SCÈNE VI
Les Mêmes, le CHOURINEUR, la LAI- TIÈRE, BENOIT. FRANÇOIS, Peuso>- >AGES sorlani avec eux du cabaret, PASSA>"s.
(Tous sortent bruj'ammcut, la laitière recule devant leurs cris, mais en gardant roffonsive.)
LA LAITIÈUE.
Oui, vous clcs un las de gueusards ! cl vous ne me faites pas peur.
BENOIT
Te lairas-lu ? marchande de farine délayc^e.
LA LAITIERE.
Ail! je te reconnais, toi; c'est toi qui as déjà une fois cherché querelle à mon homme.
BEXOIT.
Elle perd la boule.
LA LAITIÈRE
Et c'esi toi ou lui (Montrant François.) qui as pris la montre.
BENOIT, la menaçant.
Dites donc ça un peu plus haut si vous l'osez :
LE cuoifiiNECR, s'interposant.
Et moi, je te défends d'y toucher : c'est une femme; quand on a envie de donner un coup de poing à quelqu'un, faut s'adresser à qui peut vous en rendre deux, et me voilà.
FRANÇOIS
Qu'est-ce que ça te fait à toi, Chourineur?
LE CHOCRINEUR.
Ça fait que ça me fait... voilà ce que ça me fait. CMurmures dans la foule. Rodolphe s'approcbe.)
LX LAITIÈRE
En voilà un qui n'est pas un vaurien comme vous.
TORTILLARD
Kisl kis!... mords-les, la laitière, fe v'ià soutenue.
LA LAITIÈRE
r.st-cc que vous croyez que, depuis que je tâche d'empêcher mon homme de venir par ici, je ne vous connais pas tous? et le Mailred'École, avec son orgue et sa méchanle Chouette, cl leur petite Fleur de Marie, qui deviendra comme eux... LE cnouitiNEiR.
Ilalle-là ! Sur le Mailre-d'Écolc avec qui j'ai un compte a rtjikr, à cause de mon bachot, tout ce que vous voudrez... mais pas un mol sur Fleur de Marie, entendez-vous... où je vous laisse là, la femme.
BE^OIT
Eh! failc:-!a donc l i,e.
LE tUOLRI.NELH,
Pourquoi donc quelle se tairait, si on n volé son homme ?
BENOIT
Tiens- toi, Chourineur... ne fais pas le malin... ou sinon...
LE CUOLKINEUR.
Sinon quoi"?
LA LAITIÈRE, à François qui cherciic à fuir. 11 veut se sauver; mais ça ne se passera p<is comme ça... je m'accroche à vous... Je ne vous quille que chez le commissaire.
(Elle lui met la main au collet.) FRANÇOIS, !a repoussant brutalement.
Avec ça que j'irai !...
LE CHOURINEUR, Se jclani sur lui.
Ah ! tu en veux!
BEKOIT, voulant le frapper.
C'est loi qui en veux, et en voilà!
RODOLPHE, lui arrêtant le bras.
Trois contre un!
LE CHOURINEUR, le reconnaissant.
Mon monsieur du bord de l'eau !
BENOIT
C'est à rejouer et vous allez voir...
KODOLPHE, le colle sur la borne.
Je vous ai dit de vous lenir tranquille.
BENOIT
Quelle main de fer pour un si petit bras !
LE CHOURINEUR, ;\ Rodolphe.
Vous m'aviez bien dit que nous nous reverrions.
FRANÇOIS
Ils ne sont que deux et une femme, tombons dessus !...
TORTILLARD, à part.
Le bain chaude pour le Chourineur.
BENOIT et FRANÇOIS.
Oui ! oui ! tombons dessus !
LE CHOURINEUR, se mettant à côté de Rodolphe. Gare aux tètes !
TOUTILLARD, criant.
La patrouille: cinq pantalons garance! A vou?, à vous!...
BENOIT
Filons.
(Benoît et François disparaissent, ain.si que tous les autres habitués du TMpin Blanc.) noDOLPUE, au Chourineur.
Enmicnez celte femme avant qu'ils ne reviennent.
LE CHOURINEUR
Je veux bien, mais votre nom ?
RODOLPHE
LE CHOURINEUR
Oti vous reverrai-je ?
RODOLPHE
Ici, tout à l'heure.
TORTILLARD
N'aie pas peur, Chouiiiieur, la palroulllc, c'est moi.
ACTP: I, TABLEAU I, SCENE Yll.
LE CUOCniXECH.
Comment?
TOnTILI.ARD.
Ça allait mal, j'ai crié : Voilà la garde!... Ils ont joué des jambes.
LE cnOURINECR.
Brave galopin, va !
(Il lui alongc un coup de pied en signe d'amitit'.)