I .«iARAir
I Ah: vous êtes impitoyable!
RODOLPHE
Et je dois lètre. Il y a dix-sept ans, dévorée d'ambition, aveuglée par la prédiction d'une devineresse écossaise, qui vous avait promis une couronne, vous êtes venue à la cour de mon père, avec votre frère; trompé par vos séductions intéressées, je vous aimai bientôt avecla loyauté, avec le noble dévoùment de mes seize ans; vous avez voulu un mariage secret ; en face des autels, je vous ai prise pour mn femme. Les suites de cette mystérieuse union allaient vous accuser aux yeux du monde ; vous avez voulu que tout fût révélé à mon père ; bravant sa colère, son inflexible fierté, ses projets connus d'une alliance royale, je lui ai
appris notre mariage... Sa fureur fut terrible
Il voulut me forcer à rompre cette union illégale, disait-il ; je résistai !... Mis en prison, j'ai persisté dans mes refus; on ne consentait à me mettre eu liberté que si je renonçais à mes droits à la souveraineté en faveur de nîon frère... J'ai renoncé à mes droits... Etait-ce assez vous aimer?
SARAH
Oui, oui! mais moi n'ai-je pas souffert
aujsi ! et mon amour !...
RODOLPHE
Votre amour!... Osez-vous bien en parler ?... après les lettres que vous écriviez à votre frère... lettres que j'ai connues trop tard...
SARAH
Que dites-vous?... Ces lettres...
RODOLPHE
Ont été interceptées... Vous m'y traitiez avec un dédain glacial ; j'avais été le jouet de votre exécrable ambition... Ce n'est pas moi que vous avez aimé... mais le prince... Aussi, lorsqu'un au après je fus déshérité, vous acceptiez la rupture de notre union contre laquelle, moi, je protestais du fond de ma prison ; et, vous séparant de notre fille, devenue un obstacle à votre mariage avec le comte 3Iac-Gregor , vous abandonniez notre malheureuse enfant à des mains mercenaires, et vous la laissiez mourir loin de vous... Telle a été votic* conduite... Mais aujourd'hui vousctes veuve, mais aujourd'hui la mort de mon frère m'a rendu !.i couronne... tel est le secret de vos poursuites, madame.
SARAH
Et le secret de votre haine pour moi... je pourrais le trouver dans votre amour pour la mar quisc d'IIarville.
Avez- vous cru que je le nierais!... Clémence d'IIarville, lorsque je n'étais qu'un exilé s.ins avenir, a eu pour moi la tendre pitié d'une aniic, le noble dévoùment d'une sœur ; pour lui offrir ma main, j'ai quitté l'Allemagne, et je triompiierai bientôt des scrupuîes qui larrclcnt ci;n;ie.
Renoncez donf, madame, à tout espoir... En vous, je verrai lon.:oiirs la cnusc tK' la raiitc que j'ai commise... cl que je làdic dexpier iliaque jour... Rccotii penser le bien... poursuivre le mal... secourir de nobles inforliines.. arracher queliiues âmes à la perdition , Icllc est la lùcbc que je me suis impos(!e... afin de nsériler le pardon d'un funeste moment d'égarement... fruit de votre implacable ambition cl de votre cruel t^goïsmc.
FAUAII.
Grâce !... Rodolphe!
RODOLPHE
ras de grâce pour vous , (lui avez armé le fils contre le pure... pas de grâce pour vous, qui , au lieu dfl veiller pieusement sur notre eiifar.t, que je plcurecncore chaque jour, l'avez abandonnée... pas de grâce pour vous, car la mort de notre fille a brisé le dernier lien qui nous unissait.
SAItAH.
Oh! par pitié !.. écoulez, écoutez!
KODOI.PIIE.
Femme sans âme... épouse sans foi... laissezmoi...
Rodolphe... pitié!
BOi;oi,puE, sorl.inl.
Mérc sans entrailles... soyez maudite t
(11 son par le fond.)
ooccoooooocooooooococooooooocooooogooooooooooocooos