ACTE DEUXIÈME
Deuxième Tnlileaia. — lia IVIassoia Pi|>r>lSet.
Le lliéàire rcpri-senic la cour de la maison de la rue du Temple, 17. Au fond, bâtiment à trois étages et à mansardes. Au rez-dc-cliausséc en face, allée au fond de laquelle on aperçoit la rue. A droite de l'allée, sur la cour, fenêtre de la loge de Pipelet; vers le milieu de l'allée, derrière la loge, escalier conduisant aux étages supérieurs. A la droite de la loge, dans la cour, rcserre fermant avec une porte pleine. A gauche de l'allée, arrifre-boutique d'un rogomistc. A la fenêtre du deuxième, cage avec des oiseaux. La gauche du théâtre est occupée par uu petit corps de bâtiment isolé qu'occupe Férand. Au rez-de-chaussée, porte à un seul battant.
SŒNE I.
Mme PIPELET, LA LAITIÈRE, puisMOREL.
et LE FACTEUR.
(Mme Pipelet finit de balayer la cour. La laitière ap- Ijorte du dehors des pots à lait qu'elle dépose dans la petite réserre ; elle va et vient pendant toute la scène.)
Mme PIPELET.
Vlà votre journ(:'C finie, la laitière?
LA LAITIÈRE, Sans s'arrêter.
Il est bien temps, deptiis deux heures du malia que je suis partie d"Asniércs.
Bimc PIPELET.
Ah bien! la mienne n'est pas prés définir! Depuis que M. Férand a renvoyé sa bonne, c'cil moi qui fais son ménage... Encore, heureusement, il a pris Tortillard pour faire ses commissions.
LA LAITIÈRE
Il est donc partout, ce méchant gamin... Hier, dans la Cité, il a fait sauver tous les gueusards qui uni battu mon mari; mais partout oii j'en trouverai un, je trierai sur lui, jusqu'à ce qu'on l'arrélc et qu'on l'écharpc. (Elle sort.)
M"'e PIPELET.
Et vous ferez bien, la laitière. (A Merci, qui est descendu de la maison et entre dans la cour.) Eh bien ! monsieur Morcl, vous voilà déjà en course... Comment va-t-on chez vous ?
HOUEL, gaiment.
Ma fimme va mieux, dieu merci! le médecin assure que l'air de la campagne la remettrait tout à fuit... .Je vais faire une course, et de là j'irai rue Fonl.iitie-au-Koi, chez le père Lefcbvre, lui demander s il vont me louer deux petites chambres qu'il ù a Ilelle ville,
Mme ripci.EI.
Aile/ d'/iir' i;i.ii...MM!<Mi!i-'f nni<^ijn d cMM-
pagne , on voit que vous avez gros à la Caisse d'épargne...
MOREL
Oui, nous serions tout à fait heureux, si la mère de ma femme...
Rime PIPELET.
La pauvre vieille idiote?... Ah! oui... ça vous est bien gênant.
MOREL
Après tout, c'est la mère de femme... Et qui est-ce qui en aurait soin et pitié, si ce n'est nous...
jjmc PIPELET.
Tenez, monsieur Morel, vous êtes la crème des honnêtes gens , comme mon vieux chéri d'Alfred est la crème des portiers.
MOUEL, s'en allant en riant.
Et vous, la crème des portières, madame Pipelet... Allons, au revoir. (Il sort par l'allée.)