SCENE I
TORTILLARD, le CHOURINEUR, évanoui.
Tor.TlLLAr.D, agenouillé près du Cliourinein- qu'il clierclie à ranimer.
Chourineur! Chourincur! réponds-moi donc... Il ne m'entend pas .. voilà plus d'une heure qu'il est lout à fait évanoui... Il faut que ce soit sa blessure et la fatigue... nous avons marché si long-temps depuis que nous avons quitté Tile (les Ravageurs! (On aperçoit sur la droite Boiwil et E;ir))ilion qui se glissent à travers les arbres.) Il mc f^emble qu'on a remué dans les feuilles... Si c'était quelqu'un... j'aurais du secours. Y a-t-il quelqu'un là? (Benoît et. Barbillon se retirent.) Personne !... c'est le vent qni aura agité les feuilles. Comment faire au milieu de ce bois ? C'est bien iieurcux encore qu'hier soir en côtoyant le bord de la rivière j'aie aperçu les premières lueurs du feu, car je suis arrivé assez à temps pour l'empocher d'clre grillé; pauvre Chourineur! (Le Ctiourineur pousse un soupir.) Je ne me trompe pas... il revient à lui. Chourincur! Chourineur!
LE CHOURINEUR
C'est toi, Tortillard ?
TORTILLARD
Tu vas donc mieux ?
LE CUOURINEUR.
Oui, la fraîcheur m'a ranimé.
TORTILLARD
Ta blessure ?
LE CHOURINEUR
Il s'agit bien deçà! Où sommes-nous?
TORTILLARD
Toujours danc ce bois.
LE CUOURINEUR.
Comment! déjà le jour ! Quelle heure est-il?
TORTILLARD
Dame ! il n'y a pas d'horloge ici.
LE CIIOURINEGR.
Tonnerre ! il sera trop lard. Le prince sera tombé dans leur embuscade... Vite au château de JIme d'IIarvillc.
TORTILLARD
Mais ce château , nous n'avons pas pti le trouver.
LE CHOURINEUR
Eh bien! nous rencontrerons quelque garde, quelque paysan. Viens ! viens !
TORTILLARD
Mais lu ne pourras pas marcher.
LE CHOURINEUR
Viens toujours... si je ne peux pas marcher, je me traînerai ; si je tombe tout à fait, lu me. laisseras là, et tu te souviendras qu'ils n'ont plus que toi pour les sauver. Viens !... viens !... (Ils sortent.)
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