SCÈNE VI
FÉRAND, seul.
(Quand tout lo monde est sorti par la droite, on entend frapper ù la porte de gauche.)
Personne! je n'ai pu rien saisir de leur entretien... Cette lettre que j'ai vue tout à l'heure en bas, cette lettre cachetée aux armes de la marquise d'IIarville et adressée à Rigolctte, où peutelle être? Celte ouvricrenc connaît pas M""' d' ilarvillc , mais le prince la connail , et il y a trois mots qu'il a Fleur de Marie en son pouvoir; depuis ce temps, efforts, ruses, persévérance, fatigues , tout a été inutile; mais où la caclie-t-il donc? Ah! celle lettre! celte lettre... (Ciiercii:nt.) Rien ! rien ! (Tombant assis.) l^Ioi ! moi! à mon âge, dominé de la sorte. S'il y a des furies, an lieu de remords, elles ont choisi pour moi cet épouvantable amour. (Avec raga.) Mais ôtez donc de mon cœur cette main de fer qui l'écrase, ce feu qui le ronge 1... Et ma léle, ma tôle, qui ne sait plus penser, qui oublie la réalité, et rôve... rêve toujour.s'... (Se levant.) Si on ven.ail... il fautcherciior, vile... (Cri de joie.) Ah! lOYOilà !... la voilà!... C'est dello, elle a écrit cela! (Il rit.) Elle est chez M'"e d'IJarville... Oh ! cette fois, tu es à nui, bien
à moi , celle fois! car je connais la rciraile
l'audace et l'or feront le reste... Oui, l'or pour elle, Jfe sacrifierai de mon or... de mon sang... rien ne me coûtera, rien... Je braverai tout... {Mvc menace.) Le temps, l'absence, les obstacles, loin de calmer ma passioti, l'ont exaspérée jusqu'à la frénésie.