‹ Les mystères de ParisChapitre 39 sur 84 · II.F.IR DF. MARir · texte numérisé non relu

II.F.IR DF. MARir

Vous m'avez .«onnée, monsieur?

FÉKANn.

Oui , mon enfant... On vous a montré votre chambre?

ACTh 11, TABLlvVU 111, SCÈM" VU

rLEUR Eli MAiiit:.

Oui, monsieur.

FKRA>D,

Appioflicz, mon csifant, c:-l-cc que je vous fuis peur ?

FLEUn DE MAUIE.

Oh! non, monsieur, n'avcz-vous pas consenti à me prendre comme scrvaulc? ne m'avcz-vous pas rciirilc (iela hislccxislcnce cpic je ne pouvais plus supporter? Par mon zèle, je tâcherai démériter volie intérêt.

Fi'; n A NO.

Mon intérêt vous est déjà acciuis, clicrc petite; mais il peut s'augmenter encore : pour cela il faut, non seulement me sirvir .t. ce zéîe, mais vous persuader nue votre sort dépend de moi. .. Que je sois content, que vous me sali^fasricz de tout point, et vous n'aurez rien à envier à personne.

FLCUil DE MAIIIE.

Sans doute, monsieur; je ne ferai que remplir mon devoir.

FÈr.A^'J.

C'est ce q"C je voulais dire... Et puis ccriccvez bien une chose , nu.n enfant... la servante qui n a pas de f.mii'.lc dépend absolument de son nsailre. Je suppose que, mécontenl pour une raison ou pour une autre, je v.c vous garde pas, où irczvous, si je vous donne un mauvais certificat? Vous ne pourriez votis placer nulle part, cl !a mi5crc , vous entendez Lien, la misère blâmée et qui n'obtient pas de pitié...

FLELH DF. MAKIE.

Ahl monsieur, ne cro^'cz pasqucjc sois jam;.is assez co'.ipable. . Ce serait donc hien sans le vouloir, mon Dieu !

Ce dont je voudrais bien vous persuader, mou enfant, c'est qu'en aucune circonstance, en aucune manière , il ne faudrait jamais me mécontenter, parce qu'étant aussi j)u;>sanl (pic vous êtes faible, étant aussi comiu que vous êtes ignorée , Vous seriez perdue.

FLEUR DE MAIUE.

Mon Dieu ! monsieur.

FÉUAND, d'un ton radouci

Qu'avcz-vons? on dirait que vous tremblez. Eh bien! ch bien! petite folle! j'ai d,i d'abord te dire des dioses elTrajantes; mais si tu es Siige et obéissante .. (Il veut l'attirer à lui.)

FI.EUr. DE MARIE, à !V.i-YOix.

Ah ! j'ai plus peur que tout à riicure. F!;r.AND, avec passion.

Fleur de Marie I (On sonne à l'oxiéricur ) I^Ta- Icdiction! (A Fleur de Marie.) Restez... n'ouvrez pas!

FLiaU DE SIAKIE

Mais, monsieur...

M'enlendez-vous?

FLEia DE MARIE.

Que va-t-on pcii^cr ?

FÉRAND

Q[ic je suis rentré chez moi , que je repose, et que vous n'entendez pas. (On sonne plus fori.) C'est donc l'ciifcr ! (Nouvcm caiillon.) Allez ou- Viir. (Flemde Marie sort.) Qui peut venir à celte heure? Que la foudre écrase rin:porlun !

OOwOOOOOOO&OOOCOOCOaOOOOOOOCOOCOOOOOOOOOOOOOUOOOOOQ

SŒNE vu.

ELEUÎl DE MARIE , M"c PIl-E! ET , puis RODOLl'nE.

Hime PIPELET, à Fleur de M.-iric.

Ah bien! excusez ! si vous n'êtes pas plus viu'ilanle...

FÉRA>r».

Je croyais vous avoir dit tantôt que ma poitc êlail fermée pour lotit le monde.

Slinc PIPELET.

Excepté pour Son Altesse, que vi;us m'avez dit.

Le pi ince 1

jli,:e PIPELET.

Lui-même! l^iêine que le Mailie-d'École, qui depuis ce m."!in n'a pis (luillé le logomi.-te, cl qui fait le diable en bas, ne voulnil pas laisser arrêter la voittirc. Voilà l'Allcsse. fîlodolplic ciitie.) Tiens 1 muii locataire de ce malin !

FLEUn DE MARIE.

Un prince !

RODOLPHE , à Fleur (!e Marie.

Je vous a\ais proniis de revenir. ^

FÉKAKr, il T'ùt.

CommcMlI îl la connaît!

F.ODOLI'IIE, il Fiiraiid.

Pardon , monsieur , quoiciu'il soil de Lonnc heure, je crains de vous avoir dérangé. Puis-je vous dire (iuelqr.es mots? (Sur iin signe de Féiaiid, Fleur de Marie et ÎMme pipoi^-t s'éloigiiciu.) I\!oni-ieur, deux afTaircs m'amènenl près de vous .. Je voudrais conslitucr une modeste pension à un brave hommcqui m'a sauvé la vie... Je lui ai donne rendez-vous ici , el je vous prierai de réguluriscr ce petit conhat.

FÉHAXn.

A vos ordres, mo!isei;^i!eur.

RODOLPJIK.

Le second molif qui m'amène est plus délicat : votis avez vu que je contiaissais la jeune liile (jUi, l'on vient de me l'apprendre, Cst depuis quelques heures à vclre service.

LES Ml STÈRES DE PARIS,

Oui, monseigneur.

KODOI.PUE,

Diverses circonstances iii'onl inspire pour elle un intirclqni ne doit pas Olrc stérile; mais je n'ai su que tout à l'heure en quelles mains celle pauvre orpheline Olail tombée.

viaiAxn.

Je me félicite de Tavoir recueillie ici.

KOPOLPIlîî.

Ici, on peut venir la rcclamer, et vous seriez forcé pcul-élre de la laisser emmener.

FÉnA>D, avec une aiixiLHésccrùlc.

J'attends, monsi'iy:neur.

RODOLPHE

Je veux la soustranc à toutes recherches.

Fi;nA>D.

Votre Altesse me permet-elle quelques questions?

RODOLPHE

Tariez, monsieur,

FKUA>D.

Votre Altesse se propose de l'emmener?

RODOLPHE

Dés ce soir.

1 ÉKAND.

Et où Votre Altesse a-t-cllcrintenlion de remmener ?

RODOLPHE

Chez moi.

lÉRAM).

Tardon , monseigneur, pour ma franchise; en venant me confier vos projets, vous n'avez pas eu l'intention de !ne rendre complice, nièn)c indirect, de quelijue caprice princier?...

RODOLPHE

Vous n'en pouvez douter.

rtRAND.

Mais, monseigneur, les personnes qui, comme moi, ne pourront croire à tout le désintéressement de votre protection , jugeront comme juge le monde dont vous connaissez mieux que moi les rigoureux arrêts... Une chanteuse des rues chez un prince! Cette pauvre enfant ne paicra-t-cllepas bien cher l'intérêt ipic vous lui portez ?

RODOLPHE

Votre objection est d'un homme sage cl prudent, je \oudrais m'y rendre...

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