Assez! oh! assez, madame...

SARAH

Après cet aveu, vous me croirez peut-être ? Oh ! écoutez-moi, je vous dis que tout cela est fatal, providentiel... Il y a quelques mois, vous avez lire une jeune fille de la misère et vous l'avez emmenée à la campagne...

nouoLPUE.

Chez Mme d'Harville.

SAUAH.

Je viens d'apprendre seulement tout à Ihcuie que vous étiez son proieclcur, qu'elle était chez jjluie d'Uarvilic; mais comme tout en elle favorisait mes projets...

RODOLPHE

Après, madame?

SABiiH.

Je me suis entendue avec les gens qui l'avaient élevée. . je l'ai fait enlever hier... elle est entre leurs mains...

noDOLPîiE, avec tristesse.

Elle n'y est plus.

SARAH, aveo I" -■-■ '' •"

rr&^l'^'

Li:S MÏSTElltS DE PARIS.

SAUAU.

Ah! tout mon sang se glace !... Je mourrai donc sans l'avoir vue... et délaissée par son père. KODOLi'iiE, se levant.

Oh! ce n'est pas la mort de voire enfant que vous pleurez, c'est la perte de ce rang que vous avez poursuivi avec une inflexible opiniàlrelé. Eh bien ! que ces regrets infâmes soient votre chûtinicnt,

SAIIAII.

Ah ! oui, le dernier, je le crois...

nODOLPHE.

Jlais il faut que vous connaissiez les tortures de votre enfant... Oui, madame la comtesse, pendant qu'au milieu de votre opulence vous rêviez une couronne, votre fdie, toute petite, couverte lie haillons, allait le soir mendier dans les rues» soulTranl du froid el de la faim ; durant les nuits d'hiver, elle grelottait sur un peu de paille dans un grenier.

SABAU.

Qu'est ce que je ressens? mon Dieu !

ROOOLPIIE.

Et si une plainte lui échappait, les injures d'une Micgcre, les coups d'un barbare... Oh ! votre cœur est endurci, votre égoïsme impitoyable... mais vous auriez pleuré de la voir ainsi...

ROtOLPUf,

Donnez. (Le dome.silquc«ort.)

noDOU'HE, prenant la lettre.

Qu'cst-il arrivé? De qui cette lettre? De Clémence! Malgré moi... j'ai peur. (Il ouvre la Iciire; à peine a-t-il lu quelques mots qu'il pousse un cri de joie.) Ah 1 elle existe !

S.VUAU.

IS'olre fdlc?

l(oi)OLPH£ , continuant de lire.

Elle est là !

SARAU.

Notre fille?

RODOLPHE

Je vais la voir !

SARAH , lui saisissant le bras.

Kotre fille?

RODOLPHE

Laissez-moi!

SAUAH.

Que je vous laisse ! (Avec solennité.) Mais ne voyez-vous pas qu'il se passe quelque chose destraordinaire en moi... que je briile... que je frissonne... Écoutez-moi : je rassemble toutes mes forces, loule mon énergie pour résister à ce saisissement. Rodolphe, laissez-moi voir ma fille!

Vous !

ACTK Y, TABLEAU X, SCRNE Y.

SARAn.

Hàtez-vous; loul à l'heure vous ne [lourrcz pas... devant elle, ce serait tout lui apprendre.

IIODOLPIIE.

Ah ! puisqu'il me rend ma fille, le ciel est plus clément que les hommes.

SARAU.

Silence ! c'est elle.

RODOLPHE , la regardant.

Ah ! j'ai peine à contenir les battemcns de mon cœur.

oceoecceoooecooooocooooceccoocooooooeoooccceeoccoo

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