BOURDIN
Voilà le j;>gement eu r.'i^lc.
(Abattement général.) BIGOLETTE.
Ah! je m'en doutais... J'ai bien fait d'avertir M. Germain...
MADELEINE
Morel , va trouver M. Férand.
BOUKOIN.
Cela ne regarde pas M. Férand, c'est M. Pclitjcan qt'.i l'ail poursuivre. Voyons. pa\ez-\ous?
KIGOLETTE.
Eh ! messieurs, vous voyez bien qu'il ne peut pas payer.
BOURDIÎf.
Eîi ce cas, marchons !
MOUEL.
J'irai en prison, si vous le voulez.
MADELEINE
Morel ! mon ami !
MOREL, avec angoisse.
Mais je ne pourrai pas travailler en prison... on ne me confiera pas de pierres... on croira que je suis un mauvais sujet ..
MADELEINE, lui tendant la main qu'il va prendre.
Ah! mon pauvre homme! mon pauvre homme ! RIGOLETTE, à part.
El M. Germain qui ne vienl pas! son ami sera parti sans lui laisser d'argent. (Allant à Dourdin.) Si je vous promettais huit francs, dix francs par mois?
BOCRDIN.
Pour payer cinq cents francs et les frais? non , non , de l'argent comptant.
RIGOLETTE
Je vendrai ma commode de noyer.
BOORDIN. -,
Allons donc ! (A Morel ) Une dernière fois, suivez-nous !
MOREL
Eh bien ! faites jusqu'au bout votre métier... arrachez mes enfans qui nie retiennent , dénouez de mon cou les bras de ma femme, livrez-nous tous à l'abandon, à la misère, mais je ne peux pas m'en aller volontairement,
St
Dame ! mon brave homme, c'est vous qui l'aurex voulu. Il faut bien que nous fassions notre état.
RIGOLETTE, poussant un cri de joie.
M. Germain !
SCKNK III.
Le9 M2me9. GERAIVIN, puis LE CIIOURI- NEUR, LE CoMUissAïuE Cl FlilllAND.
• BOURDIN et M.VLICORJtE,
Qu'est-ce que c'est ?
GERMAI.V.
Laissez cet homme.
BOC&Di.<( , se rcioiiriiaiu et voulant se meure en (léf>nsc.
Voulez-vous vous opi)oscr à la loi ?
GERMAIN
Non, je veux vous payer. (Cri général.)
COUIIDIN.
J'aime mieux ça, mais c'est drôle.
3I0UEL, >cnaiil ù lui.
Monsieur Germain... mais vous ne me connaissez pas.
GERMAIN
Faut -il donc être parens ou amis pour se secourir?
MGR EL, a Madeleine.
Quand je te disais que ceux qui ont quelque chose sont bons quand ils le savent.
LE CUOCHINELU, entrant.
On m'a dit en bas qu'il y avait du bruit chez
vous, monsieur ^Alorcl... Si vous avez besoin
d'un coup de main, 11. c voilà...
RIGOLETTE, ini)iiirani Germain.
On n'a plus besoin de rien. Il a payé.
LE ciloiniNEUR, prenant la main de Germain.
Toiincrrt; ! c'est bien, ça !
RIGOLETTE, à Rourdin et i Malicorne.
Messieurs, nous ne voulons pas vous retenir, nous, et qtiand vous aurez rendu son resie à ce brave garçon, vous serez libres...
BorRDi:«, pendant que Malicornc écrit sur l'établi. YoiVà, mademoiselle.
(Il lui remet une picce d'argent.) BIOOLETTE.
Comment! on vous doit cinq ronis francs, et, SOT mille francs, vous rend z cent sous. BotnuiN.
Cinq cents francs de capi'al, oui, puis quatre cent quatre ^iiiul-(|niii7o francs d" frais.