SCÈNE V
Les Mêmes, FLEUR DE MARIE.
FL£€R DE SIARIE, allant vivement au prince. Monseigneur, je vous revois. (Le prince la contemple sans rien dire.' J'avais tant le désir de vous revoir... Pardon d'être venue jusqu'ici.
SARAn.
Ici on parlait de vous, Marie.
(Fleur de Marie regarde avec éionnemcnt et ecibarras.) RODOLPHE , voulant la relever. Vous paraissez bien faible encore.
FLEUR DE MARIE
Mais vous-même, monseigneur, vos yeux humides... Vous ne n\'avcz jamais regardée ainsi. (Remarquant des signes d'intelligence échangés entre Sarah et Rodolphe.) Que se passe-l-il donc? SARAn.
C'est que depuis votre absence, Marie, bien des choses sont arrivées. (Marie regarde tour à tour le prince et Sarah.) Vous ne me connaissez pas... Approchez sans crainte. (Le prince lui fait signe d'approcher.; On a su que tous vos malheurs venaient d'une Temme qui a été bien coupable.
UODOLPIIE.
Qu'on a trompée aussi, sans doute.
SARAH, bas, au prince.
Oh ! merci. (A Fleur de Marie.) Mais vous êtes bien vengée, Marie... et si tous vos malheurs étaient finis , pourriez-vous oublier qtic celte femme a été la cause...
FLEUR DE HARIE.
Je suis trop heureuse pour ne pas oublier,
SARAH
Vous lui pardonnez ?
FLEUR DE MARIE
Je lui pardonne. Que Dieu soit indulgent pour moi comme je le suis pour elle.
SARAH
Marie, cette femme vous bénira... sa dernière prière demandera au ciel, non de la clémence pour «lie, mais du bonheur pour vous... et ce bonheur, vous l'aurez... Oui , Marie, un bonheur plus grand que vous ne l'espérez.
FLEUR DE MARIE
Que voulez-vous dire? madame.
RODOLPHE, :i nii-voix.
Soyez prudente.
SARAII.
.Marie, on a découvert votre famille...
FLEUR DE MARIE
Ohl mon Dieu!
RODOLPHE, 5 mi-voix.
De grâce !
SARAH, à mi-voix.
Oh ! laissez-moi mon unique joie. (Haut.) On sait quel est votre père.
FLECU DE MARIE.
Mon père !
SARAH
Comme vous l'aimerez , quand vous le connaîtrez...
FLEUR DE MARIE
Je ne le connais pas, et je dois loul monseigneur.
SARAH
Une nouvelle vie va commencer pour vous...
Ma nouvelle vie a commencé du jour où il a eu pitié de moi.
SARAH
Et vous l'aimez?...
FLEUR DE MARIE
Parce qu'il m'a sauvée, parce qu'il a fait pour moi ce que Dieu seul aurait pu faire.
SARAH
Aimez le donc encore... il est voire pèrel
FLEUR DE MARIE
Lui !
RODOLPHE
Dans mes bras !
SARAH, à mi-voix.
Pour ma part, à moi... vôlre main.
(Le prince, tandis qu'il embrasse Fleur de .Marie, tend sa main à Sarah qui la baise.)
FJ.El'R DE .MARIE.
Mon père , vous ! et ma mère ?
SARAH
Morte!
RODOLPHE, se relournani.
Que diles-vous?... Grand Dieu!... ces traits décomposés... du secours!
SARAH
Il est trop lard... dans celle blessure un poison sans doute... (Saisissant la main de Fleur de Marie.) Oui, Marie, votre mère... morte bien malhcureu.se... sans vous avoir embrassée.
(Elle expire en regardant sa fille.)
58 LLS MYSTiailiS DE PARIS,
Onsiènte Tableau. — lia Patte «S'Oîc.
Un carrefour de forûl où aboutissent divers chemins. A droite, moiiiiculc, sous lequel on operçoit un regard
entouré d'arbres.